Rogue One: A Star Wars Story

Avant toute chose, trois constats. Premièrement, oui, j’ai un peu pris mon temps pour aller le voir; mais à ma décharge, j’ai été un peu occupé cette semaine. Deuxièmement, je suis bien content que les travaux du cinéma local (commencés il y a environ six mois) soient enfin terminés; il était temps. Troisièmement, je ne sais pas vraiment comment prendre la pub Canal Sat, que je me retape systématiquement depuis deux ou trois séances, avant les bandes annonces; soit c’est du premier degré et l’agence de com’ est composée d’incompétents; soit c’est du second degré et ça se prend comme une métaphore glauque de ce que Bolloré est en train de faire au groupe (auquel cas, c’est franchement couillu). Ceci étant dit, trêve de hors sujet.

Rogue One s’ouvre sur… une absence de carton. Une première pour un film de la franchise, qui nous rappelle qu’on est bien dans un spin off. Mais en même temps, c’est assez logique, puisque ce film, bin, c’est un peu le carton de A New Hope en version vidéo: l’Empire a créé une arme massivement destructrice, dont une poignée de rebelles s’empare des plans avant de tenter de les transmettre à l’état major de l’Alliance. Une histoire sans réelle surprise et dont tout spectateur des trois premiers Star Wars connaissait les grandes lignes. Et dans le détail, le résultat est probant.

Pas extraordinaire non plus, n’exagérons rien, mais franchement probant. Alors certes, certains dialogues sont écrits avec les pieds; mais c’est un progrès par rapport aux épisodes 1-2-3 pour lesquels les dialogues étaient écrits avec le cul. Certes, le jeu d’acteur est parfois (voire souvent pour certains personnages) peu expressif, ou au contraire beaucoup trop (presque nanardesque dans quelques cas); mais c’est un progrès par rapport à Hayden Christensen (ou Jake Lloyd, même si je trouve déloyal de lui jeter la pierre: il était gosse à l’époque, et un gosse mal dirigé n’a aucune chance de faire autre chose que du caca). Certes, la musique n’est pas inoubliable, et cherche tellement à imiter celle de la saga originale (sans directement la copier cependant) qu’elle en devient fade; mais c’est… euh… pas du tout un progrès, ça, en fait; rendez-nous John Williams, SVP.

Enfin ça, c’était l’essentiel des aspects négatifs. Parce que dans l’ensemble, le film s’en tire plutôt bien. Mieux que les épisodes 1-2-3 (ce qui n’est pas un exploit en soi), mais surtout, aussi, mieux que l’épisode 7 (pour lequel je suis beaucoup moins enthousiaste que certains). En termes qualitatifs, on est clairement pas très loin de la trilogie originale. Et en même temps, en termes formels, on en a rarement été aussi éloigné au sein de la franchise.

Je ne parle bien sûr pas des aspects purement visuels (l’esthétique des films des années 1970/80 étant pour le coup fort bien respectée; il y a même le liquide bleu dégueulasse que picolent Beru & Owen sur Tatooine), mais plutôt de la manière dont sont présentés les membres de la rébellion. Alors que l’on était habitué à des logiques très binaires jusqu’ici, on nous montre dans Rogue One des rebelles commettant des exactions, parfois ouvertement divisés, n’hésitant pas à s’entretuer quand ils n’ont pas simplement sombré dans la folie (ce qui excuse le cabotinage de Forest Whitaker). A contrario, l’Empire… non, eux, ce sont toujours des connards.

Surtout, il n’y a pas un seul Jedi dans cette histoire, alors que l’idéologie de la Force est, elle, omniprésente. Il en ressort donc un décalage assez outrancier entre son invocation régulière dans les dialogues (au point d’en devenir pénible) et sa réalité, disons, factuellement beaucoup moins tangible, hormis dans quelques séquences: elle en est pratiquement réduite à un statut « d’ancienne religion » plus ou moins mâtinée de superstition, bien loin des combattants virevoltant dans tous les sens des épisodes 1-2-3 ou des mystiques télékinésistes qu’on retrouvait jusqu’alors dans toute la saga.

Ces fantaisies ne sont plus ici l’apanage que de deux personnages, l’un étant un prêtre aveugle plus proche du moine shaolin que du Jedi (et qui n’en a d’ailleurs pas les pouvoirs), et l’autre étant Vador. Ce dernier n’occupe d’ailleurs qu’une modeste place dans le montage final, mais il est suffisamment mis en valeur pour que l’offense qu’avaient constitué les épisodes 1-2-3 soit oubliée, au moins le temps d’un film.

Le revers de la médaille, c’est qu’on a parfois plus l’impression d’être en train de regarder une séquence de Il faut sauver le soldat Ryan avec un re-skin Star Wars qu’un authentique épisode de la saga… ce que le film n’a jamais prétendu être. Si « Star Wars » n’apparaît qu’en sous-titre, il y a bien une raison. Rogue One tranche un peu avec le reste de la franchise cinématographique, en portant un regard sur l’univers qui, s’il n’est pas nouveau (lecteurs de romans et comics Star Wars, comptez-vous), n’avait jusqu’ici jamais réussi à franchir l’entrée des salles obscures.

C’est désormais chose faite, et c’est tant mieux. Cela suffit-il pour autant à en faire un chef d’œuvre du cinéma… il ne faudrait peut-être pas exagérer non plus. Reste qu’on a enfin sous les yeux une préquelle à l’épisode 4 qui se tient. Rien que pour ça, merci Rogue One.

Au revoir; à bientôt.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Un bon divertissement pour décembre =)

    Aimé par 1 personne

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