Re:Zero – Sisyphe, pauvre con

L’été vient de s’achever et il serait temps de dresser un petit bilan du trimestre d’animation passé. Las, j’ai accumulé pas mal de retard dans la grande majorité des séries que je suivais (boulot + déménagement + vie sociale + etc.) et il n’y en a guère que deux ou trois que j’ai visionné dans leur totalité (et puis certaines ne sont tout simplement pas censées se terminer maintenant, aussi). Re:Zero – kara Hajimeru Isekai Seikatsu fait partie de ces quelques exceptions. Commencée début avril, elle avait été LA bonne surprise d’un printemps pour le moins morose (voire pourrave); qu’en a-t-il donc été par rapport à la saison suivante, beaucoup mieux fournie en termes qualitatifs?

Petit résumé rapide: Subaru Natsuki, en revenant du konbini du coin, se retrouve catapulté dans un monde de fantasy à clichés. Et il y meurt. Puis, comme si tout ça n’était qu’un vulgaire Action-RPG hardcore à la Dark Souls, il ressuscite à son dernier « point de sauvegarde auto ». Et re-meurt. Voilà, vous avez compris le principe: toute la narration de la série tourne autour des morts et résurrections de Subaru et sa capacité à apprendre de ses erreurs; ou pas.

Mais bon, ce n’est pas comme si Subaru avançait sans but: il y a cette fille aux cheveux argentés, Emilia, demi-elfe aux magies bourrines, protégée d’un noble mage et prétendante à la couronne locale, à laquelle certaines puissances occultes semblent vouloir du mal. D’ailleurs, il n’y aura jamais qu’Emilia dans le cœur de Subaru, et si on avait pu craindre un moment une dérive harem (puisqu’il tente régulièrement de s’attirer les sympathies d’autres femmes), cette crainte s’est avérée infondée. Tant mieux.

Re:Zero est une réussite. Si sur la question du design, elle s’avère très peu novatrice et même d’un profond classicisme, c’est au niveau de la narration et du traitement des personnages qu’elle arrive à tirer son épingle du jeu. Et pas qu’un peu: Subaru est profondément humain, oscillant entre le détestable et l’admirable, le ridicule et l’héroïque, le stupide et le calculateur; chacune de ses morts apporte son lot d’espoirs et de résignations, voire de désespoir, mais il tient le choc car il sait que son abandon signifierait la fin d’Emilia.

Orgueilleux au point d’en être trop souvent prétentieux et imprudent (ce qui le mène régulièrement à sa perte), Subaru évolue au fil de ses morts vers une forme de maturité, tout en gardant son enthousiasme communicatif (et ce malgré quelques passages à blanc pour le moins déprimants).

Même s’il y a des redondances dans l’événementiel (c’est le principe des récits à la Un jour sans fin/Endless Eight/All you need is Kill), il n’y a pas vraiment de répétition: même dans les boucles les plus récurrentes, Subaru, en dépit de sa naïveté, est suffisamment lucide pour apprendre à avancer vers un chemin différent, en tenant compte des rapports de force ou des rapports humains; car oui, il lui faut également tenir compte du contexte politique local, des craintes superstitieuses des uns et des intérêts économiques ou stratégiques des autres.

Bon, par contre, c’est vrai, certaines de ses réactions sont viscéralement stupides; mais bon, une mort bien sentie avec l’humiliation qui va bien, et ça repart. À ce sujet, certaines morts sont… très connes, je ne vois pas d’autre mot. Enfin, je ne vais pas spoiler.

Parce que Re:Zero est une série à voir; il y a eu ces dix dernières années une pléthore de séries inspirées de la pratique des RPG (MMO ou non) et si certaines tiraient leur épingle du jeu, celle-ci se situe encore un cran au-dessus. Les aspects « mécanique de RPG » sont ici relativement discrets, et seuls les éléments de lore (qui pourraient d’ailleurs très bien être ceux d’un roman de fantasy lambda) ainsi que les repop à la dernière save de Subaru pourraient nous y renvoyer.

Cette dernière mécanique est d’ailleurs suffisamment bien amenée pour que l’on n’ait pas systématiquement envie de gueuler à son voisin « putain, tu joues comme un pied, file-moi le pad » avant de se rappeler qu’on n’est pas en train de jouer; contrairement à Edge of Tomorrow (enfin, moi, c’est l’effet que le film m’a fait). Même lorsque Subaru est vraiment très très con.

Je suis en général méfiant vis-à-vis des adaptations de web novels & light novels, mais celle-ci fait pour l’instant partie des exceptions; enfin, je m’avance peut-être: les premières saisons de Sword Art Online & Log Horizon laissaient présager du meilleur et rien ne dit que la suite de Re:Zero, s’il y en a une, sera du même acabit. Après, peut-être que la série qu’on vient d’avoir couvre l’ensemble de l’histoire, je n’en sais rien, je n’ai pas vérifié (j’en doute quand même vu le nombre de questions encore en suspens à la fin).

Si Ofelbe avait la bonne idée de tenter d’acquérir les droits du LN, ce serait l’occasion de vérifier.

Au revoir; à bientôt.

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