La 5e Vague

Chloë Grace Moretz et Maika Monroe dans un même film? Mais ça ne peut être que génial, pas vrai? Et si je vous disais que le premier rôle masculin du film a été confié à celui qui a joué l’ado chiant de Jurassic World? Vous savez, celui dont les hormones débordent de tous les côtés à chaque fois qu’il croise une personne du sexe opposé? Ça fait moins envie, d’un coup, non?

La 5e Vague met en scène une énième invasion ET: ça commence par l’arrivée d’un bon gros vaisseau Independence Day style, qui, au lieu d’ouvrir directement le feu, y va progressivement, en commençant par une TRÈS grosse IEM (1e vague), puis un bon gros tsunami (2e vague), ensuite une pandémie bien meurtrière (3e vague) et enfin des agents infiltrés qui butent les humains tout en se mêlant à la masse (4e Vague). Reste à venir la 5e Vague, celle qui doit mettre un terme à l’existence de l’humanité.

Le spectateur suit donc le parcours de Cassie, lycéenne tout ce qu’il y a de plus normale, confrontée à ces diverses vagues invasives et découvrant que, hey, la vie sauvage, c’est pas très très lol, surtout quand on doit se planquer des drones & snipers ennemis, et que dans le même temps, ce qui reste de l’armée américaine rafle tous les gamins qu’elle trouve pour en faire de bons soldats conditionnés comme il faut.

N. B.: à partir de là, je spoile comme un putois, vous voilà prévenus.

J’ai encore du mal à comprendre comment, avec un pitch pareil, on peut arriver à un tel résultat. J’aimerais bien pouvoir dire que c’est la faute aux dialogues, ça faciliterait les choses, mais ils ne sont dans l’ensemble pas si pourris que ça (pour des discussions d’ados, s’entend) et seuls une petite partie d’entre-eux sont réellement hallucinants de nullité (niveau Twilight, pour vous donner une idée). On arrive même à y trouver de vraies bonnes idées (si si, je vous jure) comme ce dialogue ET/Terrien: « rien de personnel, gamin, on a vitalement besoin de la Terre, vous êtes dessus et prenez trop de place, c’est pas de bol; et puis vous auriez fait pareil à notre place » « Nan, même pas vrai! » « Gamin, ça fait des siècles que vous faites ça sur votre propre planète… » « Ah… Effectivement… »

J’aimerais bien pouvoir mettre ça sur le dos des acteurs, globalement assez patauds dans leur jeu… mais techniquement, ce sont des mioches arrachés à leur petit confort post-moderne qui se retrouvent au front en situation de crise grave, et c’est finalement plutôt crédible qu’ils soient aussi maladroits (le rôle de la « warrior goth-rebelle » étant d’ailleurs intelligemment dévolu à celle qui joue le mieux). Evan est également joué très maladroitement, mais en un sens, ça se justifie aussi, puisqu’il est quand même un peu paumé dans son rôle de transfuge. A contrario, le colonel Vosch et le sergent Reznik sont joués assez froidement, logiquement.

J’aimerais bien pouvoir imputer ça à la stratégie ET, souvent LE truc qui prête le flanc à la critique dans les films d’invasion extraterrestre (souvenez vous de Signes, Battleship ou World Invasion: Battle Los Angeles). Mais là… bin c’est finalement assez crédible dans l’ensemble, si on part du principe que les ET veulent récupérer la Terre à peu près intacte (pour tout dire, j’ai limite cru un moment que ce n’était pas une véritable invasion, mais une campagne écolo ultra-bourrine menée par des aliens particulièrement attachés à la préservation des écosystèmes).

J’aimerais bien pouvoir charger les effets spéciaux, mais ils sont dans l’ensemble assez corrects et discrets: quelques explosions et échanges de tirs, une baston dans le noir, quelques SFX de films catastrophe assez basiques mais qui font le job en début de film, une poignée de plans en contreplongée pas trop moches sur le gros vaisseau ou les drones et une simili-réalité augmentée en mode Tiger R-Zone assez cheap mais justifiée par les circonstances… donc ni trop tape à l’œil, ni complètement The Asylum; rien de bien choquant en somme.

Non, en fait, le problème majeur de ce film, c’est qu’on n’y croit pas une seule putain de seconde. Tout est filmé comme un Twilight/Labyrinthe/Hunger Game/[insérez le nom de la franchise de littérature jeunesse adaptée en film de votre choix], ce qui rend peut-être le film fidèle à l’œuvre d’origine (que je n’ai pas lue, donc je ne me prononcerai pas), mais le rend aussi franchement désagréable à suivre, avec son héroïne traitée comme la Bella/Katniss de service, à la limite de la Marie-Sue, et Evan qui endosse dans le dernier quart du film son costume de deus ex machina ambulant. Sans compter l’entrainement militaire des mioches, qui se limite à jouer aux cartes, suivre (laborieusement) un parcours sportif, tirer à côté d’une cible, s’initier à la lutte (niveau débutant) sur des tapis de gym et se prendre une beigne parce qu’on a maté le cul de Maika Monroe (petit vicieux).

Le maquillage est en plus totalement à chier: quel immonde abruti a-t-il pu imaginer qu’une nana qui traine dans les bois depuis plusieurs jours aurait des ongles vernis et un visage nickel, comme si elle sortait de chez l’esthéticienne? Je veux bien croire que faire un personnage « beau » (selon des critères hollywoodiens, s’entend) contribue d’une certaine manière à l’iconiser, mais là, c’est ridicule tellement c’est abusé. Même la gothique militaire semble trouver le temps de faire son maquillage « yeux-noirs-chuis-trop-dark » avant chaque entrainement et chaque mission (et bien sûr, ça ne coule pas; ce n’est pas comme si elle suait sang et eau pour sa vie, évidemment…).

Et puis, j’ai dit que les dialogues n’étaient que ponctuellement à chier, mais ces quelques moments sont quand même franchement gerbants de nullité. Ce n’est pas vraiment qu’on attende de l’originalité d’un film d’invasion, thème presque aussi vieux que la SF elle-même et dont la plupart des approches ont déjà été traitées cinématographiquement avec plus ou moins de bonheur. Mais bordel, on était obligé d’en passer par le stade « l’amour, c’est bien, et je t’aime Katniss Bella Cassie, tu m’as complètement changé » et consorts?

Bref, c’était assez moisi, et on sent bien, derrière tout ça, le studio qui pousse au cul pour sortir un film dans la foulée de multiples adaptations de littérature jeunesse histoire de profiter de la hype tout profitant également de l’effet « hey y a la suite de Independence Day qui sort cet été ».

Au revoir; à bientôt.

Publicités

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Mikaya dit :

    okéééé, j’attend sa sortie VoD pour le tipiak et le voir de manière pas légale du tout alors :p

    J'aime

  2. Mikaya dit :

    vu ce soir… c’est de la grosse daube !!!!
    on s’est fait fucking chié, il se passe rien et c’est complétement pas crédible !
    Attention, j’ai bien aimé hunger games & The labyrinth… mais la, j’ai pas pu tellement c’était chiant au possible !

    allez, faut que je vois le nouvel independance day, au moins c’est de la merde qui s’assume :p

    J'aime

    1. tommyloser dit :

      C’est pas faute de t’avoir prévenu. 😉

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s