X-Men vs. Street Fighter a 20 ans

Ça fera bientôt trois semaines que je n’ai rien écrit ici, plus par manque de temps qu’autre chose. Et histoire de faire un peu dans l’originalité, un post anniversaire (soyons fou), sur un jeu de baston particulièrement mémorable; enfin, pour moi, parce que j’ai un peu l’impression qu’il est plus ou moins tombé aux oubliettes. Bref, X-Men vs. Street Fighter sur CPS2.

Alors que l’arcade prenait de plus en plus méchamment dans son cul (la faute à de gros changements dans les habitudes des joueurs mais aussi à des éditeurs/développeurs/constructeurs aux stratégies suicidaires ou dotés du discernement d’une taupe), les jeux de bastons en 2D continuaient néanmoins de sortir à la chaîne chaque année: le succès de Street Fighter II continuait encore 4 ans après sa sortie à faire rêver ceux des développeurs qui n’avaient pas encore succombé aux sirènes des gros tas de polygones moches avec une caméra qui part en vrille.

Capcom avait l’avantage d’être le créateur de la franchise mythique, ce qui, d’une part, l’auréolait d’une certaine crédibilité pour ce genre de jeu, et d’autre part lui fournissait une marque déclinable à toutes les sauces. C’est ainsi qu’on eut droit au film, puis au jeu tiré du film; au film d’animation, puis au jeu (pourri) tiré du film d’animation; à des manga et séries animées oscillant entre le discutable et le très discutable; à des préquelles vidéoludiques (dont l’excellent deuxième épisode, Street Fighter Zero 2, qui a fêté ses 20 ans en février dernier); et enfin à des cross-over, notamment avec la franchise X-Men, dont Capcom avait acheté les droits d’adaptation à Marvel.

X-Men, dans les années 1990, jouissait déjà d’une forte popularité (du moins auprès des lecteurs de comics, parce que le grand public s’en foutait un peu, je pense). Il faut dire que la franchise bénéficiait alors de l’héritage de Chris Claremont, avec des arcs mémorables comme Days of Future Past ou la Dark Phoenix Saga, et qu’une série animée (de qualité certes très inégale) l’avait un peu plus popularisée. Profitant de la hype, Capcom avait sorti sur CPS2, respectivement en 1994 et 1995, un jeu de baston X-Men et un autre estampillé Marvel Super Heroes, deux excellents jeux de combat en leur temps. Sachant que Gouki avait tapé l’incruste en perso caché dans le premier, les bases d’un cross-over entre la série phare de Capcom et la célèbre franchise de comics étaient posées.

Et débarqua donc il y a vingt ans dans les salles d’arcade japonaises ce tag-battle, visuellement très proche du premier jeu de baston X-Men, avec ses persos gigantesques et ses furies qui prenaient plus de la moitié de l’écran. Avec un total de 16 persos (17 en comptant Gouki), le roster se tenait dans les standards de l’époque et présentait suffisamment de variété pour que chacun trouve chaussure à son pied, avec un panel intéressant de mutants et sapiens (on regrettera cependant l’absence remarquée de Psylocke, Colossus, Honda et Sagat).

Il fallait donc choisir deux persos dans cette liste que l’on pouvait faire alterner en combat pour comboter ou sortir une fury en duo dévastatrice (genre une optic blast qui prenait deux tiers de l’écran et un hadôken en mode kamehameha). Et en solo, le big boss du jeu était Apocalypse.

Pour rappel, le jeu est sorti juste quelques mois après la fin, en comics, de l’arc Age of Apocalypse, donc autant dire qu’il était raccord avec son temps et que le choix était pour le moins pertinent. Il inaugurait surtout ce qui allait devenir une tradition dans les cross-over Marvel/Capcom: le boss final qui prend plus de la moitié de l’écran. Bon, il faut bien dire qu’il n’était cependant pas très difficile à battre.

Enfin, puisque le jeu semble avoir rencontré un certain succès en arcade, il fut porté sur Saturn et PlayStation. La première version n’était pas très loin de l’arcade perfect, grâce à une cartouche qui permettait d’étendre un peu la puissance de la bécane de Sega (laquelle a toujours été 2D friendly). Mais la deuxième… ouch… C’est vrai que la PS1 n’a jamais été réputée pour ses portages de jeux de baston en 2D; enfin si, mais dans le mauvais sens (Samurai Shodown 3 avait d’ailleurs été un véritable désastre). Mais là, au-delà de la suppression de frames d’animation, des ralentissements ou bugs graphiques divers… ce n’était tout simplement plus le même jeu: avec l’abandon, pour des raisons purement techniques, du tag battle, le jeu devenait un simple 1 vs. 1 et votre partenaire se voyait réduit à l’état de vulgaire « striker ».

Ceci étant dit, cela n’a pas vraiment nui à la postérité du jeu, puisqu’il a été rapidement suivi d’un relativement décevant Marvel Super Heroes vs. Street Fighter (pas non plus mauvais et avec de bonnes idées de gameplay, mais avec un roster pour le moins discutable), puis d’un très bon Marvel vs. Capcom et d’une « suite directe » à ce dernier, Marvel vs. Capcom 2 (qui proposait un roster de malade à 56 persos); peut-être l’épisode le plus joué en compétition, d’ailleurs, puisqu’il a figuré parmi les jeux de l’EVO pendant quasiment une décennie, avant que son successeur, Marvel vs. Capcom 3, ne prenne le relais en 2011 (soit plus de dix ans après). Et depuis Ultimate Marvel vs. Capcom 3 (fin 2011), plus rien: Disney, actuel propriétaire de Marvel, ne semble plus avoir l’intention de travailler avec Capcom pour le moment. Dommage.

D’autant plus dommage que cela implique que les anciens épisodes ne peuvent être réédités (physiquement ou virtuellement) sans l’accord de la firme aux grandes oreilles et aux dents longues. De fait, on n’est pas près de revoir X-Men vs. Street Fighter en version légale, ce qui est très regrettable puisque, contrairement à MvC ou MvC2, il n’a jamais été porté ailleurs que sur les consoles de son époque. Certes, il tient aujourd’hui difficilement la comparaison avec ses successeurs (à part son successeur direct), mais il reste toujours visuellement accrocheur et très plaisant à jouer.

Pour ma part, il s’agit peut-être du jeu auquel j’ai le plus joué en arcade, tous genres, époques et supports confondus; il faut dire que la salle d’arcade la plus proche de mon lycée (et qui a fermé boutique quelques années après) avait opté pour installer le jeu sur une borne Megalo de Sega, donc autant dire que les conditions de jeu étaient bonnes. Je suis incapable de dire combien de pognon j’y ai lâché; trop, j’en ai bien peur.

Au revoir; à bientôt.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. olegeek dit :

    J’y joue encore 😀 on ne s’en lasse pas
    À bientôt sur http://olegeek.fr

    Aimé par 1 personne

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