Bôei Bu Love!

« Sailormoon avec des mecs ». Telle serait la première réaction logique d’un être humain normalement constitué et cérébralement équilibré à la vue de cette image… disons poliment « spéciale » (la seconde réaction logique étant de s’enfuir en courant en maudissant à jamais l’humanité pour son mauvais goût, mais passons). Et il y a un peu de vrai là-dedans: il est bien question de transformations en mode « magical girl » (boy, pour le coup) et de combats hebdomadaires contre des monstres de foire ridicules dans Bôei Bu Love! (le titre en anglais, ce n’est que pour la version américaine; selon Crunchyroll, les Français sont suffisamment bons en japonais pour qu’on n’ait pas besoin de traduire les titres). Le tout sur fond d’amitié virile et de bains publics. On pourrait alors se dire qu’on est en face de la dernière des merdes animées possible, mais il n’en est rien. Car l’anime possède une qualité rare (surtout depuis que Bolloré s’est emparé de Canal+): l’auto-dérision.

Le pitch est déjà une blague en soi: un wombat rose extraterrestre donne à cinq lycéens le pouvoir de se transformer en magical boys pour combattre d’autres lycéens transformés en monstres ridicules par d’autres lycéens (encore) avec l’aide d’autres animaux extraterrestres, et ainsi défendre les valeurs de l’amour et de l’amitié sur Terre. Si ça vous semble très con, c’est normal: ça l’est, et pas qu’un peu. Et c’est encore plus débile quand ça prend forme.

Parce que les personnages sont passablement neuneus, tous autant qu’ils sont, qu’il s’agisse des membres du « Club de Défense de la Terre » ou de ceux du « Club de Conquête de la Terre » (ou des extraterrestres eux-mêmes; surtout le wombat qui se trimbale son zombie en permanence). Les situations ridicules s’enchaînent les unes après les autres, détournant en mode turbo les codes des séries de magical girls et du shônen-ai (on parle quand même d’un anime où le héros « achève » ses ennemis d’une « love shower » et dépourvu de personnage féminin important), jusqu’à atteindre le point de non-retour: le niveau Ore, Twin-tail ni Narimasu. Bôei Bu Love! surpasse même parfois ce dernier en termes de connerie pure (alors qu’il avait mis la barre très haut avec ses punchlines de malade et gros moments WTF). La fin est d’ailleurs un joli moment de débilité assumée quand on apprend les motivations réelles des bêbêtes venues de l’espace (jolie mise en abyme que je ne vous spoilerai pas, pour une fois; elle rappellera des souvenirs aux spectateurs de South Park les plus vieux).

De plus, même si on s’en fout un peu, la réalisation est plutôt bonne dans l’ensemble et les seiyû restent bien dans le ton; on notera d’ailleurs la présence dans le cast de Tomokazu Sugita, Hikaru Midorikawa, Jun Fukuyama et Akira Ishida (dans des rôles secondaires, mais quand même).

Bref, Bôei Bu Love!, c’est tellement con que c’en est drôle. Parfois un peu lourdingue, certes, mais dans l’ensemble, c’est une réussite et un bon moment passé à se fendre la gueule.

Au revoir; à bientôt.

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