Dragon Age: Inquisition

Je sais que ça fait un moment que le jeu est sorti, mais l’édition GOTY remonte à moins de deux mois, donc on va considérer que ça fait encore partie de l’actualité de cette année. Bon, après, c’est vrai que je n’y ai joué que sur XBox 360 (ce qui explique en grande partie mon opinion négative du jeu, probablement) et que la machine de Microsoft qui vient de fêter ses dix ans de mise en service n’a pas eu droit à son édition GOTY, mais c’est peut-être, avec Civilization VSkyrim et Guild Wars 2, le jeu sur lequel j’ai passé le plus de temps cette année (enfin, je dis ça, mais je ne suis pas allé vérifier).

Donc, Dragon Age: Inquisition (parce que « III », c’était certainement trop compliqué à écrire pour le département marketing) fait vaguement suite aux romans Asunder et The Masked Empire, lesquels se situent directement dans la continuité de l’événement marquant la fin de Dragon Age II: la révolte des mages (oh, je vous ai spoilé? C’est con). On y incarne l’Inquisiteur (sans blague…) qui, exceptionnellement pour un porteur de ce titre, n’est pas un infâme salopard bigot assoiffé de sang hérétique; enfin, il ou elle peut ne pas l’être, selon les choix du joueur.

Et on retrouve là la qualité principale d’un Dragon Age: si l’histoire a bien un début et une fin globalement immuables (ici: méchant vient foutre sa merde => méchant est vaincu), les ramifications sont multiples et l’expérience de jeu peut varier du tout au tout d’une partie à l’autre. Et l’avantage de choisir une localisation et un protagoniste principal différent d’un jeu à l’autre, c’est qu’on peut continuer l’histoire du monde de Thedas sans qu’il soit nécessaire d’établir un canon restrictif (bon, en pratique, ce n’est pas toujours vrai, mais dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien): il est donc possible de constater les conséquences de ses actes en tant que Grey Warden (« Morrigan, ton fils me rappelle vaguement quelqu’un ») ou Hawke (même si là, c’est beaucoup moins évident).

Le gameplay a manifestement été pensé pour associer l’aspect « tactique » du premier à l’aspect « dynamique » du deuxième (avec des améliorations au passage)… et le résultat est en demi-teinte, puisque l’aspect tactique passe souvent au second plan ou peu s’en faut: c’est donc un DAII en bien qui nous est proposé ici. Si on ajoute des musiques de bonne facture, des environnements variés, vastes et explorables, des armes à gogo, la possibilité de gérer sa forteresse comme dans un Suikoden et celle de crafter son matos, on aurait bien envie de se dire qu’on tient entre ses mains une perle.

Sauf que non. Déjà, le jeu souffre du « syndrome Skyrim » (comprendre: « bah ça s’est bien vendu, autant faire pareil »): les aspects empruntés au jeu de Bethesda ne semblent avoir été intégrés à DAI que pour faire comme dans Skyrim. Ainsi, les phases « open world » semblent clairement artificielles, rajoutées sans utilité réelle, à part nous faire chercher des nids de dragons pour se les fritter et remplir le journal de quêtes aussi passionnantes qu’amasser des tonnes de minerai ou de plantes. Car oui, une grande partie des quêtes se limite en effet à ramasser un objet ou miner, quand il ne s’agit pas juste d’éliminer un groupe d’ennemis donné sans caractéristique particulière (même si quelques quêtes sortent un peu du lot et que les fights contre les dragons sont plutôt cools). Ah, et le craft, lui aussi inspiré de Skyrim, est au mieux inutile, vu qu’on loote tellement de matos qu’on ne sait qu’en faire (en plus, les boutiques sont toujours là pour vendre de l’équipement et l’argent ne manque pas).

C’est bien beau de nous rajouter de l’open world et des items à tout va, mais ça ne sert à rien s’il n’y a aucune autre quête intéressante que la principale: même Dragon Age II, dont l’environnement était confiné au possible (et c’était un des plus gros reproches faits au jeu) parvenait à proposer des quêtes secondaires beaucoup plus sympa que DAI. Même la quête principale s’avère décevante: ce n’est au fond qu’une sorte de synthèse à peine maîtrisée entre Dragon Age: Origins (former une alliance avec des factions en conflit pour tuer une grosse menace) et Dragon Age II (accomplir des actes de bravoure pour sa propre ascension sociale); on est parfois même à la limite du décalque.

Mais ma plus grosse déception vient assurément de l’écriture: il est bien loin le temps où David Gaider avait voix au chapitre et ça se sent. Les dialogues semblent élaborés par des pédagogues agréés par l’IUFM locale, l’écriture de la quête principale est poussive et les seuls personnages à tirer leur épingle du jeu proviennent des Dragon Age précédents ou des romans (si bien que je me demande si le fait que je les apprécie ne vient pas de mon expérience précédente avec eux). A part Solas. Solas est bien le seul personnage inédit à valoir le coup dans ce jeu.

Quant-à la réalisation… Je sais bien que c’est un peu de ma faute, que j’ai joué à la pire version possible du jeu (quoique la version PS3 est apparemment bien gratinée aussi)… mais est-il possible de sortir un AAA aussi moche, en 2014, sur un format aussi maîtrisé que la XBox 360? Les textures et la physique de l’eau sont à peine meilleures que ce qu’on pouvait trouver sur la Saturn en fin de vie de la console (oui, je pense effectivement à Shining Force III & Panzer Dragoon Saga)! C’est plus moche que Dragon Age: Origins, sorti une demi-décennie avant! Et le jeu était vendu plein pot à sa sortie, accompagné de bugs bien gras du type « Oups, tu es définitivement bloqué avant même de pouvoir prendre le contrôle de ton perso! Attends la prochaine mise-à-jour pour jouer! Kiss! 😉 »! Sans parler du mémorable coffret collector, que j’ai bien fait de ne pas acheter tellement c’est de la merde.

Bref, Dragon Age: Inquisition n’est pas seulement décevant, il est également insultant pour la franchise dont il est issu, et particulièrement sur console « old gen ». Après, comme toujours, l’intérêt du jeu dépend surtout de l’intérêt qu’on porte au lore de Thedas, mais il pourrait bien avoir marqué le divorce de certains de ses fans avec Bioware. Pour ma part, devant l’ampleur du foutage de gueule, j’ai préféré lâcher temporairement cette franchise et n’ai donc pas touché aux DLC, contrairement aux épisodes précédents.

Au revoir; à bientôt.

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