Yurikuma Arashi

Kunihiko Ikuhara est un nom des plus respectés dans le monde de l’animation japonaise, puisqu’on lui doit notamment Utena et le désormais culte Mawaru Penguindrum (et aussi pas mal d’épisodes de Sailor Moon). Fortes d’une esthétique particulière et d’un storytelling atypique, ses séries sont en général attendues au tournant, et c’était bien entendu le cas de son dernier rejeton, Yurikuma Arashi. Pour sa version française, le titre a été laissé en japonais, soit par fainéantise (Crunchyroll ne traduit que rarement les titres de ses anime; même quand ils sont incompréhensibles au commun des mortels), soit parce qu’une traduction littérale aurait fait… mauvais genre; ça aurait donné « Tempête lesbours » ou quelque chose d’approchant. Oui oui.

Alors bien sûr, comme le titre le laisse entendre, il y est effectivement question de lesbiennes et d’ourses (au féminin), les personnages masculins étant relégués au second plan (seuls trois ont un rôle symbolique récurrent). Le plot? Dans un monde où les ours sont devenus extrêmement agressifs, anthropophages et intelligents (enfin, au niveau des humains, quoi), l’humanité s’est retranchée derrière un gros mur, Attaque des Titans-style. Kureha, élève dans un lycée 100% féminin, mène une vie à peu près normale, jusqu’au jour où sa petite amie est assassinée; par un ours. Car ces derniers ont évolués et sont désormais capables de se fondre dans la population humaine afin de commettre leurs carnages. Kureha se donne alors pour mission de démasquer l’assassin… mais découvre qu’il n’est pas seul. Et deux nouvelles élèves, Ginko & Lulu, malgré leur apparente bienveillance envers Kureha, pourraient bien en être.

On tient là un scénario de gros nanar bien senti et l’anime aurait très bien pu n’être que ça au final… sauf qu’on a Ikuhara aux commandes et qu’il prend son thème totalement à contrepied. Là où un réalisateur-scénariste lambda aurait adopté la posture « classique » des scénarios « Eros-Thanatos » (en gros, du cul et du gore), il a privilégié une esthétique « kawaii » et épurée, oscillant continuellement entre le pop-art minimaliste et les effets « aquarelle ». Si érotisme lesbien il y a, il est le plus souvent de l’ordre du symbolique (avec beaucoup de fleurs), à mille lieux du bourrinage exhibitionniste décérébré qu’on retrouve dans la majorité des productions ecchi des deux dernières décennies.

Cependant, l’anime souffre de longueurs et manque parfois clairement de souffle, malgré un format relativement court (12 épisodes). Certains passages laissent un peu l’impression d’avoir été intégrés pour meubler et il y a un certain manque de rythme dans le « ventre mou » de la série. De fait, elle est plus controversée que Mawaru Penguindrum et d’aucuns lui reprochent son manque d’ambition par rapport à celle-ci et, surtout, Utena. Avec raison, probablement, puisqu’au final, on ne sait pas très bien ce qu’elle essaie de nous dire, en dépit des multiples thèmes brassés (amours homosexuelles et inter-espèces, pression du groupe et rejet des parias, comportements affectifs égoïstes et autres joyeusetés).

Déception alors? En un sens, mais il faut bien admettre qu’Ikuhara avait mis la barre assez haut précédemment, et que malgré ça, Yurikuma Arashi se situe dans le haut du panier de la production annuelle de série animées japonaises. Si ce n’est pas le chef d’oeuvre absolu espéré, cela reste néanmoins un très bon titre.

Au revoir; à bientôt.

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