Axis

Eh bah voilà, il ne m’aura fallu que près de trois mois pour aborder la suite de Spin. Comme quoi tout finit par arriver, même si c’est très à la bourre (j’ai l’impression d’écrire ça un post sur deux, ces derniers temps).

N. B.: j’essaierai d’éviter de trop spoiler Axis, mais sa nature de suite fait qu’il est impossible de l’aborder sans spoiler des éléments importants de Spin. Vous voilà prévenus.

Alors que la Terre vit ses derniers siècles d’habitabilité à cause d’un soleil vieillissant prêt à se transformer en nova, l’humanité a commencé à franchir l’Arc que les Hypothétiques ont construit dans l’Océan Indien et s’est installée sur Équatoria, une lointaine planète habitable. Il se trouve que se cache sur cette planète Diane Lawton, « criminelle » activement recherchée, mais c’est aussi là que se perd la trace du père de Lise Adams, un scientifique qui étudiait les Hypothétiques. Bien décidée à le retrouver, cette dernière fait appel à son ancien amant, Turk Findley, un aviateur aventurier fauché en passe de se faire saisir ses biens (et qui semble entretenir des liens avec des connaissances de Diane). Mais bien entendu, les autorités ne l’entendent pas de cette oreille, et elles sont encore plus sur les crocs lorsque de mystérieux phénomènes, manifestement liés aux Hypothétiques, se produisent sur la planète colonisée.

En suite presque directe de Spin, Axis reprend l’ambiance de paranoïa institutionnelle qui marquait les passages « 4 x 109 ap. J.-C. » et notamment le dernier chapitre, vis-à-vis des Quatrièmes (être humains ayant été soumis à un traitement martien visant à allonger la vie au prix de la stérilité et de diverses modifications). Ces derniers sont toujours considérés comme des traîtres à l’humanité et chassés comme des animaux, dans une ambiance gestapiste pour le moins perturbante: les Quatrièmes ont en effet un sens de l’éthique exacerbé, ce qui les rend globalement inoffensifs (mais pas impuissants pour autant). De fait, ce maccarthysme à échelle doublement planétaire n’est construit que sur la xénophobie et le mensonge.

Du reste, certains Quatrièmes, comme le Dr Dvali, mènent secrètement des expériences au mieux discutables: la volonté de recréer un lien avec les Hypothétiques, comme la tentative avortée de Jason Lawton, obsède son groupe au point qu’ils en essaient de créer une sorte de sur-homme, à la manière d’un Kwisatz Haderach tendant à l’omniscience par sa connexion avec les êtres spatiaux, aspects mystiques en moins (mais bon, la troisième loi de Clarke, tout ça). Au grand dam de Diane, qui n’a que trop bien compris ce que la connexion aux Hypothétiques avait fait à son frère.

Que ce soit en terme d’ambiance, de propos ou de narration, Axis tranche cependant avec son prédécesseur. Déjà parce qu’il ne s’agit plus d’un récit à la première personne, ni même centré sur un unique personnage et ses interactions. Et ensuite parce qu’on est passé d’un récit focalisé sur la Terre et son système solaire pour arriver à une sorte de planet opera colonial, dont les principaux enjeux sont pour ainsi dire écartelés entre la politique terrienne et le mystère galactique qu’incarnent les Hypothétiques, en rien natifs d’Équatoria mais responsables de la présence humaine sur cette planète (et par là artisans principaux de l’expansion extrasolaire de notre espèce).

Si bien que, en dépit de sa nature de suite directe, les liens avec Spin s’avèrent au final assez ténus: certes, les événements de ce dernier ont totalement conditionné ceux d’Axis, mais hormis Diane (qui joue un rôle certes important, mais relativement secondaire par rapport à d’autres), aucun de ses personnages ne se retrouve ici, tous étant vraisemblablement morts (pour certains, la chose est clairement énoncée, pour les autres, elle se devine facilement: Diane est extrêmement âgée, même pour une Quatrième, et on imagine mal comment des personnes qui n’auraient pas reçu le traitement martien auraient pu survivre aussi longtemps).

Axis est, à mon humble avis, une œuvre moins décisive que ne l’était son prédécesseur, ce qui ne la rend pas inintéressante pour autant. Essentiellement focalisée sur deux thèmes principaux (le transhumanisme/posthumanisme d’un côté, la dystopie xénophobe de l’autre), elle peine cependant à en développer les enjeux. Mais était-ce réellement son objectif?

Le roman fait le lien entre Spin et Vortex, tout en en révélant davantage sur les Hypothétiques, et c’était peut-être là son but essentiel.

Au revoir; à bientôt.

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