Dragon Force a 20 ans

Tout juste une semaine après Biohazard (aka Resident Evil plus tard dans nos contrées) sur PlayStation et Panzer Dragoon II Zwei (jamais compris pourquoi le 2 était doublé) sur Saturn, Sega nous pondait un Strategic-RPG, toujours sur sa propre bécane, qui, il faut bien le dire, est un peu tombé dans l’oubli depuis. C’est donc l’occasion d’en reparler.

Vous vous retrouviez dans la peau d’un souverain nouvellement arrivé au pouvoir d’une des huit principales nations du continent Legendra. Alors que c’était la merde un peu partout (rebellions, brigandages, complots…), une de ces nations, l’empire de Fandaria, décida que la guerre, c’était cool, et que c’eût été bien d’en faire profiter tout le monde. Et tant qu’à faire, autant s’aligner sur le mal absolu, autrement dit le dieu Madruk, qui préparait tranquillement sa renaissance.

Malheureusement pour lui, la déesse Astea avait décidé de lui coller une dérouillée comme dans le passé; mais plutôt que de se salir les mains, la maligne lui avait à l’époque envoyé un gros dragon d’or dans la gueule; et puisqu’on n’abandonne pas une idée qui marche, au lieu d’y aller en personne, elle délégua cette fois-ci le pouvoir du dragon à huit guerriers devant s’unir pour former la Dragon Force. Et comme le hasard a toujours bien fait les choses dans les RPG, il se trouvait que vous en étiez un. Cool, non?

Bref, par-delà ce prologue stupéfiant d’originalité (faites-moi signe si votre détecteur d’ironie déconne), le jeu vous laissait le choix d’incarner six personnages de base (du chevalier masqué en armure noire à la jolie élémentaliste elfe en passant par le samouraï bishônen), plus deux autres une fois le jeu terminé une première fois (ou le debug mode activé). Et à partir de là, vous étiez lâché sur une map, avec votre petit château et un royaume à restaurer dans un premier temps, puis à étendre un peu plus tard; si possible à l’ensemble du continent, tant qu’à faire.

Pas vraiment d’explo, pas vraiment de donjons, pas vraiment d’énigmes, le côté rôliste était finalement confiné au seul gain d’exp. Pas d’argent non plus, d’ailleurs (ce qui rétrospectivement est un peu étrange, quand on y réfléchit, mais bon, ça n’a jamais été trop mon fort). Vous aviez juste votre petite armée, que vous renflouiez en recrutant au château, et taïaut!

Les combats se déroulaient sur des champs de bataille où pouvaient s’affronter jusqu’à 200 unités (plus les généraux, qui pouvaient faire usage de magie). Bien sûr, différents types d’unités étaient disponibles, avec leurs forces et leurs faiblesses (en général, on apprenait vite à éviter d’envoyer des harpies contre des archers), certaines étant totalement pétées (les dragons, notamment, qui n’avaient qu’une seule faiblesse). Le contrôle de ses unités étant limité à quelques ordres donnés comme « pas bouger! » « avancez! » « CHARGEZ!! » ou adopter telle ou telle formation au début du combat.

Sachant que bon, la tactique adoptée était très souvent la même (en gros, attendre que les troupes ennemies soient venues se fracasser d’elles-mêmes sur vos lignes et charger une fois que le général adverse se retrouvait en slip). Quant-à la défaite, elle était fort rare une fois saisies les mécaniques de jeu. Lorsque la phase sur la map se terminait, il vous fallait, enfin, expédier les affaires courantes hebdomadaires (décorer les généraux méritants, s’équiper, faire des recherches, recruter de nouveaux généraux, convaincre les prisonniers de rejoindre votre cause…).

Ça n’a pas l’air bien folichon présenté comme ça, mais il faut bien se rappeler que ce genre de jeu, surtout sur les consoles 32Bits à cette époque, n’était pas monnaie courante (le seul autre exemple qui me vienne à l’esprit est… aucun, en fait, vu que Langrisser III n’est sorti que plus de six mois après Dragon Force). Du coup, non seulement on s’en contentait, mais on trouvait même ça plutôt cool: même si les actions avaient un aspect répétitif, le jeu était réellement addictif, et je me rappelle avoir laissé la console tourner pendant plus de 24h d’affilées sur une partie.

De là y rejouer sérieusement maintenant… hum… Le jeu n’est absolument pas mauvais, loin de là (surtout si on le replace dans son contexte) et il a visuellement beaucoup mieux vieilli que bon nombre de ses contemporains, mais à part par nostalgie pure ou pour le plaisir de voir une meute de dragons défoncer une armée de mages… je ne vois pas trop.

Ceci dit, il y a encore un mystère dans ce jeu que je n’ai, 20 ans après sa sortie, toujours pas réussi à élucider: en finissant le jeu avec Mikhal/Mikazuki (oui, en version occidentale, les noms des persos ont changé; c’est pratique), on peut voir un artwork montrant Sayaka défendant Shirox contre Kyoem. Or, dans chacune de mes parties (et j’en ai fait un bon paquet), Sayaka disparaissait avec Kyoem une fois conquis le château au nord d’Izumo, pour ne plus jamais reparaître. Je n’ai jamais trop su s’il y avait une suite d’actions à accomplir ou s’il s’agissait d’un événement tout simplement oublié en cours de route par les développeurs, mais si vous avez la réponse, je vous serais reconnaissant de la partager. D’avance, merci.

Pour ce qui est de la postérité du jeu, enfin, elle est à peu près inexistante: il a connu une suite deux ans plus tard (qui n’a elle jamais franchi les frontières du Japon, la Saturn étant alors à peu près morte en occident), un portage dans une version retouchée sur PS2 en collection Sega Ages… et puis plus rien depuis 2005. Aussi, à l’instar de Panzer Dragoon, peut-on considérer qu’il s’agit d’une franchise morte, ce qui est un peu dommage compte tenu du fait qu’elle n’a pas réellement exploité son potentiel.

Au revoir; à bientôt.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. nico dit :

    j’ai jamais trop compris la hype sur ce jeux, je l’avais acheté a l’époque mais je l’ai vite trouvr chiantissime et ultra repetitif, perso j’ai plus prit mon pieds sur mystaria ou shining force . heuresement il vaux sont pesant d’or auj et l’investissement a été rentable en le revandant 😉

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