Emily is Away

J’ai vu hier qu’après le Joueur du Grenier, Squeezie s’y était mis, donc je me suis dit qu’il était temps d’y aller de mon avis sur ce petit jeu gratuit dispo sur Steam depuis le mois dernier, vu que la hype est assez haute. Bref. Emily is Away se présente sous la forme d’un dating sim… sur une messagerie type AIM sous Windows XP, d’où une interface des plus austères (au moins, ça fait des économies de design et ça rappellera de bons souvenirs à certains). Votre unique interlocutrice sera Emily, une amie du lycée où vous terminez votre scolarité (avant de partir à la fac) et avec laquelle vous devrez correspondre de 2002 à 2006.

N. B.: Comme d’hab’, je ne vais pas me gêner pour spoiler. Passez votre chemin si vous avez l’intention d’y jouer, ça vous permettra de le savourer un peu.

Si je devais résumer ce jeu en un mot, ce serait « deception », sans accent. Donc pas une « déception », mais un jeu extrêmement trompeur. En clair: quoi que vous fassiez et alors qu’on s’imaginerait que c’était le but du jeu, Emily ne sortira jamais avec vous. Et c’est à ce moment-là que vous réalisez qu’à aucun moment il n’a été dit que c’était le but du jeu, lequel est… euh… je ne sais pas, en fait.

Probablement de faire rager les mecs éconduits par cette fausse éventuelle petite amie virtuelle, jusqu’à ce qu’ils réalisent que, de base, c’était un peu neuneu de croire qu’une fille avec laquelle on n’arrive réellement à interagir qu’une fois par an (!) succomberait à leur charmes textuels (bon, à leur décharge, l’avatar Triforce est quand même bien sexy). Parce que oui, vous ne correspondez par cette messagerie avec Emily qu’une unique fois par an. Certes, il est bien écrit que vous la voyez parfois IRL… une seule fois après le lycée, en fait. Ouais. Comme si une relation crédible pouvait se constituer ainsi…

En plus, si on croit les propos de la jeune fille, bin vous êtes soit super coincé, soit un gros connard manipulateur qui bourre les nanas à la vodka bas de gamme ou profite de leur fragilité émotionnelle pour se les taper. Charmant. C’est clair qu’avec ça et une discussion annuelle par écran interposé, elle va très vite tomber dans vos bras, la fan de Snow Patrol et Coldplay (je crois d’ailleurs voir comme une sorte de message subliminal dans le nom des groupes choisis).

Quoi que vous fassiez, Emily retournera toujours vers son petit ami de 2003, qu’il s’appelle Travis ou Brad (parce que même s’il s’est engueulé avec elle par le passé, il ne lui aura pas adressé la parole qu’une seule fois par an, lui). Et c’est ça qui est cool: le jeu a un sens du réel rare dans le domaine des dating sims, et en en détournant les codes, il en montre l’absurdité. Surtout, on ne s’aperçoit qu’à la fin de cette supercherie, voire après plusieurs runs à essayer les divers embranchements offerts… jusqu’à ce qu’on réalise qu’en fait, ce ne sont que des détails comparés au vrai problème de fond de cette « relation »: Emily is literally away, problème que le jeu ne vous aidera qu’à deux reprises à résoudre très temporairement, et dans les deux cas aucune interaction n’est possible (et donc, soit vous aurez été trop distant, soit vous aurez été un gros beauf doublé d’un sombre connard).

Bref, ce jeu, c’est un peu un troll à fans de dating sims, et il trolle vraiment bien. Même ses easters eggs se révèlent étonnamment trollesques: il existe en effet un certain nombre d’avatars cachés dans le jeu, que l’on peut obtenir ponctuellement en se donnant un pseudo particulier dans l’interface de messagerie (genre « Triforce » pour obtenir… bin, l’avatar Triforce, quoi); donc on s’amuse, on fait des essais, on passe du temps… et on découvre au bout d’un moment qu’il suffit de taper « Password123 » (sans guillemets) pour TOUT débloquer d’un coup. Moui.

Emily is Away est donc un joli taunt adressé au dragueurs virtuels invétérés et un bon moment passé à se remémorer le temps qu’on aura pu consacrer à ces bonnes vieilles discussions sur MSN (je n’avais pas AIM, perso). Donc je vous le conseillerais volontiers… si vous n’étiez pas arrivés jusqu’ici. Parce que si vous n’y avez pas encore joué, bin tout ce qui est écrit plus haut vous a d’ores et déjà pourri tout l’effet « découverte & deception » et donc sacrément restreint l’intérêt du jeu. Ne me remerciez pas (et puis vous étiez prévenus de toute façon, alors vos gueules).

Au revoir; à bientôt.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Deathmes dit :

    Déjà spoil en ayant regardé le JDG, je pense que je vais au moins tenter en la jouant juste ami et prendre le troll à contre-pied. ^^

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  2. Mikaya dit :

    j’avais pas envie de le faire, ça tombe bien non? :p

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