Alderamin on the Sky

Depuis le désastre qu’à été Madan no Ô to Vanadis, je suis toujours circonspect quand un LN de fantasy se voit adapté à l’écran. La masse de merdes vaguement inspirées de RPG ou de MMO qui sont chiées chaque année, tous supports confondus, ne sont pas franchement de nature à me faire changer d’avis. Mais bon, vous savez ce que c’est: le caca est un excellent engrais, et il arrive parfois que fleurisse une œuvre intéressante sur ce tas de bouses (comme Rokka no Yûsha, par exemple). Qu’en est-il d’Alderamin on the Sky? Purin ou jolie plante?

L’empire de Katjvarna est au bord de l’effondrement: dépassé techniquement et structurellement, il essuie défaite sur défaite face à la république de Kioka. Il en faut néanmoins davantage pour dissuader Ikta Solork, jeune glandeur/dragueur et cependant brillant tacticien, de ne pas suivre son amie d’enfance Yatorishino Igsem, l’une des meilleures épéistes de sa génération, à l’académie militaire de l’empire.

S’étant par la force des choses lié d’amitié avec quelques autres talentueux futurs officiers et même avec la princesse héritière (moui, rien que ça), Ikta doit faire ses preuves, d’abord à l’académie, puis lors de sa première affectation, dans le nord du pays, dans une zone où l’ethnie locale, les Shinaaks, conteste le pouvoir militaire impérial et où l’influence de la république commence à se faire sentir.

Essayer de savoir si l’on est avec Alderamin on the Sky plus proche de Rokka no Yûsha que de Madan no Ô to Vanadis n’a tout bien considéré ni grand sens, ni grand intérêt, puisqu’on se situerait plutôt quelque part entre GinEiDen et Arslan Senki. En plus simpliste, quand même, mais force est de constater qu’on y retrouve certains des éléments fondamentaux des deux œuvres de Yoshiki Tanaka, comme l’idée d’un empire puissant mais dépassé et qui doit impérativement se réformer sous peine d’anéantissement, celle de l’émergence de jeunes brillants stratèges et tacticiens aux méthodes hétérodoxes voire iconoclastes dans deux camps antagonistes, ou celle des jeux de pouvoirs internes et des luttes intestines qui vont limiter la marge de manœuvre des protagonistes (voire leur coûter plus cher qu’une bataille rangée face à l’ennemi).

Pour autant, cette comparaison rencontre ses limites: de la géopolitique du continent où se déroule l’histoire, on ne saura finalement que peu de choses, juste qu’outre l’empire et la république, il existe également une petite théocratie, Aldera, manifestement inspirée du Vatican et qui entend bien jouer son rôle dans cette grande partie d’échec.

Esthétiquement parlant, le premier constat que l’on peut dresser est que le chara-design est largement moins branché « fan-service » que ce que laisserait entendre la couverture japonaise du premier light novel (qui montre Yatorishino dans une tenue pour le moins affriolante; et néanmoins très jolie, mais c’est une autre histoire): l’habit réglementaire sera ici l’uniforme militaire katjvarnien, inspiré des uniformes des armées modernes auxquels il emprunte la sobriété. Cette sobriété se retrouve d’ailleurs dans l’essentiel des décors, austères, peut-être inspirés de l’Amérique andine et de ses paysages montagnards.

Dernier petit détail (et non des moindres puisqu’il est relatif à un double casus belli): tous les humains de cette histoire sont accompagnés d’un petit esprit élémentaire personnel capable de magie basique spécialisée (faire de la lumière, allumer un feu, brasser de l’air, etc.), ce qui constitue pour l’heure le seul élément de fantasy dans cet anime. C’est cependant ce petit détail qui donne son nom à l’anime, Alderamin étant, selon les croyances katjvarniennes et alderiennes, la divinité unique dont le pouvoir se manifeste par l’existence de ces petites créatures spirituelles.

Quant-à l’histoire en elle-même, elle est plutôt intéressante et située dans un contexte assez pertinent où les antagonismes culturels jouent un rôle prépondérant, notamment entre Katjvarniens (peuple des plaines, monothéiste) et Shinaaks (peuple des montagnes, animiste), entre réformateurs scientistes (comme Ikta) et conservateurs dogmatistes (comme une majorité d’officiers supérieurs), entre républicains (en apparence progressistes) et impériaux (en majorité traditionalistes).

Bref, tout ça est fort joli mais… il se trouve que treize épisodes seulement pour brasser de telles thématiques, c’est quand même très, très peu. De fait, on a finalement le sentiment, au sortir du visionnage de cette « première saison » (je ne sais pas s’il y en aura d’autres, ceci dit) qu’on n’a assisté qu’à la longue introduction de ce qui pourrait être une grande fresque dramatique. Ce que nous incite en tout cas à penser la fin très ouverte proposée par le treizième et pour le moment dernier épisode d’Alderamin on the Sky.

Si on ajoute à cela que le mot « subtilité » a été banni du vocabulaire de certains dialogues (le personnage de Jean Arkinex se coltinant à ce titre des répliques fort ridicules), on pourra s’interroger sur l’intérêt de regarder cette série, si elle ne connaît aucun lendemain. Et à vrai dire, je ne pense pas qu’elle ait d’autre intérêt que de servir de préambule à la suite, mais encore faudrait-il que suite il y ait.

Alors, purin ou jolie plante? Mauvaise herbe, dirais-je, en rappelant que le myosotis des champs et l’adonis d’été ont beau être considérées comme des mauvaises herbes, ça ne les empêche pas d’être agréables à l’œil. Plus qu’à planter autre chose pour la mettre en valeur.

Au revoir; à bientôt.

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