MS Gundam – Iron-Blooded Orphans

Je sais que j’en ai déjà plus ou moins parlé et mon avis sur la série n’a pas vraiment changé depuis, mais vu qu’elle vient de se terminer hier, c’est une bonne occasion de revenir un peu dessus.

Mars, 323 P. D.: plus de trois cents ans après la Guerre des Calamités qui a laissé l’humanité exsangue, le colonialisme terrien a provoqué un vent de rébellion sur la planète rouge qui, en infériorité technique et économique, doit compenser comme elle le peut: les milices locales ont ainsi recours aux enfants-soldats et à un transhumanisme bourrin, banni sur Terre compte-tenu de son taux de mortalité élevé. L’histoire suit le parcours du duo Orga/Mikazuki (le premier étant le cerveau, le second le gros bras) et de leurs compagnons de route, mercenaires chargés de protéger la figure de proue des indépendantistes martiens. Bien entendu, ils mettent le grappin sur un vieux Gundam surpuissant et affrontent Gjallarhorn, organisation non-gouvernementale militaire et aristocratique chargée de maintenir le statu quo pour le compte des nations terriennes.

Du Kim Stanley Robinson dans mon Gundam? Sérieusement? Eh bien non, pas vraiment. Parce que l’un des plus gros problèmes de cette série, c’est de soulever des questions particulièrement pertinentes sans presque réellement s’en rendre compte, et par conséquent sans jamais les développer réellement. C’est ainsi qu’on voit défiler des thèmes comme l’appropriation des biens par les masses laborieuses, les structures socio-familiales dans les environnements plus ou moins isolés, ou encore les révoltes coloniales contre des gouvernements impérialistes traités comme s’il s’agissait de simples éléments de décor servant une intrigue… insipide.

Insipide, parce qu’elle se traîne des longueurs très dispensables et que l’égérie de la révolution martienne est une erreur de casting complète. À mi-chemin entre Relena de Gundam W, Marina de Gundam 00 et Asseylum de Aldnoah Zero, on a l’impression qu’elle ne comprend pas elle-même ce qu’elle fait là (ce qui est d’ailleurs le cas et est totalement absurde quand on y pense), un peu comme un MacGuffin balancé ici parce qu’il fallait bien faire avancer le truc.

Quant-à Gjallarhorn, l’idée était je pense d’opposer une force militaire traditionaliste, très à cheval sur le rang, les règles et autres, à un agrégats de rebuts méprisés qu’ils ne parviennent pas à maîtriser. C’est d’ailleurs particulièrement visible dans le dernier quart de la série où des officiers de Gjallarhorn (qui n’auraient d’ailleurs pas dépareillé dans le Neo-Zeon de Gundam ZZ) se font démonter la gueule par des Tekkadan qui n’ont rien à cirer du respect des règles militaires. Mais du coup, il est difficile de croire qu’une telle organisation, guindée et caricaturale, ait pu tenir l’ensemble de l’espace colonisé sous son joug aussi longtemps. Je veux bien qu’ils aient la supériorité technique pour eux, mais quand on voit la facilité avec laquelle une bande de gamins mercenarisés arrive à les tenir en échec, cela laisse sceptique.

Pourtant… eh bien le moins que l’on puisse dire, c’est que la série redresse très sérieusement la barre après une période assez calamiteuse pour la franchise à la TV. Les Gundam Build Fighters mises à part, on ne peut pas dire que ça ait été particulièrement brillant depuis la fin de Gundam 00 (qui était d’ailleurs partie en sucette), entre un Gundam AGE boudé pour diverses raisons (à commencer par un design calamiteux) et un G no Reconguista qui était très… G no Reconguista.

Avec Gundam IBO, on a sous les yeux un Gundam qui arrive à raconter une histoire à peu près cohérente (dans l’ensemble), mais échoue à la rendre vraiment passionnante. Ça n’a l’air de rien, mais comparé à GnR qui échouait même à ne serait-ce que raconter une histoire, c’est déjà un beau succès. En fait, il a peu ou prou les mêmes défauts que la première saison de Gundam 00 (trop de longueurs et de personnages inutiles, des intrigues peu passionnantes…), mais il en a également les qualités, ce qui fait qu’on obtient une sorte de retour à la normale après un bon gros passage à vide.

Et rien que pour ça, je suis content que cette série ait vu le jour. J’espère juste que ce « progrès » ne sera pas invalidé avec la future prochaine saison annoncée pour l’automne prochain.

Au revoir; à bientôt.

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Deathmes dit :

    Globalement d’accord avec toi, je serai cependant moins optimiste sur la conclusion. A souligner également une écriture aux gros sabots, avec l’épisode 21 en parfait exemple.
    En bon point par contre, la personnalité des pilotes, en tout cas côté Tekkadan, nous à offert des affrontement généralement brutaux, évitant les pleurnicheries habituels du style « non, je t’ai rencontré 2 minutes au détour d’une ruelle, je ne peux pas te faire de mal ».

    Aimé par 1 personne

    1. tommyloser dit :

      Effectivement, certains épisodes sont assez mal écrits, mais je suis un peu surpris que tu mettes le 21 sur la table, alors que ce n’est pas le premier qui me viendrait à l’esprit pour ce genre de problème (je songe notamment aux épisodes centrés sur Fumitan ou à la tentative absurde de transformer temporairement la série en yakuza-eiga spatial, qui sont assez honteux en la matière).
      Ceci étant dit, même le plus mauvais des épisodes de GIBO reste beaucoup plus réussi que le meilleur des épisodes de GnR.

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  2. Deathmes dit :

    J’ai pris le 21 car je trouvais que c’était un des plus caractéristiques de par son extrême prévisibilité.
    Malgré sa narration totalement à la ramasse, j’ai trouvé que GnR s’en tirait plutôt bien sur d’autres aspects, notamment pour les designs. Mais ce n’est pas le bon article pour en parler. ^^

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  3. Mikaya dit :

    Bon, j’arrive à la bourre, mais enfin finit !
    J’ai bien aimé même si j’en garderais pas un souvenir impérissable… Pour le personnage qui cartonne c’est quand même Mikazuki qui tombe pas trop dans le pathos et Orga pour son charisme 😀
    après autour c’est assez générique ^^ je me rappel plus, il se passe quoi de vraiment spécial dans le 21?

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    1. tommyloser dit :

      Il y a un gros deathflag très caricatural et une mort assez ridiculement amenée, pour ne pas trop spoiler. ^^

      Je te rejoins sur l’aspect « générique » de l’anime, dans l’ensemble; c’est d’ailleurs assez regrettable, car le pitch de départ pouvait offrir d’intéressantes possibilités.

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