Pixels

Les films qui, sans ouvertement adapter un jeu précis ou une franchise de jeux donnée, se focalisent sur les jeux vidéo sont suffisamment rares pour qu’on en parle (et la fin de l’émission Crossed l’année dernière m’a sincèrement attristé, même si cette décision était des plus logiques compte tenu du manque de matière et de l’aspect répétitif qu’auraient dû prendre les chroniques, en mode « oh, encore une adaptation ratée de jeu de baston, comme c’est étonnant » mais je m’égare). Bref, c’est avec un soupçon d’impatience que j’attendais Pixels et beaucoup d’enthousiasme que je suis allé le voir. Et je regrette. Parce que c’était vraiment de la merde.

Adapté d’un (très bon) court métrage montrant une attaque du monde post-moderne par de vieux jeux, le film s’ouvre sur la fin de The Wizard, puis embraye sur un mélange entre King of Kong, Ghostbusters, Independance Day et les comédies d’Adam Sandler. Ce qui impose déjà un premier constat: le film n’a pour seule identité que les blocs de cubes improprement nommés ici « pixels », tout le reste n’est que du vu et revu. Ce qui en théorie ne pose aucun problème: blockbuster de l’été oblige, on ne va pas non plus attendre un chef-d’oeuvre de créativité, juste un divertissement sympathique et cohérent. Pixels n’est ni l’un ni l’autre, malheureusement.

Passé la première séquence (la séquence « wizardienne » en mode Spielberg), on arrive directement au cliché du « mec qui a raté sa vie » parce qu’il est… technicien, installateur de matériel high-tech pour particuliers. Ouais, c’est un putain de ratage de vie, ça. Les techniciens qui ont été mobilisés pour réaliser ce film, ils ont raté leur vie, aussi? Bref, passons. La suite est une accumulations de blagues nulles et de poncifs éculés, de la femme nouvellement célibataire qui va nouer une relation affective avec le héros-loser après l’avoir détesté, à l’officier haut gradé très septique sur l’efficacité des « arcaders » (on le comprend), en passant par l’inévitable implication personnelle du président des USA en première ligne (Independance Day style).

Mais la cerise sur le gâteau, c’est le personnage de Ludlow Lamonsoff, joué par Josh Gad, et qui est peut-être la pire insulte faite ces dernières années à un gamer: complotiste paranoïaque, gras et adipeux, aussi lâche que prétentieux, asocial fou amoureux d’un personnage virtuel totalement sexiste (et néanmoins caricature de gay refoulé), Lamonsoff cumule toutes les tares possibles du nerd tel qu’imaginé par… des personnes restées bloquées dans les années 1990, je suppose.

Parce que, dans l’ensemble, les idées véhiculées sur les jeux vidéo ou les joueurs dans ce film me font clairement penser aux multiples merdes qu’on pouvait lire dans la presse de cette époque, qu’on ne retrouve plus aujourd’hui que dans le discours de certains politiciens en perte de vitesse et les réflexions hautement philosophiques de Laure Manaudou (très bien placée pour parler de l’abrutissement des joueurs, puisque l’essentiel de son activité pro a consisté à faire des allers-retours dans un bassin). Et dans Pixels, manifestement.

D’ailleurs, les personnages d’Adam Sandler et Peter Dinklage, apparemment inspirés de Steve Wiebe et Billy Mitchell, ne sont pas en reste: le second est un délinquant incarcéré (« ah ça oui, les jeux vidéo détournent la jeunesse vers le crime! C’est très vilain! ») et le premier se fend d’un magistral « les jeux vidéo, c’était mieux avant quand il n’y avait pas toute cette violence ». Sans parler du personnage du président Cooper, joué par Kevin James et qui est juste une parodie faisandée de George Bush Jr. Les mecs, on est en 2015, là… Oh, et au passage, Chris Columbus a réussi l’exploit de faire mal jouer Peter Dinklage. Chapeau bas. Du reste, il est pratiquement impossible de rentrer vraiment dans le film tant ses personnages sont juste détestables, et en plus, l’écriture est vraiment… Adam Sandler, quoi: des personnages stupides qui se livrent à des gags de situation sur fond d’histoire incohérente et inintéressante (niveau Stay Alive, pour situer).

Bref, Pixels n’est ni un divertissement de qualité, ni une ode au retrogaming (vu l’image qu’il renvoie des joueurs, c’est même plutôt une insulte, en fait), c’est juste… hum, je crois que c’est Ganesh2 qui en parle le mieux.

Au revoir; à bientôt.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Mikaya dit :

    Okéééééééééééééééééééé, j’ai bien fait de ne pas aller le voir alors XD !!!

    et je crois que je ne le verrais jamaiiis !

    J'aime

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