6000

Quand on parle de « Koike » on pense spontanément… à rien en général, mais si on s’y connaît un peu en manga, on pense à Kazuo Koike, l’auteur du célèbre Crying Freeman (que les plus jeunes ne doivent pas connaître), ou à Keiichi Koike, l’auteur du génial et complètement barré Ultra Heaven (dont je vous conseille très vivement la lecture, si vous parvenez à le trouver). Eh bien il ne sera question d’aucun de ces deux auteurs dans ce post.

6000 est un huis clos horrifique signé Nokuto Koike, qui est… un auteur ma foi assez méconnu (de moi, du moins). En fait, je n’avais jamais entendu parler de lui avant de lire 6000, et le seul autre titre de l’auteur disponible en France est Les Oubliés (que je n’ai pas lu). Au moins, ça permet de se lancer dans le manga sans a priori particulier.

Trois ans après un drame qui a coûté la vie à ses occupants, la station sous-marine sino-japonaise Cofdeece, située à 6km de profondeur au large des Philippines, est remise en service. Kengo Kadokura, le personnage principal de cette histoire, y est alors envoyé par son employeur chinois, plus ou moins pour servir de tampon entre la direction et les travailleurs japonais (lesquels doutent beaucoup de l’honnêteté et de la sincérité de ladite direction). Bien évidemment, les choses ne se passent pas comme prévu et Kengo se retrouve confronté à d’étranges comportements de ses compatriotes, voire à des phénomènes terrifiants.

6000, c’est un peu une version gore et horrifique du film Abyss de James Cameron: une poignée de personnes psychologiquement troublées par des phénomènes anormaux à des profondeurs gigantesques partent en vrille. Et là, pour ce qui est de vriller, ça va très, très loin. Sans trop spoiler, disons que cela implique d’anciens mythes aztèques en mode « Cthulhu », avec tout ce que ça sous-entend de folie meurtrière, rituels sacrificiels et anthropophagie. Donc autant dire que c’est un scénario assez prometteur pour les amateurs du genre.

Dans les faits… c’est un peu plus… inégal, dirons-nous. L’ambiance est très bien rendue grâce à l’usage régulier de trames sombres, qui renforcent l’impression oppressante que quelque chose de maléfique se terre dans les ténèbres. De plus, l’histoire est courte (4 vol.), et si elle ne permet qu’un développement assez superficiel des personnages, ce dernier est suffisant pour rendre un petit nombre d’entre-eux assez attachants (Kengo, Shia et Miwa, notamment) tout en ne s’éternisant pas pendant huit plombes… mais il n’empêche que par moments, le récit semble artificiellement accéléré, avec un déroulement mal maîtrisé et des rebondissements mal amenés; surtout, la fin est rushée et propose une conclusion pas franchement géniale. Elle donne même une impression assez désagréable de « fin imposée », volontairement expéditive pour mettre un terme abrupt à la publication du manga.

Pourtant, ce titre regorge de bonnes idées, à défaut de réelle créativité, et il place Nokuto Koike parmi les nouveaux mangakas à suivre, à défaut de l’élever au niveau de ses homonymes. Si 6000 n’est pas un chef d’oeuvre absolu, il demeure néanmoins bien meilleur que 90% des mangas « horrifiques » proposés en France. Et il a suffisamment plu pour qu’Hollywood se penche sur son cas, apparemment.

Au revoir; à bientôt.

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