Legend of the Galactic Heroes – Dawn

Alors que nous autres froggies n’avons eu droit qu’à une publication TRÈS écourtée d’Arlsân Senki (réduite à son seul premier volume, en fait), l’éditeur américain Haikasoru, après moult éditions de light novels divers et variés, s’est lancé dans la publication d’une autre œuvre de Yoshiki Tanaka: ce gros morceau qu’est Ginga Eiyû Densetsu, aka Legend of the Galatic Heroes.

On entend parfois que « Gundam est un peu le Star Wars japonais », mais la comparaison serait beaucoup plus pertinente avec GinEiDen: dans un lointain futur où la Terre n’est plus le centre de rien, l’humanité unifiée s’est trouvée un joyeux dictateur élitiste, eugéniste et homophobe pour diriger la galaxie. Bien entendu, il y a eu de la dissidence, et l’Empire doit faire face, quelques siècles plus tard, à une Alliance des gens libres bien décidée à le laminer. C’est dans ce gigantesque théâtre que se feront face deux stratèges de génie, le débonnaire Yang Wen-li du côté de l’Alliance et l’ambitieux Reinhard von Lohengramm du côté de l’Empire.

Comme à peu près tout le monde en France, j’ai découvert la franchise par son adaptation animée (qui doit être l’une des OVA les plus longues toute l’histoire de l’animation japonaise, d’ailleurs) et j’étais assez curieux de voir ce que pouvait donner le matériau d’origine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’adaptation est vraiment fidèle (à quelques détails près, mais c’est vraiment pour chipoter).

L’histoire, à défaut d’être originale (phénomène de toute façon relativement rare dans la space opera), n’en est pas moins prenante et si ce premier volume ne fait guère que poser les jalons pour la suite, il le fait plutôt bien… mais de manière un peu trop rapide (ou alors, c’est juste une impression liée à ma trop forte consommation de Peter Hamilton & Kim Stanley Robinson).

Petit résumé du contenu du volume, pour ceux qui on déjà vu l’anime (pour les autres, c’est du spoil): on a droit à une présentation historique et spatio-politique de la situation, le récit de la bataille d’Astarté, une description des magouilles politiques qui suivent, le récit de  la prise d’Iserlohn, et une description de la tentative avortée de l’Alliance de profiter de sa victoire pour s’emparer de planètes impériales s’achevant sur la bataille d’Amritsar. Oh, et il y a aussi un peu de magouilles de Phezzan. Ce qui dans l’anime représente 16 épisodes de 24 minutes chacun est ici traité en moins de 300 pages.

Après, l’avantage, c’est que le récit va droit au but, sans détour inutile, au contraire de certains auteurs qui se complaisent à s’étaler sur des pages pour décrire la forme et les caractéristiques techniques d’un simple vaisseau, ou imposer à leurs lecteurs dix pages de hard SF pour expliquer le fonctionnement de son système de propulsion. Ici, non, rien de tout ça, les descriptions restent vagues et il n’y a guère que sur les données numériques relatives aux forces engagées et aux pertes que l’auteur se montre précis.

Au final, cela donne quasiment au texte l’apparence d’un récit d’histoire militaire romancé, en version space opera/anticipation. Ce qui est assez logique, en soi, dans la mesure où l’éditeur indique que l’auteur s’est inspiré des guerres de l’Europe du XIXe siècle (et effectivement, il y a un peu d’inimitié franco-germanique de la fin du XIXe dans ce duel Alliance/Empire). Cela explique du même coup, en un sens, pourquoi l’histoire demeure dans l’ensemble assez convenue et guère surprenante (ce n’est pas un défaut en soi, par ailleurs).

Alors, le premier tome de GinEiDen est-il fidèle à sa réputation? Oui. Ni plus, ni moins: s’il ne faut pas s’attendre à avoir sous les yeux un Asimov ou un Silverberg, c’est une lecture intéressante et divertissante.

Maintenant, pour autant que je puisse en juger par cet unique volume paru, il appartient aussi à la catégorie (rare) d’œuvres dont les adaptations s’avèrent globalement plus intéressantes que l’originale, aussi, si vous ne connaissez pas GinEiDen, je vous invite à tenter de le découvrir par sa version animée plutôt que par sa version papier. Mais ça risque d’être un peu difficile, vu que la série d’OVA n’a jamais été officiellement diffusée en France et que le DVD du film d’animation édité par Kazé il y a quelques années est devenu quasiment introuvable. Ceci étant dit, peut-être croiserez-vous en convention une âme charitable qui se fera une joie de vous faire découvrir cet univers.

Du reste, pour en revenir à la version papier, le prochain volume devrait sortir en juillet.

Au revoir; à bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s