Suicide Squad

Un film avec des mecs sans foi ni loi en lieu et place des super héros au grand cœur habituel. C’est pas la classe, ça? Un putain de pied de nez aux conventions et la réponse de DC au phénomène MCU qui… que? Quoi? Deadpool? Jamais entendu parler.

Amanda Waller trouve que les meta-humains, c’est pas super lol: ok, Superman était dans le bon camp (celui de l’Amérique de Donald Trump) et Flash a l’air d’être un brave gars, mais qu’est-ce qui nous dit que le prochain ne sera pas dans le camp de Kim Jong Un, ou pire, militant écologiste? Du coup, elle profite de sa position au Pentagone pour monter une petite unité de connards balèzes composée de criminels renommés (Deadshot, Harley Quinn, El Diablo…) sous commandement militaire. Ainsi nait la Suicide Squad, dont le premier job consiste à stopper une archéologue possédée par l’esprit d’une enchanteresse voyageuse trans-dimensionnelle.

Bon, par où commencer? Le jeu d’acteur? Allez. On attendait Jared Leto et Margot Robbie au tournant parce que, hey, c’est quand même du Joker et de Harley Quinn qu’on parle. La prestation du premier n’est pas mauvaise, mais, outre le fait que passer après Heath Ledger, Mark Hamill et Jack Nicholson est plutôt ardu, il semble pour l’instant plus décidé à incarner une petite frappe déjantée qu’un vrai cinglé. Idem pour Margot Robbie, dont le personnage fait plus penser à Juliet Starling de Lollipop Chainsaw qu’à Jinx de League of Legends. Et ce sont malgré tout avec Amanda Waller (incarnée par Viola Davis) et Batman (qu’on voit quelques secondes) les seuls persos un minimum crédibles du film. Sérieusement.

Le reste du casting a soit décidé de jouer n’importe comment, soit de ne pas jouer du tout. Les scénaristes ont semble-t-il cherché à jouer sur la dichotomie entre Deadshot, tueur à gage criminel, et Rick Flag, tueur aussi, mais soldat, donc officiel, peut-être avec la finalité de montrer que la différence n’est pas aussi flagrante qu’il y paraîtrait. Sauf qu’on n’y croit pas du tout. Déjà,  Will Smith en Deadshot, personne n’y croit une seconde. N’étant pas un assidu des DC comics, je suis incapable de dire s’il y est fidèle ou non, mais dans une équipe de villains, on attend autre chose comme simili-leader qu’un brave père de famille tout gentil.

D’ailleurs, dans une équipe de villains, on attendrait, je sais pas, des villains? Non parce que là, c’est juste un carnaval de méchants Disney (et encore, le Prince Jean et Madame Mime étaient plus méchants que certains d’entre eux). En plus, ils sont trop nombreux, trop rushés, trop… rien? À part Deadshot, Harley Quinn et El Diablo (qui frise le ridicule), qui ont droit au développement minimal d’une origin story, que sait-on des autres? Katana a perdu son mari, assassiné, Captain Boomerang est un con égoïste prétentieux, Killer Croc est moche et Slipknot est… hein, il y avait un perso qui s’appelait Slipknot, dans ce film? J’avais même pas remarqué. Bref.

Outre ces personnages pour le moins décevants, le film a droit à une narration pour moins… inégale, dirons-nous. En fait, c’est un peu comme si on avait, en vain, essayé de condenser trois ou quatre films différents en un: un qui tourne autour d’Harley Quinn et du Joker, un autre qui tourne autour de la vie de Deadshot, un autre qui raconte les magouilles d’Amanda Waller… le tout monté à l’arrache. De fait, le rythme est bancal et les relations entre les différents protagonistes semblent totalement forcées, au point que les dialogues des vingt dernières minutes sont à la limite du hors-sujet.

Suicide Squad est un ratage, non pas sur le plan technique (honorable) mais sur le plan de l’écriture (où le désastre est complet). Il avait pas mal de choses sur le papier pour réussir, mais le résultat n’est pas là, la faute, probablement, à la machine consensuelle hollywoodienne. Au final, c’est juste une origin story de plus, ratée car courant trop de lièvres à la fois et n’osant jamais franchir les limites de la bienséance, malgré quelques fulgurances visuelles qui auraient eu, elles, leur place dans un vrai bon film transgressif.

Oubliable, donc.

Au revoir; à bientôt.

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