À Chier Boys??

Par delà ce titre putassier au possible (avouez-le, vous avez cliqué sur le lien juste à cause de ça) se cache en fait une interrogation réelle: je suis bien incapable de dire si Cheer Boys!! est un anime passable ou une vraie bouse. Seule certitude: on est loin du chef-d’œuvre intemporel.

Cheer Boys!!, ou Cheer Danshi!! sous son titre original, est centré sur Haruki Bandô, judoka démissionnaire (ce qui emmerde bien sa grande sœur, compétitrice dans ladite discipline rineresque) et étudiant de l’université locale. Il est enrôlé par son camarade et ami d’enfance Kazuma Hashimoto pour monter le premier club de cheerleading 100% masculin du Japon. L’anime s’attachera donc à nous montrer leurs difficultés à rassembler et maintenir une équipe viable, leurs entrainements, leurs compétitions… Le tout avec un chara-design de Hiroyuki Asada.

Cool, devrait-on se dire, ça doit être un peu comme un I’ll en plus couillu, vu que la discipline sportive choisie n’est clairement pas la plus positivement connotée dans un pays où le sexisme est encore (malheureusement) monnaie courante; parce que oui, on parle bien de cheerleading à l’américaine à base de chorégraphies acrobatiques et mini-jupes, pas de ôendan à base de… bruit et drapeaux? Bref. Où ça coince?

Eh bien un peu partout, en fait. Du moins, à partir de la deuxième moitié de la série, parce que les cinq premiers épisodes tiennent plutôt bien la route (et j’irai même jusqu’à conseiller de les regarder, sans aller nécessairement plus loin). Mais le sixième introduit non-moins de neuf personnages (dont huit d’un coup), dans une équipe qui en compte déjà sept (auxquels il faut ajouter les persos secondaires)… sachant que la série ne fait qu’une douzaine d’épisodes au total. Autant dire que niveau développement, ça n’a pas franchement le temps de s’envoler bien haut et qu’une grande partie ne sont que des fonctions ou des éléments de décor (ça s’appelle « l’effet Mayoiga » je crois).

Mais au-delà de ça, cette deuxième moitié laisse un goût amer de bâclage et de complaisance dans la facilité (jusque sur le plan technique, d’ailleurs). Car, au fond, elle est traitée presque complètement à la manière d’un anime sportif lambda, cuit à feu doux dans son lit de clichés et accompagné de sa sauce aux poncifs, relevée d’un léger fumet de lieux communs. Les spécificité du cheerleading, pourtant le cœur de l’anime, s’effacent devant les impératifs du scénario, si bien qu’il aurait pu s’agir de basket, de kungfu, de hip-hop ou de pétanque que ça n’aurait pas changé grand-chose au final. Alors que c’était précisément là que se trouvait l’originalité de l’histoire.

Il y avait un gros truc à bâtir là-dessus, par exemple sur les difficultés à faire accepter qu’une discipline très souvent associée à la féminité soit pratiquée par un groupe exclusivement masculin, les railleries ou vexations diverses que cela pourrait engendrer et j’en passe. Sans oublier les problèmes spécifiques à la pratique du cheerleading, dont il est effectivement question, mais qui sont traités comme… seraient traités des problèmes de footballeurs ou de gymnastes, en fait.

Quelque part, c’est un peu comme si les scénaristes avaient décidé de mettre de côté leur thème de départ et voulaient juste coller de la slice of life de mecs qui s’entendent plus ou moins bien dans une équipe de [insérez le sport de votre choix]. Ce n’est pas un hasard si une bonne partie des prestations des « Breakers » sont totalement éludées, et que la représentation finale (le « clou » de l’anime) mélange images de flashbacks, plans fixes et séquences reprises du générique à quelques nouvelles animations.

Pourquoi des flashbacks, me demanderez-vous (ou pas, puisque je sens que vous commencez à ne plus rien en avoir à foutre; et ça tombe très bien, puisque, manifestement, le staff de production non plus)? Eh bien parce que c’est l’occasion de montrer l’évolution des personnages et de leur caractère, l’anime obéissant, aussi, à des logiques de coming of age fictions. Et c’était, sur le papier, une bonne idée, en fait.

Car, au fond, nous avons affaire à des étudiants qui se cherchent et se trouvent (plus ou moins) grâce au cheerleading, s’acceptent ou acceptent les autres, apprennent à surmonter leurs difficultés et leurs peines, bref, gagnent en maturité. Le tout traité en moins de quatre heures, pour plus d’une quinzaine de personnages, alors autant dire que c’est torché pour les trois quarts d’entre-eux, et il n’y a guère que Shô (le plus expérimenté de la bande en cheerleading et celui qui en a eu l’expérience la plus négative), Haruki et Kazuma qui parviennent à réellement tirer leur épingle du jeu; en même temps, ce sont les seuls persos un peu développés de l’histoire.

Au final, ce qui ressort de Cheer Boys!! est une impression de gâchis (et de déjà vu, paradoxalement), mais c’est cependant loin d’être le pire anime de l’année, domaine dans lequel la concurrence est bien rude depuis le printemps dernier. Donc pas si à chier que ça, en fait.

Au revoir; à bientôt.

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