X-Men: Apocalypse

Il arrive parfois qu’un film polarise totalement les critiques. C’est le cas de celui-ci, puisque les avis, globalement, oscillent entre « Wow! C’est le meilleur film X-Men de tous les temps! » et « La vache! C’est le pire film X-Men de tous les temps! » avec fort peu de nuance et peu de place laissée pour les avis mitigés. Le film serait-il donc à ce point iconoclaste qu’il ne laisserait aucune place à la mesure, entre ceux qui crient au génie et ceux qui hurlent à l’esbroufe? Pas du tout: il se place totalement dans la veine des deux précédents (avec un léger mieux qualitatif quand même).

1983: Apocalypse, mutant-dieu de l’Égypte pharaonique, se réveille de son sommeil millénaire, et il n’est pas content. Mais genre pas du tout: les vilains humains tous faibles lui ont tout pourri sa planète pendant qu’il dormait! Du coup, il décide de tout péter avec l’aide de quatre super-larbins qu’il recrute dans la mutanité « clandestine » (dans l’ordre: Storm, Psylocke, Angel & Magneto). Pendant ce temps, l’école de Xavier recrute également, et deux nouveaux puissants mutants y font leur apparition: Jean Grey la télépathe/télékinésiste et Scott Summers le… euh… Cyclops, quoi. Et c’est donc en toute logique que la bande de Xavier, menée par Mystic, va s’opposer à celle d’Apocalypse pour lui maraver la face. Un scénario post-it, donc.

Mais bon, hé, c’est un film de super-héros: ça se regarde comme un match de catch, pas comme un documentaire sur l’ostréiculture dans la Baie d’Arcachon. Alors tant que l’ensemble reste à peu près cohérent, bin il n’y a pas vraiment de souci. Sauf que, justement… X-Men au cinéma a toujours brillé par ses très, très gros problèmes de timeline. Même en admettant que la trilogie initiée avec Jennifer Lawrence, James McAvoy & Michael Fassbender constitue un reboot invalidant tous les films précédents, la cohérence d’ensemble demeure bancale, parfois au sein d’un même film (je songe en particulier à Days of Future Past). X-Men: Apocalypse souffre donc de ce passif pour le moins problématique.

Du reste, le scénario semble moins bancal que celui de ses deux prédécesseurs directs, et en termes de mise-en-scène pure, ça tient plutôt la route (bon, l’écriture, évidemment, c’est pas encore ça). Les scènes d’actions sont, comme d’habitude, les plus réussies, et c’est encore Quicksilver qui a le droit au plus beau moment de gloire du film avec un money shot bien sympa. Après, comme ses prédécesseurs, l’aspect uchronique est un peu un prétexte à diverses kitcheries/clichés de plus ou moins bon goût; le « plus » pour la piaule/sous-sol de Quicksilver, le cosplay « Michael Jackson » de Nightcrawler et la couche de fluo so 80ies qui recouvre Jubilee; le moins pour… bah le reste; à commencer par le traveling en CG dégueulasse servant vaguement de générique.

Niveau jeu d’acteur… mouaif. Parmi les acteurs qui jouent les « nouveaux » mutants, Oscar Isaac, Sophie Turner, Alexandra Shipp & Kodi Smit-McPhee tirent bien leur épingle du jeu, mais le reste du cast a semble-t-il un peu plus de mal. Voire beaucoup plus de mal: Ben Hardy, notamment, risque de faire rager les fans de Warren Worthington par son manque de charisme, mais il n’est pas le seul. Psylocke est assez transparente, et Jubilee à peu près inexistante.

Quant-aux anciens, on les a connus plus inspirés (même si Evan Peters incarne toujours un perso très cool). Le gros point noir du film, c’est Magneto. Michael Fassbender ne le joue pas franchement plus mal que dans les épisodes précédents, mais l’écriture du personnage laisse clairement l’impression qu’on est en présence d’une girouette vaguement décérébrée. Comme dans le reste de cette trilogie, tout bien considéré (donc quelque part, c’est assez raccord).

Car, indubitablement, tous les défauts de cet épisode sont partagés par ses deux prédécesseurs: il n’est pas plus mauvais que Days of Future Past, dont les seuls moments mémorables étaient les fights dans le futur et le money shot de Quicksilver. Eh bien ici aussi, on ne retiendra guère que les fights contre Apocalypse & ses sbires… et le money shot de Quicksilver (qui cette fois-ci joue un rôle beaucoup plus important). Par contre, et ça fait plutôt plaisir, on a enfin un antagoniste à la hauteur des enjeux soulevés (autre que Magneto).

Le film est loin d’être une purge comme pouvait l’être Les Fant4stiques, mais il n’est quand même pas aussi sympa à regarder que Deadpool. Il s’agit certes peut-être du meilleur épisode de sa trilogie (contrairement à ce que laisse d’ailleurs entendre Jean Grey dans un joli dialogue de mise-en-abyme impliquant un film sorti l’année où est censée se dérouler l’histoire), mais il n’est quand même pas à la hauteur du X-Men de 2000. Bref, c’est un film assez fun, mais aussi assez moyen. En fait, il laisse surtout l’impression d’ouvrir une histoire plutôt que d’en conclure une, comme si l’ensemble du film servait à teaser Phoenix (et X23).

Ceci étant dit, on n’est pas dans le MCU: zapper un épisode ne risque pas de faire perdre le fil en cours de route. Pour peu qu’il y en ait un, d’ailleurs. Faire l’impasse sur X-Men: Apocalypse ne devrait pas nuire à la compréhension du prochain film de la franchise, quel qu’il soit. À vous de voir si vous êtes suffisamment attachés aux X-Men version cinéma pour trouver le temps d’aller voir cet opus, qui, s’il est plutôt dans la tranche haute des standards de la saga, n’a néanmoins aucune raison de figurer dans le top 10 des meilleurs films de 2016.

Au revoir; à bientôt.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Sweet Judas dit :

    Magneto la girouette, je plussoie. Je l’ai pas trouvé nul, mais pas très très bien non plus. En fait, je pense que sans la curiosité de voir Sophie Turner dans un rôle autre que celui de Sansa Stark, j’aurais peut être même pas vraiment cherché à le regarder (ou pas en entier, ahah)(mais bon, au vu de la teneur de l’affrontement final, pas certaine qu’une sieste au milieu du film aurait nui à la compréhension du tout).
    Et puis, j’ai ri un peu (beaucoup ?) en voyant la troupe déambuler avec leurs costumes au cœur d’une réplique d’Auschmitz. C’était… cocasse.

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