Warcraft: Le Commencement

Nous avons la chance, en France, d’avoir un truc qui s’appelle la « Fête du Cinéma » qui permet à bas prix d’aller voir des films… qu’on aurait vu de toute manière, mais bon, c’est moins cher, donc c’est mieux. J’en ai donc profité pour aller voir ce Warcraft tant décrié.

Les orcs ayant bousillé leur monde, Draenor, à coup magie nécrotique, ils sont un peu embêtés et, guidés par un shaman lui-même guidé par une voix mystique, envoient un petit contingent de leur Horde dans le monde d’Azeroth, peuplé d’elfes, de nains et surtout d’humains. L’objectif: rassembler suffisamment de victimes sacrificielles pour ouvrir un très gros portail afin d’amener sur place le gros des troupes. Les humains, eux, n’ont étrangement pas très envie de se laisser buter et le beau-frère de leur roi, Anduin Lothar, va tout mettre en œuvre pour les tailler en pièce, avec l’aide du mage Khadgar et de la demi-orc Garona.

Tout d’abord, je ne suis pas un gros fan de Warcraft et de son univers. Ou plutôt, pas depuis une vingtaine d’années, parce que j’ai quand même plié toutes les campagnes de Warcraft II et ses extensions quand j’étais au lycée. D’ailleurs, c’est un des trois seuls RTS sur lesquels je me sois vraiment longuement attardé sur les campagnes solo, les deux autres étant Dune II (pas dur: il n’y a pas de mode multi) et Age of Empires II (ah, tiens, que des « II »). Donc, même en n’en étant pas super fan aujourd’hui et n’ayant que très, très peu joué au premier épisode, je connais un peu le lore de l’univers. Et c’est assez fidèle à ce dont je me souviens, en fait.

Apparemment, le film est une adaptation libre du roman intitulé Le Dernier Gardien, que je n’ai pas lu (je ne jugerai donc pas de la fidélité du film à celui-ci, d’autant que le titre ne revendique pas cette filiation), et raconte l’ouverture du premier portail, soit environ un demi-siècle avant le scénario du premier épisode vidéoludique: la rencontre frontale entre deux univers, deux cultures, l’une policée, pacifiée et ordonnée, l’autre tribale, brutale et désespérée (parce qu’on parle quand même de gens dont le monde est tellement ravagé qu’ils ne peuvent plus y vivre).

De fait, au contraire de la majorité des adaptations de jeux ou des films de fantasy, celui-ci est un prétexte contextuel pour mettre en scène des problématiques étrangement actuelles de manière métaphorique, comme la question des réfugiés climatiques ou les velléités conquérantes de certaines populations qui se foutent joyeusement d’écraser les autres tant que ça leur permet d’améliorer leur mode de vie merdique. Mais les intentions scénaristiques sont une chose, la mise-en-forme une autre…

… et c’est précisément là que se situe le problème du film. Parce que la réalisation est très… euh… je ne suis même pas certain que le mot « inégale » soit suffisant. Les orcs et les décors en CG sont juste magnifiques, mais les griffons font penser à de la 3D temps réel de PS2. Quant-à tout ce qui n’est pas de la CG… bordel, votre accessoiriste était en taule, ou quoi? Je suis persuadé qu’on peut sans problème trouver des cosplays de nettement meilleure qualité dans les parties de JdR grandeur nature d’un pays du tiers monde!

TOUT, absolument TOUT ce qui devrait être métallique donne l’impression d’être en plastoque et la moindre pierre précieuse d’ornement fait penser à un jouet pour gosse. Si on ajoute à ça que le jeu d’acteur est parfois nanardesque, le moins que l’on puisse dire, c’est que le film n’est pas une réussite.

Est-ce pour autant un échec? Eh bien non. Déjà, il a un réel propos, ce qui lui donne une dimension que n’ont pas la plupart des autres films de fantasy ou adaptations de jeux vidéo. Ensuite, si la réalisation est très inégale, les passages sur les orcs sont franchement bien foutus et le film mérite d’être vu rien que pour ça. Enfin… bin c’est un film sur Warcraft, quoi: évidemment qu’il ne pouvait qu’avoir un côté nanar, puisque c’était déjà revendiqué dans les deux premiers épisodes vidéoludiques, et ça contribue aussi à son charme.

Bref, je n’ai pas regretté ma séance (je regrette, en revanche, que le gros cinéma le plus proche de chez moi ait attendu cette semaine pour y faire tout un tas de travaux).

Au revoir; à bientôt.

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