Durarara!! 1 & 2

Celui-là, ça faisait un petit moment qu’on l’attendait: avec le succès d’estime rencontré par l’adaptation animée par le passé et l’essor actuel des publications de LN en France (même s’il se limite surtout pour le moment à un éditeur principalement), ç’aurait été tout de même surprenant qu’on n’y ait pas droit. 2016 aura donc été l’année de la publication des deux premiers tomes de Durarara!! version light novel en français; soit plus de dix ans après sa publication au Japon. Purée.

Avant toute chose, un peu de contextualisation; cinq ans auparavant avait été diffusé à la TV japonaise un drama qui avait rencontré un franc succès, Ikebukuro West Gate Park (IWGP pour les intimes). Adaptation du roman éponyme de Ira Ishida, il racontait la vie de jeunes (et moins jeunes) gens du quartier, entre bastons de gangs, enquêtes policières, visites au soap land du coin et réassort du magasin de légumes de maman. Outre une histoire assez rondement menée pour ce type de format, oscillant entre le sordide et le burlesque, le drama se caractérisait surtout par son casting, puisqu’on y retrouvait, entre autres stars du moment, Ken Watanabe et un alors tout jeune Tomohisa Yamashita (qui a dernièrement joué le rôle titre dans une adaptation en série TV de Flowers for Algernon de Daniel Keyes, un roman absolument poignant que je vous enjoins de lire au plus vite si ce n’est pas déjà fait; pour le drama, je ne sais pas, je ne l’ai pas vu). Bref.

Le rapport avec Durarara!!? Bin en gros, vous prenez IWGP, vous recentrez l’histoire sur un trio de lycéens, vous rajoutez du surnaturel, et vous obtenez à peu de choses près Durarara!!. L’auteur ne s’en cache d’ailleurs pas vraiment et n’hésite pas à le citer nommément dans le texte à plusieurs reprises; après tout, il vaut mieux une référence assumée qu’un plagiat maladroit.

Ces deux premiers volumes d’une longue histoire qui en compte treize nous content l’arrivée du provincial Mikado Ryûgamine à Tokyo et sa découverte de la ville en compagnie de son ami d’enfance Masaomi Kida, sa rencontre avec Anri Sonohara (la jolie déléguée de sa classe) et avec un nombre impressionnant de phénomènes de foire d’Ikebukuro, de l’immigré russe noir à la force herculéenne qu’est Simon Brezhnev à l’informateur douteux qu’est Izaya Orihara, en passant Celty Sturluson, la motarde sans tête, et Shizuo Heiwajima, l’homme le plus fort et le plus soupe-au-lait d’Ikebukuro. S’y trouvent les deux premiers arcs et les prémisses du troisième, soit l’arc « Dollars » où le groupe mystérieux éponyme prend de l’ampleur tandis que Anri enquête sur la disparition de sa meilleure amie, et l’arc « Saika » où un stabber s’amuse à poignarder les gens au pif dans les rues d’Ikebukuro, avec à la fin du deuxième volume ce qui ressemble plus ou moins à un teasing sur l’arc « Yellow Scarves » à venir.

Ayant adoré la série TV, je dois dire que j’étais assez impatient de découvrir l’œuvre dont elle était adaptée. Et… eh bien, je ne sais pas trop quoi en penser, si ce n’est qu’une adaptation animée était peut-être la meilleure chose qui pouvait lui arriver tant le résultat rend honneur au matériau d’origine. Quant-au matériau d’origine en lui-même… ce n’est pas qu’il soit mauvais, mais plutôt qu’il lui est difficile d’épanouir son histoire sur le seul papier. C’est un reproche que je fais très régulièrement… non toujours, en fait, aux LN: leur style est si lapidaire qu’ils constituent presque en l’état un scénario directement exploitable à l’écran sans remaniement, qui du coup gagne en intensité par ses nouvelles dimensions visuelles et sonores. Et Durarara!! ne fait pas véritablement exception, d’autant que, je le répète, l’adaptation était particulièrement réussie à tous les niveaux (du moins pour les arcs concernés, s’entend).

N’ayant jamais mis les pieds à Ikebukuro, il m’est impossible de dire si, fioritures surnaturelles mises à part, la description générale en est crédible et en reflète un tant soi peu l’ambiance à cette époque. À ce sujet, si l’un des meilleurs moyens d’ancrer un récit dans une époque est le placement de produit (on ne va pas se mentir) et a fortiori de produits culturels,  dans le cas de Durarara!! version écrite, c’est un peu beaucoup carrément trop forcé (ne vous inquiétez pas, nous allons tous très bien dans ma tête). Parce que les personnages de Walker & Erika, les deux otaku de service, ne se contentent pas de sortir des références à la « culture visuelle post-moderne » toutes les deux phrases, ils nous gratifient également de quelques formules publicitaires bien lourdingues du type « on est quel jour? Oh, mais c’est le jour des sorties des publications de Dengeki Bunko! Allons les acheter! » et autres trucs du genre, qui n’apportent finalement rien au récit, si ce n’est une pub gratuite pour l’éditeur et les collègues auteurs.

Le récit, justement, tient plutôt bien la route, mais si vous avez déjà vu la version animée, vous pouvez facilement faire l’impasse dessus. Reste que Durarara!! demeure un incontournable parmi les LN, peut-être moins pour ses qualités intrinsèques que pour ce qu’il représente: une époque de la culture pop japonaise. Autrement dit, une bonne petite idée de cadeau à caser sous le sapin, pour peu que votre cible ne soit pas hermétique à la littérature pour ados. Et puis, il y a les illustrations de Yasuda, qui sont plutôt jolies.

Au revoir; à bientôt.

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