ReLIFE – À nos actes manqués (bis repetita)

Il arrive parfois que la routine ronronnante des circuits de diffusion d’anime se brise inexplicablement. ReLIFE constitue à ce titre un cas particulier, puisque la série à été d’abord intégralement balancée en streaming avant même de passer à la TV (les semaines suivantes). Le scénario de cette série serait-il donc à ce point exceptionnel qu’il faille chambouler les habitudes? Pas tellement, en fait.

Arata Kaizaki, jeune chômeur de 27 ans, a quitté son dernier boulot après une expérience pour le moins traumatisante du monde du travail. Vivotant et incapable de trouver un nouveau job, il croise un jour la route d’un employé de la société ReLIFE, Ryô Yoake, qui lui propose… une pilule bleue. S’il l’ingère, il pourra participer à un programme expérimental de réinsertion, mais devra dans un premier temps revivre une année de lycée, la pilule servant à lui redonner une apparence d’ado de 17 ans.

Arata retrouve donc dix ans après le chemin des salles de classes… pour constater que les temps ont quand même un peu changé par rapport son époque, même s’il reste des constantes plus ou moins intemporelles: l’interdiction de fumer est toujours d’actualité et même après plusieurs années d’études, il y a encore des matières qui lui posent des difficultés. Et puis, il y a les potes.

Parce qu’Arata est tout de même un peu obligé de se sociabiliser, sans trop montrer de différence de maturité sous peine d’être grillé. Fort heureusement pour lui, il se trouve que Ryô joue le rôle d’un lycéen dans la même classe que lui, histoire de le superviser et le conseiller un peu. Toujours est-il qu’il arrive à se lier d’amitié avec une demi-douzaine de ses « camarades » (qui portent tous le nom d’une gare ferroviaire) et avec lesquels il interagira une année durant (et dont il partagera les confidences, les joies, les peines et tout ce qui va avec). De la slice of life, donc.

Les fictions à base de regrets et retours en arrière pour tenter de réparer semblent un peu à la mode, ces derniers temps, en anime, avec les adaptations de Erased et Orange. ReLIFE, au premier abord, a l’air de suivre le même chemin, avec une sorte de « retour aux sources » pour Arata. Mais ReLIFE se démarque cependant des autres, d’une part car il n’y a pas de fil rouge dramatique avec mort finale à la clef (les morts ici appartiennent au passé), et surtout, d’autre part, car ce n’est pas SON expérience personnelle passée du lycée qu’Arata revit, mais bel et bien une nouvelle année dans un nouveau bahut avec de nouvelles têtes, soit une sorte de nouveau départ complet qui doit lui permettre de se ressaisir après sa démission dans des circonstances dramatiques.

Le message de l’anime est dès lors clair: impossible de revenir en arrière, le passé appartient au passé et il va falloir vivre avec. Si Orange avait plus ou moins évoqué l’impossibilité de modifier le futur, ReLIFE semble aller plus loin dans cette démarche: si Arata veut aller de l’avant, il devra tirer profit de cette nouvelle année scolaire, 10 ans après, en surmontant ses souvenirs douloureux.

Néanmoins, plus que lui-même, ce sont finalement ses « camarades » qui vont le plus profiter de sa présence au lycée: la taciturne et renfermée Chizuru apprendra grâce à lui à s’ouvrir aux autres, Rena et Kazuomi apprendront à comprendre leurs sentiments, et An… joker (sous peine de spoiler).

Je ne vais pas y aller par quatre chemins: ReLIFE vaut le coup d’être vue; du moins si vous avez plus de 25 ans et une petite expérience professionnelle derrière vous (vous savez, les heures-sup-non-rémunérées-mais-vous-inquiétez-pas-on-va-s’arranger, tout ça). Dans le cas contraire, vous risquez bien d’être hermétique à l’enjeu principal.

En effet, bien que le gros de l’histoire se déroule au lycée, cette dernière repose sur le point de départ qu’a été le traumatisme d’Arata dans l’entreprise qu’il a quitté. ReLIFE questionne le rapport (pathologique?) des Japonais au monde du travail, présenté sous un jour pour le moins sinistre (hypocrisie constante, harcèlement, sexisme, rythmes intenables, etc.), par le biais d’Arata mais également, d’une certaine manière, de Ryô, pour lequel Arata constitue une sorte de seconde chance après ce qu’on nous présente, dans un premier temps, comme un échec cuisant du programme de ReLIFE. Si bien qu’au fond, tout ce que nous montre l’anime est la conséquence du travail de Ryô, comme si l’on ne pouvait jamais vraiment en sortir.

ReLIFE est une bonne surprise. N’ayant pas lu le web-manga dont elle est tirée, je suis incapable de dire si elle lui est fidèle ou non (ni même quelle partie de celui-ci elle recouvre, car ce n’est manifestement pas la totalité), mais si suite il y a, je pense que je la suivrai.

Au revoir; à bientôt.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. zalilfalcam dit :

    L’adaptation est très fidèle, mais limite, je recommande plus volontiers l’animé, le style et le rythme du emanga sont pas foufous.

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    1. tommyloser dit :

      Merci pour ces précisions. Et pour le lien; je connaissais le Lancer de Galaxie du Dentifrice, mais pas l’Omni Dentifrice Appreciation Society. ^^

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    2. zalilfalcam dit :

      Haha, je suis comme DC je reboot tous les 3 ans.

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