Shûmatsu no Izetta

Avec l’approche de la fin de l’année arrivent à leur terme une grande partie des anime de la saison, et Shûmatsu no Izetta est l’un des premiers à tirer sa révérence (après Haikyû!!). Il est donc temps de dresser le bilan de ce qui me semblait être l’un des titres les plus prometteurs de ce trimestre. Et qui s’avère au final très décevant. Dommage.

1939: rien ne semble pouvoir arrêter l’expansion allemande (pardon, germanienne) en Europe. Et le Tyrol (pardon, l’Eylstadt) est le prochain sur la liste des futures conquêtes du Reich. Manque de bol pour les fiers Teutons, la jeune sorcière Izetta n’a pas trop apprécié son emprisonnement par leurs espions et a choisi de rallier l’archiduchesse Oltfiné, protégeant donc de ses talents magiques le pays qui l’a vue naître. Mais au temps de la science et de la technologie, sa magie ancestrale pourra-t-elle faire le poids?

Car s’était bien là que se situait, sur le plan symbolique, le principal enjeu de cette série: l’irruption dans un monde industriel et rationalisé d’une figure de conte de fées et de superstitions, avec tout ce que cela pouvait sous-entendre. Or, Shûmatsu no Izetta passe presque complètement à côté. Ça commençait pourtant bien, avec l’image d’une jeune sorcière enfermée dans un sarcophage diesel-punk, puis juchée sur un canon anti-char en guise de balai, lourdes de signification… mais c’en est peu ou prou resté là.

On a certes eu droit à de beaux moments de gloire où Izetta a pu affronter la fine fleur des armées mécanisées germaniques, mais l’impuissance de ces dernières se fait si vite sentir que seule l’arrivée d’une deuxième sorcière dans la course constitue un antagonisme crédible. Par ailleurs, les seules tentatives de mêler science/technologie et magie ne font que réduire cette dernière à une simple dimension énergétique. Soit finalement rien de bien nouveau sous le soleil depuis Final Fantasy VII, il y a près de vingt ans (et en plus, il n’était pas le premier à faire ça).

Après, même si la série se contentait d’être « seulement » incapable d’approfondir ce qui constitue son identité première, on aurait quand-même pu obtenir une jolie petite histoire de Seconde Guerre Mondiale uchronique au travers des yeux d’un petit pays alpin, soit une histoire potentiellement très intéressante de base. Et il y a bien de ça, avec ce que cela implique de batailles, de sacrifices, d’espionnage, de trahisons ou de fraternisations avec l’ennemi.

Sauf que la série s’avère TRÈS inégale sur ce plan, avec des épisodes magistraux (le troisième), et d’autres à se facepalmer tout du long (le sixième). Dans l’ensemble, le moins que l’on puisse dire est qu’elle souffre d’un très sérieux problème de rythme, les scénaristes semblant hésiter du début à la fin sur le type d’histoire qu’ils essaient de raconter, oscillant entre récit de guerre dramatique et tranche de vie vaguement yuri à fan-service.

Pourtant, tout n’est pas à jeter dans le scénario Shûmatsu no Izetta: il y a de vraies bonnes idées; mais elles sont aussi plutôt mal gérées, avec des éléments importants totalement rushés et d’autres de moindre importance sur lesquels on s’attarde longuement (l’épisode 8 étant l’un des plus éloquents). Et certaines facilités scénaristiques malheureuses, surtout sur la fin, viennent enfoncer le clou. Bref, c’est assez maladroitement mené.

Niveau réalisation, en revanche, c’est déjà beaucoup plus probant, avec des combats aériens parfois splendides et des paysages superbes, ces derniers semblant avoir fait l’objet d’une attention toute particulière. Comme les armes et le mecha-design, d’ailleurs, fortement inspirés d’armement réel. Dommage, cependant, que le chara-design soit, lui, aussi passe-partout. Mention spéciale à la sorcière blanche, qui est une sorte de loli-Sephiroth (Loliroth?).

Shûmatsu no Izetta est donc une déception, car elle promettait beaucoup mais n’offre au final pas grand-chose, si ce n’est sur le plan visuel (et encore, rien de vraiment révolutionnaire). Elle demeure, au final, une petite série pas antipathique, mais qui ne restera pas dans les mémoires, si ce n’est pour son potentiel gâché.

Au revoir; à bientôt.

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