Birdman

Je triche un peu, effectivement: Birdman est sorti officiellement en salles en 2014, mais pas en France; il nous aura fallu attendre février dernier pour le voir arriver (donc c’est moins de la triche d’en parler maintenant que de parler de Dragon Age: Inquisition). Et puis de toute façon, si j’ai envie d’écrire dessus je le fais, voilà. Bref.

Birdman est (techniquement, vu que The Revenant n’est pas encore officiellement sorti) le dernier film d’Alejandro González Iñarritu, cinéaste assez méconnu du grand public mais habitué des festivals de cinéma et plusieurs fois distingué de prix divers. Le film a, à ce sujet, beaucoup fait parler de lui, puisqu’il a valu à son réalisateur/scénariste une bonne douzaine de distinctions, dont trois Oscars et un Golden Globe. Vaut-il tout ce battage? Oui, assurément (désolé de péter le suspens).

Birdman nous relate la difficile reconversion d’une ancienne star du cinéma d’action nommée Riggan Thomson, incarné par Michael Keaton, en metteur en scène et interprète de pièce de théâtre à Broadway. Las, il doit faire face à une multitude de problèmes, du comédien qui fait faux bond au dernier moment à la critique qui refuse d’accepter qu’un ancien acteur de films de super héros puisse faire un boulot correct au théâtre (surtout à Broadway), en passant par sa relation plus ou moins conflictuelle avec sa fille et les crises d’égo de ses collègues; en plus des siennes.

Ce film est juste génial. Le choix de Michael Keaton pour incarner Riggan Thomson, alias Birdman au cinéma, s’avère fort pertinent, d’une part parce qu’il permet une jolie mise en abyme pour l’ancien interprète de Batman dans les films de Tim Burton, et d’autre part… bin parce qu’il joue vraiment bien son rôle. Ses angoisses, ses aspirations et ses désillusions se lisent autant dans son jeu que dans la mise en scène de ses hallucinations ou de ses humiliations.

Ceci étant dit, le reste du cast n’a pas à rougir: Emma Stone et Edward Norton sont absolument magistraux dans leurs rôles respectifs, ce dernier se montrant particulièrement brillant dans son interprétation d’un comédien d’exception à deux doigts de la folie. Mais Michael Keaton est vraiment celui qui porte le film sur ses épaules, Riggan oscillant entre rêves de reconnaissance et délires nostalgiques sur son ancienne carrière de Birdman, entre volonté de vivre et pulsion de mort.

La mise en scène n’est évidemment pas en reste, comme on s’en doute, et le choix du faux plan séquence renforce l’impression de chaos dans ce qui est devenu la vie de Riggan Thomson, alternant scènes plus ou moins intimistes, scènes de foule et délires hallucinatoires, décloisonnant ainsi l’imaginaire et la réalité. Après, tout n’est pas parfait, et la scène finale, une des seules scènes montées du film, n’est pas à la hauteur de l’ambition du film; sans spoiler, disons qu’on peut parfaitement s’en passer sans briser le sens du film, et laisser ainsi une plus grande liberté d’interprétation pour le spectateur (alors qu’il s’agit pourtant d’une fin a priori ouverte; paradoxal).

Tout ça pour dire que, si vous ne l’avez pas vu, faites-le. Il n’est jamais ennuyeux, jamais verbeux, jamais pénible, et si le fait qu’il soit étiqueté « film d’auteur » vous rebute, passez outre, car il vaut vraiment le coup.

Au revoir; à bientôt.

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