Gundam Build Fighters Try – Island Wars

Plus d’un an après la fin de la série, Gundam Build Fighters Try a finalement eu droit à un épisode spécial, sorti aujourd’hui même, dans un format de 36 minutes (pub comprise) et, comme d’usage pour cette partie de la franchise, diffusé sur Youtube avec sous-titres anglais.

Après leur victoire en championnat, la team Try Fighters est invitée avec quelques autres gunpla-fighters à participer à un essai expérimental de la nouvelle mouture de Gunpla Battle, sur une île tropicale. Malheureusement, c’est le moment qu’a choisi la fille de Reiji & Aila pour se pointer sur Terre (roh, c’est bon pas la peine de crier au spoiler, c’est juste évident dès la seconde où on découvre la trombine de la gamine)… et l’expérience avec le nouveau cristal fabriqué par Nils Yajima tourne court.

Toute la première moitié de l’anime est une forme de parodie de rom-com où on retrouve à peu près tous les clichés possibles des arcs « de plage » et assimilés. Lieu de rêve montré comme une pub de TripAdvisor? Check. Mec qui bave devant des nanas en maillot avant de se faire remonter les bretelles? Check. Mec qui se retrouve avec un harem aux basques? Check. Nanas jalouses pour un oui ou pour non? Check. Moment accidentellement romantique malencontreusement interrompu? Check.

Bon, il n’y a pas que ça non plus, avec un début d’épisode plutôt bien inspiré s’ouvrant sur un match de tournoi entre la team Try Fighters et celle de Gyanko, et quelques clins d’œil à la franchise. Mais tout cela est expédié pour arriver au gros de l’épisode: la baston. Soit toute la deuxième partie.

Et ce n’est finalement qu’une revisite du dernier épisode de Gundam Build Fighters, avec le cristal qui s’emballe et des gunpla-fighters qui se jettent dans la bataille pour résoudre le problème. Avec une grosse surenchère de puissance qui emprunte pas mal des codes du super-robot (comme les pilotes qui beuglent le nom de leurs attaques) et rappelle beaucoup G-Gundam (ce qui n’a rien de surprenant en soi, puisque GBFT est peut-être la série de la franchise la plus proche de cette dernière; et puis Sekai est un disciple de Domon, après tout).

Alors, les gens qui regrettaient que le final de GBFT n’ait pas eu les mêmes ambitions que celui de GBF en auront pour leur argent (pas dur, c’est gratuit) avec ce « special » qui rapproche un peu plus la suite de l’originale. La question étant: cela était-il nécessaire? Parce qu’au fond, ça n’apporte pas grand-chose, il faut bien être honnête. Surtout si GBF en reste là ou n’exploite pas du tout par la suite le personnage de la fille d’Aila & Reiji (dont le nom n’est, maintenant que j’y pense, jamais prononcé de l’épisode).

GBFT – Island Wars était vendu comme un bonus à fan-service pour une série basée sur des jouets eux-mêmes basés sur une franchise de SF vieille de bientôt 40 ans; donc autant dire une longue page de pub. On ne pourra pas dire qu’il y a eu mensonge sur la marchandise, puisque le fan-service gunpla est bien le cœur de cet épisode. Après, ça tient techniquement la route, et à défaut d’avoir la moindre ambition de raconter quoi que ce soit, il a au moins le mérite de montrer du joli plastoc.

Mais quand même, ç’aurait été bien d’avoir une histoire digne de ce nom ou ne serait-ce qu’un embryon de quelque chose qui lui donne un peu d’enjeu. Parce que, même si la deuxième moitié de l’épisode est construite sur le modèle du final de GBF, le machin est balancé comme ça, à l’arrache, en rushant totalement le build-up, limité à quelques scènes plus ou moins inspirées d’Evangelion ou autres. C’est con à dire, mais il manque facilement un quart d’heure, voire une demi-heure à cet anime pour avoir une consistance réelle.

Bref, s’il est difficile d’être déçu vu les prétentions du truc, on peut en revanche lui reprocher son manque d’ambition: on est au niveau d’un film DBZ en termes de scénario; ni plus, ni moins.

Au revoir; à bientôt.

Suicide Squad

Un film avec des mecs sans foi ni loi en lieu et place des super héros au grand cœur habituel. C’est pas la classe, ça? Un putain de pied de nez aux conventions et la réponse de DC au phénomène MCU qui… que? Quoi? Deadpool? Jamais entendu parler.

Amanda Waller trouve que les meta-humains, c’est pas super lol: ok, Superman était dans le bon camp (celui de l’Amérique de Donald Trump) et Flash a l’air d’être un brave gars, mais qu’est-ce qui nous dit que le prochain ne sera pas dans le camp de Kim Jong Un, ou pire, militant écologiste? Du coup, elle profite de sa position au Pentagone pour monter une petite unité de connards balèzes composée de criminels renommés (Deadshot, Harley Quinn, El Diablo…) sous commandement militaire. Ainsi nait la Suicide Squad, dont le premier job consiste à stopper une archéologue possédée par l’esprit d’une enchanteresse voyageuse trans-dimensionnelle.

Bon, par où commencer? Le jeu d’acteur? Allez. On attendait Jared Leto et Margot Robbie au tournant parce que, hey, c’est quand même du Joker et de Harley Quinn qu’on parle. La prestation du premier n’est pas mauvaise, mais, outre le fait que passer après Heath Ledger, Mark Hamill et Jack Nicholson est plutôt ardu, il semble pour l’instant plus décidé à incarner une petite frappe déjantée qu’un vrai cinglé. Idem pour Margot Robbie, dont le personnage fait plus penser à Juliet Starling de Lollipop Chainsaw qu’à Jinx de League of Legends. Et ce sont malgré tout avec Amanda Waller (incarnée par Viola Davis) et Batman (qu’on voit quelques secondes) les seuls persos un minimum crédibles du film. Sérieusement.

Le reste du casting a soit décidé de jouer n’importe comment, soit de ne pas jouer du tout. Les scénaristes ont semble-t-il cherché à jouer sur la dichotomie entre Deadshot, tueur à gage criminel, et Rick Flag, tueur aussi, mais soldat, donc officiel, peut-être avec la finalité de montrer que la différence n’est pas aussi flagrante qu’il y paraîtrait. Sauf qu’on n’y croit pas du tout. Déjà,  Will Smith en Deadshot, personne n’y croit une seconde. N’étant pas un assidu des DC comics, je suis incapable de dire s’il y est fidèle ou non, mais dans une équipe de villains, on attend autre chose comme simili-leader qu’un brave père de famille tout gentil.

D’ailleurs, dans une équipe de villains, on attendrait, je sais pas, des villains? Non parce que là, c’est juste un carnaval de méchants Disney (et encore, le Prince Jean et Madame Mime étaient plus méchants que certains d’entre eux). En plus, ils sont trop nombreux, trop rushés, trop… rien? À part Deadshot, Harley Quinn et El Diablo (qui frise le ridicule), qui ont droit au développement minimal d’une origin story, que sait-on des autres? Katana a perdu son mari, assassiné, Captain Boomerang est un con égoïste prétentieux, Killer Croc est moche et Slipknot est… hein, il y avait un perso qui s’appelait Slipknot, dans ce film? J’avais même pas remarqué. Bref.

Outre ces personnages pour le moins décevants, le film a droit à une narration pour moins… inégale, dirons-nous. En fait, c’est un peu comme si on avait, en vain, essayé de condenser trois ou quatre films différents en un: un qui tourne autour d’Harley Quinn et du Joker, un autre qui tourne autour de la vie de Deadshot, un autre qui raconte les magouilles d’Amanda Waller… le tout monté à l’arrache. De fait, le rythme est bancal et les relations entre les différents protagonistes semblent totalement forcées, au point que les dialogues des vingt dernières minutes sont à la limite du hors-sujet.

Suicide Squad est un ratage, non pas sur le plan technique (honorable) mais sur le plan de l’écriture (où le désastre est complet). Il avait pas mal de choses sur le papier pour réussir, mais le résultat n’est pas là, la faute, probablement, à la machine consensuelle hollywoodienne. Au final, c’est juste une origin story de plus, ratée car courant trop de lièvres à la fois et n’osant jamais franchir les limites de la bienséance, malgré quelques fulgurances visuelles qui auraient eu, elles, leur place dans un vrai bon film transgressif.

Oubliable, donc.

Au revoir; à bientôt.

Vrac de mangas terminés (ter)

C’est l’été, il fait chaud et en plus j’ai du boulot. Du coup, je me foule pas.

Jusqu’à ce que la mort nous sépare: Que ce fut long… Il faudrait être de mauvaise foi pour qualifier ce manga de réellement mauvais, mais que ce fut long… Après 26 volumes, Mamoru peut enfin ranger définitivement son sabre dans son fourreau et on ne s’en plaindra pas, parce que ça commençait vraiment à devenir laborieux sur la fin. Alors que le manga avait réussi à garder une certaine constance en mode « City Hunter sans l’humour avec un kendoka dark et une loli à pouvoirs », le dernier arc était une espèce de fourre-tout où l’on pouvait retrouver un best-of de pratiquement tous les problèmes susceptibles de se pointer dans ce genre de titre. C’est bien beau de vouloir faire revenir la majorité des persos croisés au fil de l’histoire, mais ça fait beaucoup trop d’un coup. Le boss de fin cheaté était aussi une facilité de mauvais goût. Et ce battle royale qui n’en est pas un et arrive comme un cheveu sur la soupe… Bref, l’arc de trop. Il fallait que ça se termine, c’est fait; n’en parlons plus.

Blue Spring Ride: Rom-com plutôt sympathique, rafraichissante, sans prétention… et sans grande originalité au final. Certes, c’est loin d’être mauvais, l’autrice étant plutôt douée dans sa partie, mais il manque ce petit « quelque chose » qui le rendrait totalement mémorable. Les thèmes de l’incertitude des sentiments, des blessures morales liées à la perte d’un être cher ou autres soucis d’adolescence sont des récurrences courantes dans les shôjo à environnement lycéen, et en la matière, celui-ci manque d’intensité quand on le compare à deux de ces concurrents directs terminés il y a peu: par rapport à Orange, les enjeux semblent dérisoires, et par rapport au Garçon d’à Côté, les personnages semblent bien plats. Pas une lecture que je déconseillerai, donc, mais clairement pas le shôjo de l’année.

Dédale: Courte série en deux tomes, sortis simultanément. Je l’ai pris parce que Morgan dit que c’est bien. Elle a raison: c’est bien. Voilà. Et non, je ne vais pas développer: allez lire ces deux volumes, simplement, au lieu de perdre votre temps ici; c’est le genre de manga qu’on peut acheter les yeux fermés.

Sur ce…

Au revoir; à bientôt.

Le marronnier de la fin juillet (jamais deux sans trois)

Blablabla… nouveau trimestre… blabla… nouveaux anime… blablablabla… marronnier… blabla… chat qui bouffe mon câble DVI/HDMI… blablabla… Mélenchon qui fait du Kung-Fu… blabla… non, mon bureau n’est pas une litière, putain!… blabla…

91 Days: Histoire de trafics et de guerre des gangs au temps de la prohibition… ouais pas très original si on est amateur de films de gangsters, mais en anime, ce n’est pas un thème très courant. Pour le moment, ça se veut d’ailleurs relativement fidèle aux poncifs du genre et c’est plutôt une réussite dans l’ensemble.

Active Raid Second: Suite d’Active Raid premier du nom (sans blague…), avec un début pas très éloigné (le même mélange de slice of life, d’humour et de police mécanisée à la Patlabor), des anciens personnages toujours aussi neuneus et des nouveaux du même acabit. Plus qu’à espérer qu’ils ne se chient pas sur le boss final comme dans la première saison et ce sera bon.

Alderamin on the Sky: Un petit groupe de jeunes gens dans un pays en guerre se prépare à entrer à l’académie militaire, sauf qu’ils font naufrage et se retrouvent avec l’héritière du trône en plein territoire ennemi. Oh, et il y a de jolies petites bestioles mignonnes qui font vaguement de la magie. A priori, cette série a tout ce qu’il faut pour devenir soit un nouveau Rokka no Yûsha (et ça, ce serait cool), soit un nouveau The Pilot’s Love Song (et ça, ce serait naze). Wait & see.

Amanchu!: Slice of life de deux lycéennes plongeuses, l’une chevronnée, l’autre débutante; l’une survoltée, l’autre posée; l’une extravertie, l’autre timide; l’une puérile, l’autre féminine. Comme dans le manga, le rythme de l’histoire est lent (voire très lent), contemplatif et très léger dans l’ensemble. Par contre… c’était vraiment nécessaire de garder le sifflet de Hikari? Même dans le manga, ça me cassait les oreilles (je ne croyais pas que c’était possible). Enfin bon, la réalisation suit pour les scènes sous-marines et les plans d’ensemble (certains sont d’ailleurs juste magnifiques), donc on ne va pas se plaindre, c’était le principal.

Ange Vierge: Oups! Excusez-moi, j’ai confondu mon compte CrunchyRoll avec mon compte xHamst… ah bah non, en fait… Comme quoi, un titre, ça peut être trompeur. Bref. En gros, ça ressemble à un mix entre Infinite Stratos et KanColle, avec une vague histoire de mondes parallèles et d’apocalypse en prétexte pour exhiber un gynécée de connasses dans une ambiance vaguement shôjo-ai. Aucun intérêt, a priori.

Battery: Takumi Harada est un petit con arrogant persuadé que personne n’est assez bon pour réceptionner ses lancers au baseball et que son petit frère à la santé fragile, Seiha, est incapable de jouer à son sport de prédilection. Jusqu’à ce qu’il déménage et rencontre Gô Nagakura, un lycéen enjoué qui arrive le réceptionner et essaie de le convaincre que son frangin n’est pas un bras cassé. L’histoire tourne pour le moment autour de ces trois personnages, le duo Takumi/Gô aux personnalités antagonistes en étant le moteur principal. Un peu décevant pour le moment, mais bon, c’est chaud de passer après Ace of Diamond et j’ai l’impression, au vu du rythme assez lent dans l’ensemble, que le baseball y est plus un prétexte à la mise-en-scène de relations humaines qu’autre chose, ce qui ne peut s’apprécier que sur la durée.

Berserk: MES YEUX! PUTAIN MES YEUX! Comment était-il possible de chier à ce point la réalisation? On dirait des clips en MMD! Hors de question que je continue à m’infliger ce truc! Putain, c’est Berserk, merde, un peu de respect, quoi!

Bôei Bu Love! Love!: Dans la veine de la première saison, avec un nouveau duo d’antagonistes principaux narcissiques au possible, donc toujours extrêmement con. Et donc à voir, forcément.

Cheer Boys!!: Au début, je me disais que coller un chara-design de Hiroyuki Asada sur une série sur le cheerleading, c’était un peu comme essayer d’installer une carrosserie de Lamborghini sur une 4L. Mais en fait, ça va, les personnages sont plutôt attachants (même si certains relèvent un peu de la psychiatrie) et l’histoire tient bien la route: on est clairement sur de l’anime de sport tout ce qu’il y a de plus classique, les seules originalités étant la discipline concernée (faut dire que choisir le cheerleading masculin comme thème pour série animée, c’est assez couillu) et le fait que l’histoire se déroule dans une université et non dans l’enseignement secondaire auquel on est généralement habitué. Si ça implique une plus grande maturité dans le traitement des personnages par la suite, je suis preneur.

DAYS: Bon, là, c’est clair, niveau originalité, on repassera, puisqu’on a affaire à une énième série sur le foot construite sur les poncifs habituels… mais hé, tant que la réalisation suit, de quoi se plaindre? Pour l’instant, sans pour autant être du niveau d’un Kuroko ou d’un Haikyû, on peut dire que ça roule. Espérons que ça continue comme ça.

Fudanshi Kôkô Seikatsu: J’ai habituellement une profonde sympathie pour les anime qui traitent des fandoms des manga, anime ou jeux-vidéo, même (surtout) quand ils essaient de mettre en avant leurs travers. Mais là, non. Je le trouve même limite malveillant vis-à-vis du public dont il entend parler, en fait, très loin d’un Fudanshism ou d’un Otaku Girls. Si au moins c’était un minimum drôle… À oublier, donc.

Fukigen na Mononokean: « Ça vous dirait qu’on fasse xxxHolic, mais en bien? » a dû être la question du scénariste à l’équipe technique, parce que, grossièrement, c’est ça: de la slice of life d’exorciste sympa. Rien de révolutionnaire, ceci dit, mais ces trois premiers épisodes permettent de passer un bon moment.

Handa-kun: C’est… pas vraiment ce à quoi je m’attendais. N’ayant pas lu le manga, je suis incapable de dire si l’anime en suit la trame ou le parodie. Le scénario, censé raconter l’adolescence mouvementée de Handa avant qu’il ne devienne calligraphe pro, est en fait pour l’instant construit sur une suite de quiproquo que n’aurait pas renié Full Metal Panic? Fumoffu!: Handa étant socialement inadapté, il lit presque systématiquement de travers les paroles et réactions de ses camarades, et ces derniers ne sont pas en reste, eux-mêmes pas franchement futés et incapables de comprendre cet original. On est assez loin de Barakamon, et c’est un peu dommage. M’enfin bon, c’est amusant quand même.

Hybrid x Heart Magias Academy Ataraxia: Alors là, j’avoue que je suis bluffé. On dirait que des mecs ont voulu faire un dôjin R18 de Infinite Stratos (encore lui), mais en légal. Sauf qu’ils n’ont pas dû réussir à obtenir les droits; du coup, ils ont changé les noms, modifié un peu le scénar’, et en ont profité pour augmenter la capacité pulmonaire des héroïnes et rendre les armures de combat plus vulgos sexy (vous comprenez, dans l’original, on aurait pu les confondre avec des burkas). Parce que c’est exactement ce qu’est cet anime au nom à rallonge: une version de Infinite Stratos où le héros doit se taper TOUTES les nanas pour recharger leurs batteries (sinon elles crèvent en combat). Le tout avec une censure plus ridicule qu’autre chose, comme si le staff était incapable d’assumer. Allez, à la benne.

Mob Psycho 100: L’histoire d’un héros lycéen exorciste surpuissant travaillant pour un charlatant dont il est persuadé qu’il est un génie des sciences occultes; le tout traité à la One Punch Man, donc tous les persos sont cons comme pas possible (fantômes compris). Et c’est cool. Franchement cool.

New Game!: Un K-On du pauvre au pays des développeurs japonais. Si cet anime était un tant soit peu réaliste, ça expliquerait énormément de choses sur la qualité et la créativité des jeux nippons actuels…

Orange: Adaptation animée correcte d’un bon manga… alors oui, c’est cool, mais dans ces conditions, ne vaut-il pas mieux aller voir du côté du matériau original?

OZMAFIA!!: Pas joué au jeu, donc incapable de dire s’il est fidèle; ou même s’il y a un quelconque lien avec l’histoire, vu que ça ressemble plus à une espèce de parodie à fan-service. Du coup, bah je ne suis clairement pas le public visé, donc autant dire que cette série ne me fait ni chaud ni froid.

Taboo Tattoo: Je ne connaissais pas le manga avant de regarder ces trois premiers épisodes, donc je serai bien en peine de dire si c’est fidèle ou non… mais c’est un déroulement très classique: le héros acquiert accidentellement un pouvoir de taré, ça se tape sur la gueule avec d’autres persos dotés de pouvoirs de tarés (mais moins tarés que le sien), et il y a une vague histoire de complot international derrière tout ça; avec des tarés. Alors évidemment, ça ne fait pas super envie présenté comme ça, mais très franchement, c’est rafraichissant, à défaut d’être original. Un peu comme Twin Star Exorcists, en fait.

Bon, sinon, il y a aussi quelques séries sympa qui continuent sur leur lancée, comme Re: Zero, sortie un peu de nulle part et qui s’avère une excellente surprise, ou Jojo – Diamond is Unbreakable. Et puis, il y en a d’autres qui s’avèrent franchement honteuses, comme Gundam Unicorn RE:0096, qui non seulement n’apporte rien par rapport à la série d’OVA qu’elle adapte (pas même un meilleur développement des séquences rushées, alors que c’était précisément là-dessus qu’on l’attendait), mais en plus se retrouve avec un re-montage dégueulasse, ajoutant à la paresse l’incompétence. C’est d’autant plus décevant que sur le plan technique, le matériau de base était excellent.

Bon, sur ce, je vous laisse, mon chat recommence à faire des siennes.

Au revoir; à bientôt.

Saturn Bomberman a 20 ans

Hier, c’était l’anniversaire des trente ans d’Aliens, peut-être le meilleur épisode de la saga (avant ou après le premier, c’est la grande question), et si l’on ne peut que regretter les AVP et Prometheus (ainsi que la volonté de Ridley Scott d’enfoncer le clou), on ne peut que se réjouir de voir Neill Blomkamp reprendre le flambeau. Oui, je suis complètement hors sujet, mais admettez que c’est quand même pour la bonne cause. Bref. Aujourd’hui, c’est Saturn Bomberman qui fête ses 20 ans.

Concernant l’histoire… non, je déconne, tout le monde s’en tape: un Bomberman, ça se joue en multi, rien à carrer du solo (sauf pour le tout premier, vu qu’il n’y avait pas de multi). Lâché dans l’arène, il faut, comme toujours, faire péter des trucs, si possible qui bougent (on appelle ça des « adversaires ») avant que les autres trucs qui bougent ne vous fassent péter. Oh, et pour s’aider, il faut péter des trucs qui ne bougent pas, histoire de prendre masse de bonus, pour certains classiques et biens connus des joueurs.

Enfin ça, c’est dans l’idéal, parce que quand on n’a pas de bol, au hasard, comme moi, on tombe plus souvent sur des malus aux effets rigolos (même si c’est moins drôle quand on essaie de ne pas crever). Genre la chiasse de bombes, qui vous fait vous vider de votre stock d’explosifs au fur et à mesure que vous avancez, avec un gros risque que le tout vous éclate à la tronche.

À vous les affrontements dantesques jusqu’à 10 joueurs… ce qui était assez génial pour l’époque et a contribué à faire de Saturn Bomberman le jeu culte qu’il est encore de nos jours: il justifiait à lui seul l’achat de deux multi-tap (sachant qu’Hudson avait eu la bonne idée d’en sortir un aux couleurs du jeu). À titre indicatif, Bomberman Blast et Bomberman Live: Battlefest, les deux plus récents de la franchise, ne permettent pas de jouer à plus de 8 joueurs…

Niveau variété des arènes, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du choix, chacune avec ses petites spécificités (mention spéciale au terrain de foot et ses « GOAAAAAAL!!! » dévastateurs)… sauf qu’il n’y a qu’une seule arène « wide » pour jouer à plein, et c’est un peu dommage.

Il n’empêche: ce jeu est culte. Vraiment. Totalement. Déjà parce qu’il se la joue « cross-over pour fan de Nec » avec des persos issus de PC Kid ou Tengai Makyô (et même Takahashi Meijin, renommé Master Higgins en Occident). Et ensuite, surtout, pour son mode multi à 10, qui justifie à lui seul l’achat du jeu, d’une Saturn, de deux multi-tap et d’une dizaine de pads. Sauf si vous n’avez pas d’amis, mais c’est un autre problème. Dans tous les cas, rien ne vous empêche d’aller faire un tour à l’Epitanime, Saturn Bomberman est un incontournable de la convention.

Au revoir; à bientôt.

Nights into Dreams a 20 ans

Le saviez-vous? Nights into Dreams a été mon premier jeu sur Saturn, généreusement offert par mes parents pour Noël 1996 (les deux jeux suivants ayant été, de mémoire, Dragon Ball Z Shin Butôden et Dragon Force). Vous vous en foutez? Cool. Alors on continue.

Claris & Eliott n’ont pas vraiment de bol dans la vie. Enfin, selon des standards de petit bourgeois de merde, s’entend: la première flippe à mort pour son audition de chanteuse soliste et le second est triste parce que les grands font rien qu’à l’embêter sur le terrain de basket du quartier (oui, pas sûr que si ça s’était déroulé en Somalie ou en Afghanistan, les préoccupations auraient été les mêmes). Toujours est-il que leurs angoisses les poursuivent jusque dans leurs rêves… ce qui les amène à rencontrer Nights, une créature onirique qui s’est donné pour mission de chasser les Nightmaren qui pourrissent le monde des rêves. À charge pour les deux gamins de lui filer un coup de main s’ils veulent se débarrasser de leurs cauchemars.

Nights, c’était une petite baffe dans la gueule à son époque. Vendu par la presse comme un jeu de plateforme en trouadé… on se rendait rapidement compte qu’on passait plus de temps en vue latérale sans toucher une seule plateforme qu’autre chose: pour éviter le réveil géant qui provoquait le « night over », il valait mieux laisser Nights s’incarner dans la forme onirique de son personnage qu’essayer de courir au sol (où on ne pouvait pas faire grand-chose de toute façon).

Et à partir de là, on virevoltait en ramassant des trucs ou en traversant des anneaux, chaque niveau étant composé de quatre routes à parcourir en temps limité, le gros réveil et le « night over » pendant au bout du nez des retardataires. Une fois cela accompli, il fallait tabasser un boss (aucun ne posant de difficulté particulière) en un minimum de temps, afin d’obtenir un boost pour son score général.

Parce que le jeu imposait un certain scoring pour progresser, et si vous n’aviez pas une note minimale de C à tous les niveaux, bin vous ne pouviez tout simplement pas accéder au niveau final. Sauf que malgré ça, il était très possible de finir la totalité du jeu en moins d’une heure en étant bon, vu que chaque personnage ne comptait que 3 niveaux seulement. Le tout pour se terminer par un générique de fin musicalement sympathique mais vocalement ignoble, car chanté par des mioches ayant une interprétation très personnelle de l’expression « justesse de ton ».

Alors… eh bien esthétiquement parlant (et même techniquement, compte tenu de son époque et de son format), le jeu était une sacrée réussite, avec un gameplay atypique mais suffisamment beginner friendly pour toucher un public jeune (sa cible principale), accompagnant la sortie d’un pad à stick analogique fort utile. Mais bordel, ce que c’était court… Trop court. Et avec une replay value pas franchement terrible, en plus.

Suffisante, cependant, pour rencontrer à l’époque un certain succès et maintenir durablement la franchise à peu près à flot, malgré une période d’absence d’une dizaine d’années. S’il ne bénéficia pas d’un portage sur PC en son temps, Nights eut droit à un épisode sur la désastreuse Tiger R-Zone à la fin des années 1990. Ainsi qu’à une désastreuse suite sur Wii en 2007, que tout le monde préfère oublier.

Il eut ensuite droit à un remake sur PS2 en 2008, porté en version HD sur Steam, PSN & XBLA en 2012, version qui comporte également Christmas Nights, une version promotionnelle modifiée du premier niveau de Claris aux couleurs… d’Halloween, évidemment, sortie originellement sur Saturn en décembre 1996. Encore récemment, Nights venait taper l’incruste dans quelques jeux Sega (Sonic & Sega All-Stars Racing, Sega Superstars Tennis…). Il serait donc un peu de mauvaise foi de la considérer comme complètement morte (au contraire de Last Bronx, par exemple).

Bref, Nights into Dreams est un jeu très sympathique, malheureusement trop court; pour ma part, je l’avais lâché une fois plié pour me taper en boucle la démo de Panzer Dragoon II Zwei fournie avec la console. Mais bon, pendant les soldes, c’est encore aujourd’hui un investissement intéressant. Surtout si vous avez des gosses.

Au revoir; à bientôt.

Pourquoi l’arrivée de Civilization V au lycée est une connerie

La chose a été annoncée par The Verge il y a un peu plus d’une semaine et reprise sur certains sites de jeux vidéo: une version modifiée de Civilization V fera son entrée dans les lycées nord-américain l’année prochaine. Et c’est une connerie.

Avant d’aller plus loin, quelques précisions: j’aime beaucoup les Civilization. Tous. Même les enfants handicapés mentaux de la famille que sont les épisodes Revolution. Et j’aime particulièrement le V, sur lequel je compte plus de 1300 heures de jeu si j’en crois Steam (oui, je suis insomniaque, parfois). Du coup, vous comprendrez bien que ce post n’est en rien dirigé contre le jeu en lui même: à titre de comparaison, ça reviendrait à critiquer Super Street Fighter II X sous prétexte qu’un prof de MMA aurait choisi d’entrainer ses élèves avec plutôt que de leur donner des cours adéquats.

C’est vrai que c’était assez tentant: un jeu qui vous porte de la préhistoire à la conquête spatiale en gérant l’économie, la recherche scientifique, la production culturelle, la religion et la géopolitique, ça a de quoi séduire n’importe quel prof d’histoire un tant soit peu gamer sur les bords. Alors où ça coince?

Eh bien déjà… parce que les intentions sont une chose et le traitement une autre, et qu’une mécanique de gameplay peut être très intéressante tout en étant totalement irréaliste. Et c’est bien là de cela qu’il s’agit. La recherche scientifique du jeu n’a ainsi rien de commun avec la nôtre, si ce n’est le nom: on sait de base où l’on va, quelle technologie débloquera tel type d’édifice ou amélioration, quelle autre technologie pourra être étudiée partant de là, et ainsi de suite. Sans que rien soit par ailleurs détaillé: la science, c’est ce truc vague en forme de bécher bleu qui permet d’apprendre des trucs, et ça s’arrête là.

Autre exemple: aucune religion, dans le monde réel de la réalité véritable (© Karim Debbache), n’a jamais fonctionné comme les religions de Civilization V. Outre le fait qu’il soit très étrange de mesurer la foi en donnée quantitative, celle-ci n’a jamais permis à elle seule de construire des édifices religieux (on a d’ailleurs conservé suffisamment de traces dans la documentation comptable médiévale pour savoir qu’une cathédrale, ça coûte un paquet de fric et nécessite un paquet de main d’œuvre). Pourtant, in game, c’est un fonctionnement assez intuitif: on choisit, selon ce qui nous intéresse, nous, joueurs, les croyances en fonction de la géographie locale et des orientations innées de la civilisation choisie, orientations qu’elle garde de sa naissance à sa disparition…

Et on en arrive au deuxième gros problème du jeu: l’humanité n’a jamais fonctionné comme ça. Effectivement, une certaine historiographie essentialiste a fortement insisté, un temps, sur une différentiation culturelle des civilisations maintenant, au fil des siècles, une identité particulière. Sauf que ladite historiographie, par ailleurs très politisée, n’est plus prise au sérieux depuis plus d’un demi-siècle.

De nos jours, il est communément admis dans les milieux universitaires que les civilisations sont des constructions humaines et que ces traits prétendument essentiels sont en réalité plutôt circonstanciels, parfois liés à des évolutions internes, mais le plus souvent à des contraintes environnementales ou à des apports culturels extérieurs: le Royaume d’Angleterre n’a pas été la plus grande puissance navale du monde parce qu’il avait des « traits de civilisation » qui l’y ont aidé, mais parce qu’une suite d’événements et de choix stratégiques l’y a amené.

Mais surtout, cette immuabilité de l’essence de la civilisation, incarnée dans le jeu par ses traits et son leader immortel, provoque parfois des aberrations historiques. Par exemple avec ces trois civilisations, distinctes dans Civilization V, que sont les Grecs, les Romains et les Byzantins: en quoi les Grecs (qui arborent d’ailleurs dans le jeu une couleur bleue considérée comme barbare à l’époque d’Alexandre le Grand) et les Romains méritent-ils davantage ces appellations que les Byzantins, qui parlent grec et ont toujours été considérés, jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs, comme des Romains?

Et puisqu’on en parle: comment se fait-il que Constantinople et Istanbul soient deux villes distinctes, alors qu’il s’agit de la même ville, conquise par les Ottomans pour en faire leur capitale? On notera d’ailleurs qu’aucune des treize premières villes à fonder par les Ottomans n’a été historiquement fondée par des Turcs… et ce n’est pas un exemple isolé: le jeu regorge de boulettes de ce genre. Des boulettes qui n’ont absolument aucune conséquence sur le gameplay ou le plaisir de jeu, mais qui n’ont clairement pas leur place dans une salle de classe.

Enfin, outre ces « détails » gênants, il y a un dernier problème, plus conséquent, qui peut se résumer en un mot: occidentalocentrisme. En effet, les civilisations européennes ou d’origine européenne (comme la civilisation américaine) sont sur-représentées dans Civilization V (18 sur 43). Jusque dans la religion, d’ailleurs, puisque trois variantes du christianisme sont jouables, pour une seule occurrence de l’islam ou du bouddhisme. Et même au niveau de la chronologie, puisque le temps est mesuré en B. C./A. C. (ce qui est déjà une incohérence en soi quand aucun prophète n’apparaît en 0 pour fonder une religion chrétienne, mais passons).

C’est également le cas dans une mécanique fondamentale du jeu, à savoir la progression par ère: le fait de passer de l’Antiquité au Moyen Âge ou de l’ère industrielle à l’ère moderne en fonction des progrès technologiques est une mécanique de jeu intéressante, et elle peut même sembler pertinente historiquement… sauf que ce n’est pas le cas.

Déjà parce que ces « ères » sont des désignations artificielles a posteriori, parfois à des fins idéologiques, dont la pertinence est pour le moins discutable. Ensuite parce que la démarche implique une logique immuable, en gros celle de la chrétienté, dans l’évolution des différentes cultures: à l’Antiquité ne peut succéder que le Moyen Âge, ce dernier ne peut que s’achever par la Renaissance et ainsi de suite. Enfin parce que les trois seules idéologies envisagées en fin de jeu (avec Brave New World; soit avec trois usines, soit en entrant dans l’ère moderne) sont finalement celles de l’Europe du XXe siècle: le libéralisme (aka « Freedom » en VO, étrangement traduit par « Égalité » en VF), le communisme (Ordre) et le fascisme (Autocratie).

Encore une fois, ce n’est pas un problème si on réduit le jeu à ce qu’il est: un jeu, aux mécaniques volontairement simplifiées pour lui permettre de rester équilibré et intéressant. Sauf que la réalité, elle, ne l’est pas toujours. Loin de là, même. Et je ne vois pas comment on pourrait l’utiliser à des fins pédagogiques ou didactiques (sauf pour occuper une classe en cas d’absence de prof). Parce que rien dans ce jeu ne permet d’établir comment ont factuellement évolué les différentes cultures humaines. Tiens, un truc con: chaque bâtiment est unique dans une ville; il ne peut pas y avoir plus d’un grenier, un temple, un atelier, un musée ou une usine par ville, quelle que soit sa taille. Aucune ville réelle ne s’impose de telles limites.

Civilization V, au fond, c’est juste un skin de pseudo-réalité sur des mécaniques de jeu de plateau. Remplacez les Celtes, les Incas et les Huns par des Elfes, des Nains et des Orcs, et votre jeu ne sera pas plus incohérent, ni moins crédible, ni moins fun (d’ailleurs, pas mal de modeurs ont passé le pas; ça marche aussi avec de la SF: il y a même un scénario steampunk plutôt sympa dans Gods & Kings). Sauf que personne n’envisagerait de l’utiliser en classe.

Après, c’est vrai qu’on parle d’un pays où on enseigne le plus sérieusement du monde que le créationnisme est une théorie tout aussi valable, si ce n’est plus, que l’évolutionnisme. Donc l’arrivée de Civilization V dans ces classes ne devrait pas vraiment faire empirer les choses au final. Même si c’est une connerie.

Au revoir; à bientôt.

Mayoigaffe & Big Ordure

Moui, je m’étais montré plutôt gentil avec ces deux-là la dernière fois, mais il faut aussi dire que leur démarrage n’était pas si mauvais que ça, tout bien considéré; comparé au reste s’entend. Disons que ce n’était pas révolutionnaire (et même très moyen), mais ouvrait des perspectives pas totalement inintéressantes, dans un deuxième trimestre il faut bien l’avouer assez pauvre. Le problème, c’est que dans les deux cas, on est allé de mal en pis, sachant qu’on partait déjà de pas très haut.

Big Order: cas typique du syndrome dit de « Tokyo ESP » ou « ah mais la dernière adaptation d’un titre de ce mangaka a bien marché, donc on va adapter un autre de ses titres, ça va bien marcher! ». Bien entendu sans tenir compte des qualités intrinsèques de l’œuvre adaptée ou de son adaptabilité. Juste à titre indicatif: le manga compte à l’heure actuelle au Japon presque autant de volumes que la série animée compte d’épisodes… comment quelqu’un a-t-il pu se dire que ce serait une bonne idée de compresser près de 2000 planches en 4h d’animation??? Ça n’aurait pas été plus pertinent, je ne sais pas moi, de n’adapter que le premier arc? Sachant qu’en plus, le manga, à la base, n’est clairement pas le meilleur de Sakae Esuno… Bref, je me demande encore pourquoi j’ai suivi ça jusqu’à la fin. Ah si: après quelques bières, ça devient involontairement drôle.

Mayoiga – The Lost Village: une idée de base plutôt bonne qui agonise pendant douze épisodes broyée par des personnages… fantoches. Non mais vraiment, la majorité d’entre-eux n’existent que par deux ou trois lignes de dialogues par épisode, voire moins, et les autres ne sont que des fonctions (genre Lion ou la détective, qui auraient pu être intéressantes, mais qui ne sont jamais développées). Seuls Mitsumune, Hayato et Misaki bénéficient d’un semblant de développement, et le premier est chiant, le deuxième détestable, la troisième transparente. C’est quand même très con, car l’idée de traiter par le fantastique et le surnaturel des problèmes sociaux au Japon est assez bonne, et quand feu Satoshi Kon s’y était essayé il y a douze ans de cela, ça avait donné Paranoia Agent (série que je recommande à tous ceux qui ne l’ont pas encore vue). C’est d’autant plus navrant que, sur le plan technique, bin il n’y a pas grand-chose à redire, et que se trouvaient aux commandes Tsutomu Mizushima, responsable de la version animée d’Another, ainsi que Mari Okada, à qui on doit l’écriture de la version animée de Nagi no Asukara… et aussi de CANAAN. Ouais. OK. Compte tenu du fait que cette dernière était également chargée de l’écriture de MS Gundam – Iron-Blooded Orphans, je me dis que la qualité de NagiAsu est probablement due à celle de l’œuvre qu’elle adapte et que, lorsqu’il s’agit de créer une œuvre originale, Okada a déjà beaucoup plus de mal. Bref.

Il s’agit là de deux animés auxquels il est difficile de faire des reproches sur le plan technique, mais dont l’écriture est une horreur… ce qui en fait, quelque part, de bons candidats pour une soirée nanar, même si je pense qu’on peut quand même trouver d’autres animés plus appropriés pour ça.

Au revoir; à bientôt.

The Witch

Toujours histoire de profiter des tarifs réduits de la Fête du Cinéma, je me suis dit que ce pourrait être cool d’aller voir un film dont les critiques sont, encore une fois, très polarisées, avec une presse francophone majoritairement enthousiaste et un public français qui globalement le bashe assez violemment. Bref, parlons de The Witch de Robert Eggers.

Au début du XVIIe siècle, une petite famille de dévots de Nouvelle Angleterre est jugée un peu trop hardcore dans sa pratique de la religion pour vivre en communauté et décide de s’installer à la fois en marge de la civilisation et en marge d’une forêt mystérieuse. Las, le petit dernier de la famille, Samuel, est enlevé par on ne sait trop quoi ou qui et la jeune Thomasin, qui en avait la garde, devient la paria des siens. Le film suit alors la déliquescence de cette famille pieuse face à cette sinistre forêt.

Et j’ai l’impression que la grande majorité des spectateurs qui sont allés voir ce film se sont plantés de salle. Mais genre complètement. Le film est effectivement vendu comme un film d’horreur, mais c’est bien davantage un film d’ambiance qu’un film d’épouvante à jump scares putassiers (dont le réalisateur a fait l’économie et je l’en remercie sincèrement, j’avais déjà eu ma dose avec les bandes-annonces des films de James Wan). Alors les petites pouffes qui se faisaient une sortie à peur épidermique entre sista ou les gros beaufs qui y sont allés en espérant peloter de la gow effrayée en sont pour leur frais et auraient mieux fait d’aller voir The Door.

Ici se trouve à mon avis la raison de cette masse de critiques négatives, parce que je ne vois rien d’autre qui pourrait justifier cette opprobre, d’autant que le reste des critiques est dans l’ensemble assez élogieux. Le scénario est cohérent, toujours à brouiller les frontières entre réalité et hallucination, l’ambiance est assez savamment dosée, à mi-chemin entre Kairo et Le Village, et l’esthétique générale est travaillée à défaut d’être originale (ce qui aurait été pour le moins incongru vu le thème du film, par ailleurs).

Surtout, le jeu d’acteur est franchement bon. Anya Taylor-Joy porte le film sur ses épaules tout du long et en est la vraie révélation, mais l’ensemble du casting est convaincant. Notamment les trois enfants, qui, une fois n’est pas coutume, jouent de manière assez juste.

Enfin, l’écriture n’est pas en reste et semble avoir bénéficié d’un soin particulier, les dialogues étant apparemment inspirés de textes puritains du XVIIe siècle. Le film y gagne une crédibilité contextuelle pour le moins intéressante.

Bref, si vous cherchez un film « kifépeur » pour teenagers, passez votre chemin. The Witch est un très bon film d’ambiance horrifique, rondement mené et maîtrisé, dérangeant et inquiétant plus qu’effrayant. Et c’est déjà beaucoup. Le film bénéficie d’ailleurs de la note globale de 91% sur Rotten Tomatoes, ce qui est plus qu’honorable.

Au revoir; à bientôt.

Warcraft: Le Commencement

Nous avons la chance, en France, d’avoir un truc qui s’appelle la « Fête du Cinéma » qui permet à bas prix d’aller voir des films… qu’on aurait vu de toute manière, mais bon, c’est moins cher, donc c’est mieux. J’en ai donc profité pour aller voir ce Warcraft tant décrié.

Les orcs ayant bousillé leur monde, Draenor, à coup magie nécrotique, ils sont un peu embêtés et, guidés par un shaman lui-même guidé par une voix mystique, envoient un petit contingent de leur Horde dans le monde d’Azeroth, peuplé d’elfes, de nains et surtout d’humains. L’objectif: rassembler suffisamment de victimes sacrificielles pour ouvrir un très gros portail afin d’amener sur place le gros des troupes. Les humains, eux, n’ont étrangement pas très envie de se laisser buter et le beau-frère de leur roi, Anduin Lothar, va tout mettre en œuvre pour les tailler en pièce, avec l’aide du mage Khadgar et de la demi-orc Garona.

Tout d’abord, je ne suis pas un gros fan de Warcraft et de son univers. Ou plutôt, pas depuis une vingtaine d’années, parce que j’ai quand même plié toutes les campagnes de Warcraft II et ses extensions quand j’étais au lycée. D’ailleurs, c’est un des trois seuls RTS sur lesquels je me sois vraiment longuement attardé sur les campagnes solo, les deux autres étant Dune II (pas dur: il n’y a pas de mode multi) et Age of Empires II (ah, tiens, que des « II »). Donc, même en n’en étant pas super fan aujourd’hui et n’ayant que très, très peu joué au premier épisode, je connais un peu le lore de l’univers. Et c’est assez fidèle à ce dont je me souviens, en fait.

Apparemment, le film est une adaptation libre du roman intitulé Le Dernier Gardien, que je n’ai pas lu (je ne jugerai donc pas de la fidélité du film à celui-ci, d’autant que le titre ne revendique pas cette filiation), et raconte l’ouverture du premier portail, soit environ un demi-siècle avant le scénario du premier épisode vidéoludique: la rencontre frontale entre deux univers, deux cultures, l’une policée, pacifiée et ordonnée, l’autre tribale, brutale et désespérée (parce qu’on parle quand même de gens dont le monde est tellement ravagé qu’ils ne peuvent plus y vivre).

De fait, au contraire de la majorité des adaptations de jeux ou des films de fantasy, celui-ci est un prétexte contextuel pour mettre en scène des problématiques étrangement actuelles de manière métaphorique, comme la question des réfugiés climatiques ou les velléités conquérantes de certaines populations qui se foutent joyeusement d’écraser les autres tant que ça leur permet d’améliorer leur mode de vie merdique. Mais les intentions scénaristiques sont une chose, la mise-en-forme une autre…

… et c’est précisément là que se situe le problème du film. Parce que la réalisation est très… euh… je ne suis même pas certain que le mot « inégale » soit suffisant. Les orcs et les décors en CG sont juste magnifiques, mais les griffons font penser à de la 3D temps réel de PS2. Quant-à tout ce qui n’est pas de la CG… bordel, votre accessoiriste était en taule, ou quoi? Je suis persuadé qu’on peut sans problème trouver des cosplays de nettement meilleure qualité dans les parties de JdR grandeur nature d’un pays du tiers monde!

TOUT, absolument TOUT ce qui devrait être métallique donne l’impression d’être en plastoque et la moindre pierre précieuse d’ornement fait penser à un jouet pour gosse. Si on ajoute à ça que le jeu d’acteur est parfois nanardesque, le moins que l’on puisse dire, c’est que le film n’est pas une réussite.

Est-ce pour autant un échec? Eh bien non. Déjà, il a un réel propos, ce qui lui donne une dimension que n’ont pas la plupart des autres films de fantasy ou adaptations de jeux vidéo. Ensuite, si la réalisation est très inégale, les passages sur les orcs sont franchement bien foutus et le film mérite d’être vu rien que pour ça. Enfin… bin c’est un film sur Warcraft, quoi: évidemment qu’il ne pouvait qu’avoir un côté nanar, puisque c’était déjà revendiqué dans les deux premiers épisodes vidéoludiques, et ça contribue aussi à son charme.

Bref, je n’ai pas regretté ma séance (je regrette, en revanche, que le gros cinéma le plus proche de chez moi ait attendu cette semaine pour y faire tout un tas de travaux).

Au revoir; à bientôt.