SCUD Race a 20 ans

Si on me demandait quel est le meilleur jeu de bagnole, je répondrais… que je n’en sais rien: ça fait bien trop longtemps que j’ai lâché l’affaire. Depuis Out Run 2006, pour être précis (donc ça fait dix ans). Par contre, je suis intimement persuadé que SCUD Race est ce que l’AM2 de Sega a développé de meilleur en termes de course arcade dans les années 1990.

Renommé Sega Super GT en Amérique du Nord (en même temps, si on ne sait pas que le premier mot du titre est un acronyme, ça peut prêter à confusion), le jeu se proposait de mettre au joueur une petite baffe graphique dans la gueule (je vous parle d’un temps où Gran Turismo n’était pas encore sorti; et il faisait pâle figure face à SCUD Race de toute façon). En effet, l’AM2 avait choisi d’utiliser un upgrade de la Model 3 (Step 1.5), hardware qui demeura jusqu’à la sortie de la Naomi l’un des plus performants en arcade (c’est là-dessus que tournait également The Lost World, un des meilleurs rail-shooters de sa génération). De fait, visuellement, ça pétait.

Bon, par contre, on avait là un jeu dans les standards des années 1990, la période où un jeu de rallye avec trois bagnoles et quatre circuits pouvait être considéré comme le meilleur jeu de caisse sur console de son temps (c’est-à-dire l’année précédant la sortie de SCUD Race)… et ça se sent. « Seulement » quatre véhicules et autant de circuits, c’est très, très peu selon les standards des années 2000 (et ultérieures), et en même temps, bin, c’est un jeu d’arcade: la profondeur tenait moins à sa variété qu’à sa rejouabilité et son aspect compétitif, que ce soit au scoring ou en multi; et de fait, ne disposer que d’un nombre limité de possibilités en devenait presque un atout, laissant facilement aux joueurs assez de temps pour se familiariser avec tout ça sans avoir à hypothéquer la baraque de papa.

Le jeu laissait donc le choix entre une Porsche 911, une Dodge Viper, une McLaren F1 et une Ferrari F40 pour courir sur des circuits aux zones tantôt très urbaines (ceux de l’aéroport ou de l’aquarium, mon préféré), tantôt… pas très urbaines (ceux des ruines ou de la cité médiévale, ce dernier étant le plus chaud). Mais surtout, les designers avaient eu un réel souci du détail, rendant le jeu très intéressant rien que sur le plan esthétique (des détails du type « oh, regarde, dans le tunnel aquatique, il y a un dauphin qui essaie de faire la course avec toi » ou autres).

Ceci étant dit, cela n’avait rien de particulièrement anormal, vu le passif de l’AM2 en la matière (il s’agit du studio derrière, entre nombreux autres, Out Run et Daytona USA, et on ressent bien une certaine filiation avec ces deux jeux). Mais juste… wow, quoi. Imaginez la claque qu’on pouvait se prendre quand on découvrait ça en salle d’arcade entre les bornes de Sega Rally et Rave Racer… sans même parler de comparer avec ce qui se faisait sur les consoles de salon à la même époque.

Et puisqu’on en parle, ce jeu appartient à la catégorie (rare) des jeux de caisses arcade de Sega à n’avoir jamais connu de portage en dehors de leur support d’origine (le seul autre exemple qui me vienne à l’esprit est Indy 500), et ce alors que même le discutable Sega Touring Car avait eu droit à ses versions console & PC. Et c’est d’autant plus désolant que le jeu avait été annoncé sur Dreamcast, avant d’être inexplicablement annulé (peut-être Sega a-t-il voulu privilégier le portage de Le Mans 24, sorti lui aussi sur Model 3 Step 1.5 mais plus récent).

En arcade, un « upgrade » du jeu est sorti l’année suivante, sous le titre SCUD Race Plus, avec un nouveau circuit (une chambre de gosse; moui) et de nouveaux « véhicules » (des jouets en forme de tank, de bus ou de chat). Et depuis, eh bien plus rien, il s’agit (encore) d’une franchise morte, même si quelques vagues références semblent s’être glissées dans Out Run 2.

Après, soyons lucides: ce jeu a pris un sacré coup de vieux et ne tient en aucun cas la comparaison avec ne serait-ce que les standards d’il y a dix ans. Mais la nostalgie aidant, c’est encore avec plaisir que je le retrouve (de plus en plus rarement, hélas!) en salle d’arcade.

Au revoir; à bientôt.

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