Avengers & X-Men: Axis – Inversion

Dernièrement, Marvel Comics a été soupçonné de vouloir flinguer la franchise X-Men: puisque le proprio mise très gros sur le MCU, il semblait logique de le voir favoriser les franchises qui y sont liées, et si Spider Man est plus ou moins revenu dans le giron familial, les relations avec la 20th Century Fox sont apparemment suffisamment exécrables pour qu’il n’en soit pas question pour les X-Men (ou les 4 Fantastiques, qui ne sont pas mieux lôtis). De fait, les X-Men sont actuellement un peu le parent pauvre de l’éditeur, une franchise très populaire mais que Marvel aimerait bien voir remplacée par, complètement au hasard, les Inhumains. De fait, cela fait quelques années déjà que le terrain est préparé pour le flinguage de la franchise, avec des morts de personnages iconiques (Xavier, Cyclops, Wolverine…), des départs chez les Avengers (Havok, Rogue, Sunfire…) ou des conversions en villains (comme dernièrement Colossus). Et, plus largement, une augmentation des antagonismes avec d’autres équipes de héros, comme ce qu’on avait pu voir dans Avengers vs. X-Men. Ce qui est exactement ce à quoi on assiste ici, avec Avengers & X-Men: Axis – Inversion. Oh, et il y aura un peu de spoil dans ce qui va suivre (je préfère prévenir).

Après la défaite des jumeaux Apocalypse et de Kang le Conquérant, on en serait presque arrivé à oublier quel avait été le point de départ de Uncanny Avengers sauce Marvel Now!: le vol du cadavre de Charles Xavier par Red Skull, afin de s’approprier ses pouvoirs télépathiques. Eh bien, le « prélude à Axis » était là pour le rappeler, avec un Magneto, plutôt fumasse de voir Genosha transformée en camp d’extermination de mutants, assistant (et contribuant) à la « naissance » de Red Onslaught. Axis – Inversion continue sur cette lancée.

La première partie du recueil s’attache à montrer combien il est difficile de buter un Onslaught, même à plein de super héros en même temps: mis en déroute par le nazi télépathe, Magneto part chercher du secours chez les super villains, en espérant que les pouvoirs associés de Scarlet Witch et Dr Doom pourront « inverser » la personnalité de Red Skull avec celle de Xavier, qui doit bien être quelque part dans ce cerveau.

La deuxième partie est… plutôt creepy. Le plan de la sorcière et du docteur n’a que trop bien fonctionné, et voilà que les personnalités des héros et villains sont inversées. Pas échangées, non, mais inversées: les sauveurs deviennent des bourreaux et les psychopathes deviennent des saints; même (surtout) Carnage; ça fait un choc (comme pour Dr Doom & Loki, d’ailleurs).

Disons que c’est un peu amusant de voir soudainement des parangons de vertu devenir des connards égoïstes cyniques, mais c’est malheureusement assez mal amené, côté Avengers, du moins. Parce que côté X-Men, les gens deviennent nazis et se choisissent pour leader Genesis (devenu entre temps ce qu’il craignait le plus, à savoir Apocalypse). Et constituent pour le coup les vrais villains de l’histoire, prêt à commettre un génocide quand les autres deviennent « juste » des connards égotistes destructeurs (donc pas très différents de ce qu’ils étaient jusque-là, sauf qu’ils agissent maintenant à contre-courant de leurs principes; pour ceux qui en avaient).

Bon, je ne vais pas spoiler toute l’histoire, mais elle a quelques beaux moments de gloire, comme ceux où Loki se montre plus vertueux que Thor, ceux où Carnage devient l’allié le plus efficace de Spider Man, ou ceux où ce puit de sagesse qu’est devenu Deadpool tente de raisonner Genesis. Reste que, dans l’ensemble, bin c’est un peu faiblard; alors que techniquement, quand on y réfléchit bien, l’existence même de l’arc ne se justifiait pas vraiment, sauf évidemment pour expliquer l’évolution « rapide » de certains personnages qui changent totalement et durablement de camp (Sabretooth, notamment); mais il y aurait eu pas mal d’autres manières pour amener les choses de façon plus pertinente.

Surtout, l’objectif manifeste était, encore une fois, de coller les X-Men dans le camp des villains. Vous me direz, une bonne part des Avengers aussi; sauf que ça revient à comparer des petites frappes avec des dictateurs tant la différence de traitement est importante. C’est d’ailleurs particulièrement marquant pour Havok. Et bien sûr, ç’aurait pu être intéressant, si cela avait été étalé sur plus de planches; sauf que là, ça ressemble juste à une redite (en moins bien) de Age of Apocalypse (le cycle de comics des années 1990, pas le discutable film).

Au final, Avengers & X-Men: Axis – Inversion est une curiosité à défaut d’être un indispensable. Ce n’est pas qu’il soit mauvais (en tout cas, visuellement, il est même très bon et les planches de Jim Cheung sont superbes), mais plutôt qu’il souffre de certains problèmes d’écriture et de rythme, avec un combat interminable (et néanmoins épique) en première partie pour une deuxième partie à la fois trop rushée et globalement mal exploitée.

Au revoir; à bientôt.

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