Le MO6 a 30 ans

Ou pour être exact, il a fêté ses trente ans en septembre dernier. Bien évidemment, nous parlons-là d’une époque pour laquelle il est difficile d’avoir des dates de sortie beaucoup plus précises. Un peu comme pour les dates de sorties en arcade (je suis incapable de dire, par exemple, quel jour de 1996 sont sortis précisément Last Bronx ou SCUD Race; mais les mois sont bons, par contre). N’empêche que j’ai trois mois de retard au compteur, ce qui m’ennuie un petit peu, puisque le Thomson MO6 a été d’une part mon premier contact avec un hardware 8 bits, et d’autre part mon premier contact avec la micro.

Le Thomson MO6 était une évolution du MO5 de 1984, avec plus de RAM, plus de ROM, de meilleures capacités graphiques et, summum de la technologie, un lecteur cassette de série. Ce qui implique que le simple fait de vouloir lancer un jeu prenait au minimum une dizaine de minutes (et ça, c’est dans le meilleur des cas). Bien sûr, il y avait un port cartouche, mais à titre personnel, je n’ai jamais eu de jeu sur ce format. Oh, et en guise d’OS, on avait droit à BASIC 1.0 (donc tout en invit’ de commande, évidemment).

En termes de jeux, la machine était totalement rétro-compatible avec le MO5, et bénéficiait donc d’une ludothèque pour le moins conséquente dès sa sortie… d’autant que c’était l’époque où Infogrames était encore considéré comme un acteur crédible et compétent du jeu vidéo (eh oui, fut un temps…). Certains jeux étaient juste de mauvaises blagues, comme Bob Morane: Science Fiction, jeu franchisé torché à l’arrache. Mais d’autres rivalisaient avec les meilleures productions micro de l’époque, comme Entropie, jeu d’exploration en vue isométrique (comme une sorte de Solstice en version monochrome et à la sauce SF, mais avec le même genre de difficulté d’enfoiré). De ces jeux, trois ont particulièrement marqué mon enfance de joueur.

Le premier était un clone de Boulder Dash nommé La Mine aux Diamants. La même came que l’original, très bon jeu de son genre en son temps, mais en plus coloré. Ce qui est amusant, c’est que leurs noms respectifs mettaient l’accent sur deux aspects différents mais pourtant communs aux deux jeux: il s’agissait dans les deux cas de creuser pour essayer de ramasser des pierres précieuses, tout en évitant de se faire écraser par les rochers qui ne manquaient pas de nous tomber sur la gueule dès qu’on avait déblayé un peu de terre. Une fois le quota de diamants fixé pour chaque niveau atteint, il fallait rejoindre la sortie en esquivant des… trucs? Enfin, des machins qui tuent quoi. Avec évidemment quelques singularités et spécificités  dans les différents tableaux, qui tenaient davantage du puzzle game que d’autre chose. C’est le premier jeu auquel j’ai joué sur ce format.

Le deuxième était une sorte de plateformer qui jouait la carte de l’exploration: Saphir. Apparemment entièrement réalisé par une seule personne (Eric Szymkowiak, dont je n’ai jamais trop su s’il s’agissait d’un pseudonyme), le jeu vous mettait dans la peau d’un prospecteur futuriste, lâché en zone sauvage avec un jet-pack, un fusil laser et quelques bombes. L’objectif était évidemment de ramasser un maximum de saphirs, tout en essayant de survivre à la faune hostile et aux pièges divers… sans aucun espoir de sortir un jour de cet endroit: le jeu n’avait pas de véritable fin. De fait, tout son intérêt résidait dans la survie et le scoring. Probablement le jeu auquel j’ai le plus joué sur MO6.

Le dernier enfin, était une sorte point’n click catégorisé par l’éditeur dans les jeux éducatifs. Intitulé Vie et Mort des Dinosaures, il vous mettait, en gros, dans la peau d’Allan Grant cinq ans avant la sortie de Jurassic Park: l’objectif était de parcourir les champs de fouille et de déterrer SANS les péter autant de fossiles que possible, chaque découverte étant accompagnée d’une petite notice explicative. Le dernier fossile à déterrer étant le tatou d’Infogrames. Moui. Pour la petite histoire, Bruno Bonell était apparemment persuadé que ce mammifère tout ce qu’il y a de plus « moderne » était un dinosaure et un fossile vivant, justifiant son utilisation comme symbole de la marque par sa capacité à survivre à toutes les catastrophes… ce qui est très ironique quand on sait ce qu’il est advenu d’Infogrames par la suite. Pour en revenir au jeu, c’est con à dire, parce qu’en termes de mécaniques, l’intérêt était pour moins limité (ce qui ne l’a pas empêché de décrocher un Tilt d’Or en 1986, en compagnie de Billy la Banlieue), mais le gamin que j’étais l’adorait.

Pour en revenir au MO6, eh bien il s’est plutôt bien vendu en France (déjà du fait des achats massifs de micros Thomson par le Ministère de l’Éducation nationale), pendant 3 ans. En effet, la production a été suspendue en 1989. En même temps, l’Amiga 500 est sorti en 1987, donc bon…

De nos jours, jouer à un micro à cassette relève du masochisme. C’est sûr que ça a un charme vintage, mais c’est une machine qui est émulée depuis plus de dix ans (comme les autres machines de Thomson, d’ailleurs). Alors à part pour la collec’ ou pour une soirée à thème retrogaming entre potes, je ne vois pas trop… oui, bon, ok, j’essaie de me consoler de ne plus avoir le mien. J’ai encore les jeux, par contre. Je ne peux pas dire que je m’en serve beaucoup, ceci dit…

Au revoir; à bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s