It Follows

Il arrive parfois que, noyés dans une grosse masse de slashers et supernatural horror movies à jump scares putassiers, sortent des films plus subtils, plus intimistes, plus proches du psychological horror. It Follows est de ceux-ci. Et ça bute.

Jay est une lycéenne de Détroit a priori comme les autres, passant son temps entre études, natation et soirées entre potes. Et moments intimes avec son petit-ami Hugh. Malheureusement pour elle, sa « première fois » se termine par une angoissante séquence où elle apprend que Hugh lui a refilé, telle une MST, une sorte de « malédiction » ou quelque chose d’approchant: elle est désormais poursuivie par une entité indéfinissable, invisible à tous sauf à elle (et Hugh). Et la… « Bestiole » (faut bien lui donner un nom), polymorphe et lente mais implacable, n’aura de cesse de la suivre, pour la tuer, comme elle avait suivi Hugh jusqu’alors (qu’elle se mettrait d’ailleurs de nouveau à poursuivre si Jay trépassait).

La « Bestiole » est un monstre extraordinaire à l’apparence aléatoire, si bien qu’elle peut être totalement familière ou anodine avant de devenir absolument terrifiante sur le plan suivant: toute l’angoisse du film repose sur cette « inquiétante étrangeté » qu’elle constitue, laissant Jay (et le spectateur) dans une peur viscérale quasi-permanente, renforcée par une mise-en-scène qui fait à peu près abstraction des jump scares (et ça, c’est cool parce que ça commence vraiment à devenir pénible dans les productions « horrifiques » de ces dernières décennies). J’en ai fait des cauchemars pendant les six mois qui ont suivi mon premier visionnage (véridique).

Le film rappelle par bon nombre d’aspects la filmographie de John Carpenter (Halloween et The Thing, particulièrement), jusque dans sa musique, et il hérite ainsi d’une sorte de « cachet vintage » tout en se replaçant dans un contexte très actuel, en l’occurrence Détroit, ville ruinée et socialement sinistrée, dans laquelle évolue cette jeunesse de la middle-class un peu paumée. D’ailleurs, l’ensemble de ce film constitue une sorte de métaphore des angoisses inhérentes au passage à l’âge adulte, ce sur quoi je ne m’étendrai pas vu que ça nécessiterait de spoiler la totalité du film ou peu s’en faut. Sachez juste qu’il s’agit d’un film à voir, peut-être le meilleur de cette année.

Car ce film est juste…. génial. Génial dans le sens où TOUT, absolument TOUT, semble maîtrisé, de la direction d’acteurs à la mise-en-scène en passant par l’écriture. Bon OK, j’exagère un peu: la séquence où les lycéens traversent les quartiers sinistrés de Détroit était par exemple assez dispensable et en y regardant bien, il y a effectivement quelques maladresses par-ci par-là; mais c’est vraiment pour pinailler.

Tout cela est d’autant plus impressionnant que ce n’est que le deuxième long métrage de David Robert Mitchell, et son premier film de genre (le précédent étant un coming-of-age movie), le tout avec des acteurs peu expérimentés (on peut d’ailleurs dire que Maika Monroe est LA révélation de ce film) et un budget dérisoire.

Et je ne suis pas le seul à en penser le plus grand bien, tenez:

Ou encore:

Alors respect, monsieur Mitchell. Sincèrement.

Au passage, si le film vous intéresse, je vous conseille vivement l’édition BluRay dite « limitée », pas plus chère que l’édition « standard » et qui comprend, en bonus, l’autre long métrage de David Robert Mitchell (The Myth of the American Sleepover) et un petit livret succinct dans lequel le réalisateur raconte le cauchemar récurrent de son enfance qui lui a inspiré la « Bestiole » ainsi que diverses autres informations sur le film, les lieux de tournage, etc.

Au revoir; à bientôt.

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