Captain America: Civil War

Je m’en veux un peu de ressortir le lieu commun comme quoi le contexte de visionnage conditionne fatalement l’expérience que l’on peut avoir d’un film et par conséquent l’appréciation que l’on pourra en faire, mais… c’est juste tellement vrai… Dans le cas qui nous intéresse, imaginez quelle peut être la constitution sociologique d’une salle de cinéma lors d’une première de film de superhéros à minuit en pleine semaine d’une période de vacances scolaires. Vous visualisez? Bien. Maintenant, ajoutez un staff qui ne sait pas très bien comment fonctionne l’éclairage de la salle (genre « oh le bel interrupteur! Qu’est-ce que ça fait si on appuie dessus en pleine projection? » à répétition). Eh bien voilà dans quelles conditions j’ai découvert Captain America: Civil War il y a quelques heures. Autant dire que ça n’a pas aidé à apprécier le film.

Après le bordel sokovien de Avengers 2, les Nations Unies sont un peu sur les crocs et décident, après un énième « dommage collatéral » au Nigeria, de discipliner tout ce petit monde en mettant au pas les Avengers, sous la tutelle du général Ross. Les mecs en armure et quelques autres acceptent, mais Cap Amerloque préfère ne pas, pour cause de « hey mais vous allez faire bobo à mon copain qui était chez Hydra dans le précédent épisode » et se voit rejoint par son pote Falcon. Pendant ce temps, le Soldat de l’Hiver refait surface pour tuer des gens, mais tout cela pourrait n’être que le fruit des manipulations du villain Zemo… Bref, un scénario prétexte à mettre en scène des Marvel Super Heroes se foutant sur la gueule.

Alors, avant de commencer à chouiner: c’est mieux que Age of Ultron & Le Soldat de l’Hiver. Ce n’est peut-être pas un exploit en soi, mais quand même. Les anciens personnages sont assez correctement exploités et les nouveaux superhéros sont fort bien introduits; si bien qu’on se demande même en fait pourquoi on a dû se coltiner autant de films d’introduction/présentation quand on voit qu’il n’en a pas du tout été besoin pour Black Panther & Spider-Man.

Puisqu’on en parle, le premier est assez convaincant dans son rôle de revanchard acharné, un peu loner mais capable de faire équipe pour arriver à ses fins. Le second est quant-à lui probablement le meilleur Spider-Man jamais vu sur grand écran (d’autant que les scénaristes nous ont épargné une énième représentation de la mort de l’oncle Ben, tout le build-up du personnage étant évacué en un dialogue avec Tony Stark).

Là où ça coince, par contre, c’est avec Ross (celui qui est joué par William Hurt, pas celui incarné par Martin Freeman): ce mec est un moteur à incohérences, une sorte de Nadine Morano avec une moustache, si bien que du début à la fin du film, on se demande s’il n’est pas un sbire infiltré de Zemo (sans que ce soit apparemment dans les intentions du scénario, en plus). En fait, il est même plus une fonction qu’un personnage, vu que sa personnalité se limite à « tiens, qu’est-ce que je pourrais bien faire aujourd’hui pour emmerder les Avengers? ». L’un des plus gros points négatifs du film, donc…

… mais il n’y a pas que ça. Car si le film est effectivement mieux réalisé que le précédent CapAm & le dernier gros cross-over en date, au niveau des scènes d’actions, eh bien c’est très inégal. Lors de la course-poursuite à pied parmi les bagnoles, par exemple. Ou lors de la grosse baston dans l’aéroport (où il vaut mieux ne pas trop faire attention à la précision des mouvements de Spider-Man, entre autres). C’est un peu navrant de devoir faire ce reproche à un film du MCU sachant que c’est un peu sur l’aspect technique des scènes d’action que ça se vend. D’autant que jusqu’ici, les films Marvel ont chacun bénéficié d’un budget équivalant au PIB annuel d’un pays insulaire du Pacifique, alors il y a de quoi grincer des dents.

Cependant, le film reste dans l’ensemble une réussite, et, une fois n’est pas coutume, le main villain (parce que Crossbones reste très anecdotique) n’est pas raté. Pourtant, contrairement à Loki, Ultron ou [insérez le nom d’à peu près n’importe quel villain du MCU de votre choix], Zemo, incarné par Daniel Brühl, ne dispose d’aucun pouvoir ou technologie rendant surhumain, et si l’on sait bien qu’il a reçu un très bon entrainement militaire, on ne le verra pas beaucoup en faire usage. C’est un manipulateur, pas foncièrement habile, d’ailleurs (il bénéficie surtout de la connerie de Ross et des querelles d’égo des différents Avengers), mais dont les motivations sont, au fond, très humaines et amenées de manière relativement crédible. Pour peu qu’on puisse trouver de la crédibilité à un match de catch dopé aux SFX sur grand écran, s’entend.

Parce que c’est plus ou moins ce qu’est ce film: un bon gros fight cousu de fil blanc entre célébrités costumées mises en scènes comme dans un bon gros spectacle agrémenté de punchlines marrantes et de blablas moins marrants. Un bien meilleur défouloir qu’un paquet de ses prédécesseurs de la Phase II dont on peut juste regretter le relatif manque de finition en post-prod (et Ross; nan mais sérieusement, Ross, quoi…).

Au revoir; à bientôt.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Queval dit :

    Cool,

    Un avis à peu près positif de Tommy correspond à un bon gros « seal of approved » pour moi 😉

    Hâte de le voir maintenant du coup

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    1. tommyloser dit :

      XD

      Ceci dit, ne t’attends pas à une adaptation fidèle des comics: le nom mis-à-part, il n’y a pas grand-chose de commun.

      J'aime

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