Gundam Build Fighters Try

En août 2010 était diffusée à la Gundam Super Expo le premier épisode d’une petite série d’OVA mettant en scène un fan de maquettes de Gundam (Gunpla pour les intimes) qui découvrait un jeu vidéo où lesdites maquettes s’intégraient en tant que MS pilotables in game. Sans casser trois pattes à un canard, Gunpla Builders Beginning G (c’est son petit nom) n’a rencontré, au mieux, qu’un succès d’estime auprès d’une communauté de fans déjà acquis à la pratique de l’assemblage de mecha miniatures en plastique, mais elle ouvrait la porte à Gundam Build Fighters, directement diffusée à l’international à partir d’octobre 2013, avec des sous-titres anglais, gratuitement sur Youtube sur la chaîne officielle GundamInfo. Je répète. Pour la première fois dans l’histoire de la franchise, une série TV Gundam était diffusée à la fois gratuitement, officiellement et en simultané sur un site de streaming accessible depuis à peu près partout. Ouais (bon, depuis, c’est un peu devenu la norme).

Cette série était, de l’avis de beaucoup, l’une des meilleures de la franchise, proposant des moments de pur epicness et un final dantesque. Et même si son succès télévisuel fut limité, les ventes de produits dérivés ont apparemment plutôt bien marché (vous pensez, tous ces nouveaux MSV…), et surtout elle réussissait là où Gundam AGE avait lamentablement échoué: s’adresser à un public plus jeune tout en ne fâchant pas la vieille garde gunota. D’où l’annonce en juin 2014 d’une suite pour le mois d’octobre de la même année, Gundam Build Fighters Try, diffusée dans les mêmes conditions et qui s’est achevée en avril dernier.

Sept ans après la victoire de Sei Iori (l’un des deux héros de GBF) aux championnats internationaux de Gunpla Battle (le jeu vidéo à maquettes dont on parlait plus haut), Fumina Hoshino, qui, ô hasard, fréquente l’établissement où était scolarisé le grand champion, peine à trouver des partenaires pour participer au championnat local: les règles imposent en effet maintenant des combats par équipe de trois, et son club ne comporte qu’un seul membre; elle-même. Comme c’est un peu la lose, elle se rabat sur un nouvel élève, Kamiki Sekai, fanatique d’arts martiaux qui revient d’un long voyage initiatique avec son maître et qui est novice en Gunpla, puis sur Yûma Kôsaka, le meilleur constructeur de Gunpla de son bahut. Formant l’équipe Try Fighters, le trio devra donc gravir les échelons jusqu’à la finale du tournoi national. Point.

Plus de « mafia du Gunpla », plus de monde parallèle, plus de magouilles de méchant chef d’entreprise qui veut s’en mettre plein les poches… juste du combat avec des maquettes. Bref, plus vraiment de gros enjeu, si ce n’est le traditionnel « devenir n°1 du Japon » si cher aux séries de sport. Et ce n’est finalement pas plus mal. La réalisation est toujours au top et les premiers épisodes en mettent vraiment plein la vue, avec une introduction magistrale où Fumina nous crie son amour pour les bastons de gros robots. Par la suite… eh bien c’est un peu plus inégal. GBF avait aussi quelques creux, mais les longueurs sont ici plus nombreuses et tiennent pour beaucoup à certains choix de scénario pas toujours très heureux.

Le plus gros souci vient en fait du choix du match 3 vs. 3. Si l’aspect tactique de la chose semble évident à quiconque a jamais tenu un stick, une souris ou un pad entre ses doigts, l’intérêt en termes de scénario est… moindre, dirons-nous. En fait, les trois quarts du temps, ça devient du 3 vs. 1 tant les coéquipiers de l’antagoniste principal du moment servent juste de faire-valoir qu’on va de toute façon oublier. Seules deux équipes adverses (celles des deux finales, locale et nationale) échappent à cet écueil. De fait, plus de la moitié des personnages apparaissant ici… ne servent à rien. Mais genre vraiment à rien. Enfin si, ils servent de cible mobile pendant le combat, mais c’est bien à peu près tout. Bon après, si on fait les comptes, la série propose finalement autant si ce n’est plus de personnages attachants et sympathiques que la première, c’est juste qu’ils sont forcément moins mis en valeur du fait de la présence de potiches à leurs côtés. Après, il y a aussi quelques cafouillages assez étranges, comme le personnage de Yûma dont la personnalité est assez erratique (un peu comme si les scénaristes avaient hésité jusqu’au dernier épisode sur ce qu’il devait être), les triplés rancuniers ou Junya, le rival dark de Sekai en karaté, stéréotypés et agaçants comme pas possible.

Je sais que certains ont trouvé totalement ridicule le « harem » qui s’est construit autour de Sekai (c’est d’ailleurs aussi mon cas). En fait, je pense que c’était le but: montrer l’absurdité du truc en parodiant les codes du genre pour les dégommer en mode « gné? rien à battre des nanas, moi, je veux juste taper sur du plastoc » et proposer ainsi un cas rare où l’absence d’initiative du personnage masculin principal a une certaine crédibilité (un peu comme dans Ore Twintail ni Narimasu, en fait: le personnage est juste tellement taré et à fond dans son délire que niveau relationnel, c’est la dèche la plus complète). Un autre reproche qui a été formulé est la discrétion des personnages de la série précédente dans la nouvelle: à part le Meijin Kawaguchi, Ramba Ral et Lucas Nemesis (perso secondaire de chez secondaire dans GBF), ils se limitent à quelques caméos ici ou là. Mais tant que ça ne nuit pas au déroulement de l’histoire, est-ce vraiment un problème? Le véritable problème aurait été de voir la série passer son temps à référencer la précédente sans rien apporter de neuf, or c’est précisément ce qu’elle ne fait pas, limitant l’influence de la plupart des personnages de cette dernière à du name-dropping et quelques clins d’oeil.

Par ailleurs, le fait de suivre à la fois un personnage novice (Sekai) et des personnages relativement aguerris (Fumina & Yûma) permet de rentrer facilement dans l’histoire que l’on connaisse ou non la saga, de la même manière que GBF. Les deux séries constituent donc, pour les néophytes, un excellent moyen de découvrir Gundam. En tout cas, c’est ce que je conseille à tous ceux qui voudraient découvrir la franchise et ne sont pas allergiques aux shônen sportifs dont elles reprennent largement les codes: commencez par Gundam Build Fighters et Gundam Build Fighters Try. Ce sont deux séries atypiques dans la saga mais faciles d’accès, suffisamment récentes pour ne pas souffrir de l’effet « aïe mes yeux que c’est moche! » et disposant de personnages suffisamment attachants pour qu’on n’aie pas envie de les baffer toutes les trois minutes, au contraire de certains Gundam de la décennie passée. Et en plus, la musique pète bien. Bref, c’est cool, et c’est suffisamment rare pour un dessin animé basé sur des jouets pour être signalé. Surtout quand, en parallèle, tout ce que la Sunrise a pu proposer à la TV sur cette franchise à la même époque était G no Reconguista.

Au revoir; à bientôt.

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