Premier Contact

… ou Arrival dans son titre original (à ne pas confondre avec le décevant DLC de Mass Effect 2) est un film de science-fiction de Denis Villeneuve et… est un peu l’anti-Independence Day de cette année. Rien que ça justifie que vous bougiez vos fesses jusqu’à la salle de cinéma la plus proche. Voilà qui est dit.

Le film s’ouvre sur une séquence biographique qui nous montre la courte vie d’Hannah Banks, de sa naissance à la phase terminale de son cancer précoce, sous les yeux éplorés de sa mère, Louise Banks. Cette dernière est une linguiste de talent à laquelle l’armée américaine a déjà fait appel par le passé, aussi est-ce elle que vient chercher le colonel Weber pour tenter de communiquer avec les trucs vivants qui habitent l’un des douze vaisseaux mystérieux récemment arrivés sur Terre. Et qui n’ont toujours pas fait part de leurs intentions, malgré la très forte agitation qu’ils provoquent.

Il s’agit du meilleur film de SF que j’ai pu voir cette année (ce qui n’était certes pas trop difficile vu la gueule de la concurrence, mais passons). Adapté d’une nouvelle doublement primée (Nebula & Sturgeon) de Ted Chiang (Story of Your Life), il est parfois comparé à Rencontre du Troisième Type (un des meilleurs films du genre). À raison, certes, mais c’est un peu réducteur: on peut retrouver en effet sous la pâte de D. Villeneuve des éléments esthétiques inspirés, entre autres, de 2001, l’Odyssée de l’Espace ou de The Fountain. Et même paradoxalement de La Guerre des Mondes de Byron Haskin, alors qu’il ne s’agit pas d’un film d’invasion (je pense que c’est pour jouer sur l’ambiguïté des Heptapodes, dont les intentions demeurent très mystérieuses jusqu’à la fin).

Quoi qu’il en soit, il est très difficile de faire le moindre reproche sur les aspects visuels du film. Niveau sonore… on va dire que tout va dépendre de la façon dont votre cinéma aura réglé le son. Parce que l’ambiance sonore du film repose BEAUCOUP sur les basses, lesquelles sont très appropriées, mais du coup très présentes (acouphène de merde…). Mais niveau musical, rien de réellement inoubliable: les thèmes sont fonctionnels, collent bien aux scènes qu’ils accompagnent, mais manquent un peu d’identité (ou alors, c’est l’acouphène à cause des basses qui m’a empêché d’apprécier; pas ma faute).

Concernant le casting, vu que le film tourne principalement autour de trois personnages (quatre en comptant Hannah), il était nécessaire de ne pas louper l’attribution des rôles. On retrouvera donc, sans surprise, Lois Lane (qui a déjà une certaine expérience de « premier contact » avec une forme de vie ET), Clint Barton (qui lui aussi s’y connaît en arrivée impromptue d’ET) et le major Collins (idem). Trois acteurs qui ont une gueule; et suffisamment de talent pour jouer correctement leur rôle.

Du reste, et c’est sa principale qualité, ce film est profondément ancré dans son époque. Outre le fait que son histoire soit au final aussi peu linéaire que la conception du temps des Heptapodes et que sa dimension « pseudo-onirique » (je ne vois pas trop comment qualifier ça, en fait) vienne parfois se surimposer à l’action (dans le sens « il se passe des trucs » pas dans le sens « BOUM EXPLOSION MICHEL BAIE »), le film passe beaucoup de temps à nous montrer le monde dans lequel il se joue.

Enfin, pas le monde en lui-même, mais ses réactions à l’arrivée ET, telles que perçues par les protagonistes: sur le campus universitaire de Louise, sur les chaînes d’info en continu (ça, c’est un grand classique, mais plutôt pour les films catastrophe), sur les streamers où les délires paranoïaques trouvent une caisse de résonance, dans les rangs de l’armée américaine elle-même. Cette dernière n’est d’ailleurs plus présentée que comme un acteur mineur sur la scène mondiale, où le film fait de l’armée chinoise celle qui mène la danse sur le plan international.

Et pour finir, c’est un film qui invite son spectateur à réfléchir. Sur le langage, ou plutôt les langages et la communication, véritable cœur de l’histoire. Sur le temps et la façon dont on le perçoit, sur la manière dont on peut spéculer sur l’avenir et dont on agira ou réagira en fonction de ces spéculations. Sur le bonheur, aussi. Bref.

Allez voir Premier Contact. Sincèrement.

Au revoir; à bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s