Rokka no Yûsha

Après le désastre qu’a été Madan no Ô to Vanadis, c’est désormais avec une certaine appréhension que je commence à regarder un anime lorsque je sais qu’il s’agit de fantasy et d’une adaptation de light novel. Rokka no Yûsha a balayé mes craintes, malgré un départ des plus bateau: un groupe de héros élus par la déesse du destin se rassemble pour lutter contre le dieu du mal et ses sbires, les calamités. Soit le début de scénario basique du JRPG moyen des années 1980, donc rien de transcendant jusqu’ici (même si ça peut faire vibrer la fibre nostalgique de certains). La seule originalité du démarrage ne résidant que dans le fait que l’univers semble vaguement inspiré du monde précolombien (sauf au niveau du chara-design), domaine encore largement sous-exploité dans la fantasy.

N. B.: je vais essayer de ne pas trop spoiler la suite, mais même avec la meilleure volonté du monde, il y a des trucs qu’il est difficile de ne pas évoquer directement et d’autres qui risquent de m’échapper; je préfère donc prévenir à l’avance. Reprenons.

Toutefois, au bout de quatre épisodes, la série prend un tour inattendu puisqu’elle vire au huis clos (ce qui est quand même très rare dans un récit de fantasy). Les sept héros rassemblés se retrouvent en effet prisonniers d’une barrière de brume avec un double problème:

1/ Comment sortir de là?

2/ Il n’est pas censé y avoir plus de six héros, ce qui signifie qu’il y a un traître parmi eux.

Le reste de l’histoire va donc tourner autour de cette double énigme, et le démasquage de l’intrus devient l’obsession du groupe. Et si on pourrait s’attendre à d’interminables suites de dialogues logiques agrémentés d’investigations quasi-policières dans un calme relatif… force est de reconnaître que ce n’est pas exactement le cas: les personnages semblent plus enclins à vouloir se mettre sur la gueule au plus vite.

Ces personnages, parlons-en: il y a Adlet, « l’homme le plus fort du monde » autoproclamé, pourtant pas particulièrement balèze mais qui compense ses faiblesses par la ruse et les artifices; il y a ensuite Nachetanya, princesse de son état et « sainte des lames » (autrement dit, magicienne conjuratrice d’armes), apparemment attirée par Adlet; puis il y a Goldov, sorte de chevalier servant de Nachetanya, manifestement épris de cette dernière; il y a Flamie, hybride mi-humaine, mi-calamité, à la fois tueuse de héros et héroïne elle-même, « sainte de la poudre noire » (utilisatrice d’armes à feu, quoi); il y a enfin Maura, « sainte des montagnes » et aînée du groupe, Chamot, brutale et immature « sainte des marécages », et Hans, assassin professionnel au tempérament joyeux vénérant les chats.

Si tous les soupçons se portent d’abord logiquement sur Flamie, ils se déplacent très vite sur Adlet, celui dont les origines sont les plus mystérieuses et que les autres vont tenter d’éliminer au plus vite, ou de disculper. Loin d’être un long alignement de blabla, la série se révèle au contraire dynamique, alternant phases explicatives et combats entre héros (ou contre des calamités). Et plutôt pas mal écrite, en plus; la seule romance de l’histoire est assez bien amenée à défaut d’être originale et seul le twist final semble réellement forcé, appelant une suite… dont il est très incertain qu’elle voie jamais le jour en anime.

Parce que cet anime a fait apparemment un four, et c’est assez déprimant, car à part son chara-design parfois désolant (nan mais la « sainte du sang » qui ressemble à une vache, quoi…), il n’a pas vraiment de gros défaut rédhibitoire (et c’est d’autant plus surprenant que c’est l’oeuvre d’un studio assez récemment fondé et donc peu expérimenté). C’était même une des bonnes surprises de cette année en matière d’animation. C’est disponible chez Crunchyroll, aussi je vous invite à y jeter un coup d’oeil.

Au revoir; à bientôt.

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