Garakowa: Restore the World

Pour être honnête, je n’avais jamais entendu parler de Garakowa ou de D.backup (le travail du duo Physics Point dont il est inspiré et qui avait remporté le Anime-ka Taishô de Pony Canyon en 2013) avant de découvrir ce titre en lurkant sur le catalogue de Crunchyroll. En me renseignant un peu, je découvrais que le « world concept design » était signé Munashichi, une artiste talentueuse que j’avais découvert à Nantes il y a quelques années, lors de la première itération de Art to Play, sur le stand d’AOJI (qui vend quelques unes de ses œuvres). Et du coup, j’étais un peu hypé (surtout avec Ishihama crédité à la réalisation, vu que j’avais pas mal apprécié Shin Sekai Yori).

Dernier quart du vingt-et-unième siècle: l’humanité, sans cesse plus dépendante de l’informatique, s’en remet à ViOS et mother.exe, programme de contrôle de l’environnement terrestre. Las, plus il y a de données à traiter, plus il y a de virus, lesquels corrompent les sauvegardes stockées dans la « Boîte du Savoir », gigantesque base de données disposant de nombreuses sauvegardes du passé de l’humanité. Dual & Dorothy, deux antivirus anthropomorphisés sous forme de bishôjo, découvrent en faisant leur boulot un autre programme, Remo, très différent de ce qu’elles avaient connu jusqu’alors. Remo n’a aucune idée de sa nature ou de son utilité, et sait juste qu’elle veut retourner « au champ de fleurs ». Surtout, elle est étrangement empathique et son comportement ne manque pas d’influencer les deux antivirus, qui découvrent alors les mondes qu’elles surveillent, entretiennent et parfois détruisent sous un jour nouveau.

Le thème de l’anime est au fond moins celui de l’accession à la conscience de l’intelligence artificielle que ce qui se trouve au-delà: le développement d’une « personnalité » propre, liée ici à l’acquisition de goûts et préférences personnels, et l’apparition d’émotions diverses et variées, celle qui domine ici étant la tristesse. Se pose en effet un dilemme à Dual & Dorothy: en tant qu’antivirus, comment réussir à trouver la force de détruire des données corrompues alors qu’elles commencent à éprouver de l’affection pour elles? Premier questionnement qui en amène d’autres, sur le devenir des données détruites, la nature de Remo et cette humanité qui les a créées sans qu’elles n’en aient jamais vu que les reflets virtuels de ses « backups » qu’il leur faut surveiller continuellement.

Si l’univers révélé par Garakowa n’est pas particulièrement complexe, il n’en est pas pour autant dénué d’intérêt, bien au contraire. Sans trop spoiler, disons que l’image pessimiste qu’il donne de l’humanité future et de son destin reflète certaines angoisses tout à fait compréhensible dans un pays vieillissant et de plus en plus dépendant aux technologies avancées comme le Japon: ce passé magnifique de l’humanité qu’admirent virtuellement nos trois héroïnes dans une longue séquence montée à la manière d’une AMV exprime, au fond, la profonde nostalgie de ce qui fut et dont mother.exe tente de conserver le meilleur.

Cependant, on pourra reprocher au film un certain manque d’identité: l’idée de faire figurer des programmes sous forme anthropomorphe n’a rien de spécialement nouveau (les Vocaloids en sont l’exemple le plus célèbre), et il est regrettable, pour le coup, que le design des trois héroïnes n’ait rien de bien particulier et s’avère passe-partout, voire redondant par rapport à un certain nombre d’autres titres. Quant-aux décors, s’ils sont effectivement magnifiques (particulièrement le « champ de fleur » et l’interface en forme de coquille d’ammonite) et qu’on reconnaît bien la pâte de Munashichi, ils n’en laissent pas moins, en général, une certaine impression de déjà-vu.

Qui plus est, si on est allergique aux bishôjo en mode magical-girl, il vaut mieux passer son chemin parce que c’est à ça que ressemble la chasse aux virus (avec une symbolique, à la sauce high-tech, du lotus, inspirée du bouddhisme), le reste étant, en quelque sorte, de la slice of life. Ce dernier choix n’a rien de particulièrement douteux, car il permet d’évaluer l’évolution des programmes/personnages au fil de l’histoire et la justifie d’une certaine manière. Reste que si on est demeuré hermétique aux productions KyoAni et consorts, il est improbable que le courant passe avec Garakowa.

Pour ma part, je l’ai plutôt apprécié et regrette qu’il n’ait été diffusé au cinéma que dans une seule salle en France (pour une unique séance…). J’espère que Physics Point remettra le couvert par la suite, sur le même univers ou, de préférence, un autre. J’espère également revoir le travail de Munashichi dans de futures productions animées.

Au revoir; à bientôt.

Publicités

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Mikaya dit :

    Loli alerte !!!!
    Sinon j’aime bien le pitch, mais que ce soit encore des petites gonzesse pré-pubères qui sauve le monde XD

    J'aime

    1. tommyloser dit :

      Euh… t’es sûr d’avoir bien lu ce qui était écrit, là? Parce que je crois pas avoir parlé de sauver le monde ou truc du genre… :/

      Par contre, ouais, le chara-design laisse à désirer et manque clairement d’originalité, on est bien d’accord. D’autant que ce sont des programmes, il y avait moyen de faire autrement sans affecter aucunement le scénario (à part pour Remo).

      J'aime

  2. Yomigues dit :

    Purée ça devient un peu trop à la mode :/ Mais ça n’a pas l’air mal du tout malgré tout. Bon article 🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s