Yuri!!! On ICE

Tout juste terminée, quelques impressions à chaud sur ce qui semblait il y a deux mois pouvoir devenir l’une des meilleures séries du trimestre: Yuri!!! On ICE. Verdict?

Rappel du pitch: suite à de nombreux échecs consécutifs, le patineur Yuri Katsuki voit débarquer chez lui l’un des plus grands patineurs de sa génération, (et qui vient de prendre sa retraite), le russe Viktor Nikiforov. Ce dernier se propose de devenir son entraineur, attirant de fait sur Yuri les foudres d’un autre Yuri, russe celui-ci, également fervent admirateur de Viktor. L’anime suit donc le parcours du duo  jusqu’à la finale du Grand Prix international.

Un anime sportif de plus, dans une année qui en aura été blindée (avec plus ou moins de bonheur)? Eh bien oui, mais non. Au fond, Yuri!!! On ICE est peut-être moins un anime de « sport » qu’un anime sur une discipline artistique: plus que les performances physiques, c’est en effet la capacité à transmettre une émotion ou un sentiment qui est ici mise en avant lors des compétitions.

Alors certes, les performances physiques ne sont évidemment pas absentes, mais les « erreurs » commises par les compétiteurs sont ici moins présentées comme un échec sportif que comme un problème d’ordre esthétique: une main au sol gêne moins parce qu’elle souligne une perte d’équilibre ou une défaillance physique que parce qu’elle implique une rupture dissonante dans le programme, un peu comme un couac dans un concerto. D’ailleurs, vu le niveau des protagonistes, il est évident (du moins selon le scénario), que ces « échecs » ponctuels sont à imputer au stress, à des difficultés de concentration ou à des problèmes personnels: dès le départ, les personnages sont des compétiteurs de niveau mondial, il n’y a pas de build up où l’on verrait progressivement un personnage passer du stade de débutant à celui de numéro 1.

En effet, Yuri, à 23 ans, est déjà un vétéran du patinage, et si son expérience fut percluse d’échecs, cela tenait moins à son talent réel qu’à son incapacité à se gérer sur la glace (il n’est d’ailleurs pas le seul dans ce cas). La difficulté que lui permet de transcender Viktor est son incapacité à transmettre une émotion au travers de ses programmes: en se liant toujours davantage à son entraineur, il parvient progressivement à incarner ses propres sentiments affectifs dans sa façon de patiner, et transformer sa technique en art (d’autres patineurs choisissent des chemins peu ou prou similaires, comme l’autre Yuri, quand d’autres font le choix d’adopter des postures beaucoup plus calculatrices, comme Seung Gil Lee).

Et nous touchons là à un aspect qui a déjà fait couler pas mal d’encre virtuelle: le fait que la relation Yuri/Viktor soit quasi-ouvertement une romance gay. Certes. Mais au fond, Viktor aurait pu s’appeler Viktoria que ça n’aurait pratiquement apporté aucun changement décisif à l’écriture de l’histoire et des dialogues; donc autant dire que l’aspect « gay friendly » de l’anime est finalement plutôt secondaire et qu’il est certainement moins important en termes de fictions LGBTQ que des titres comme L’Étranger de la Plage ou, surtout, Le Mari de mon Frère. Est-ce que cela rend les relations entre personnages inconsistantes pour autant… certes non.

L’anime dans son ensemble est constitué comme une sorte de suite de rencontres d’égos (parfois très narcissiques), aux motivations diverses mais qui tous s’expriment sur la glace, avec plus ou moins de bonheur. Dès lors, une réalisation technique haut de gamme était indispensable pour transmettre l’essentiel. Et il se trouve que c’est précisément le point fort de l’anime.

Évidemment, ça ne veut pas dire qu’il est parfait (et on ressent parfois quelques baisses de régime dans l’animation), mais force est de constater que la réalisation technique a bénéficié d’un très grand soin, en particulier (et en toute logique) dès qu’un des compétiteurs pose ses patins sur la glace. Par ailleurs, le staff a poussé le souci du détail jusqu’à recruter pour le doublage les patineurs Stéphane Lambiel et Nobunari Oda, ou le commentateur sportif Taihei Katô.

La fin, sans trop spoiler, est ouverte sans vraiment l’être: le dernier écran consiste en un « See you next level » blanc sur fond noir qui invite à une suite, mais l’anime pourrait se clore ainsi que ce ne serait certainement pas un problème: il aura dit l’essentiel de ce qu’il avait à dire avec une réalisation qui force le respect, et c’est tout ce qu’on lui demandait, finalement.

Une bien belle surprise, donc, dont le succès inattendu est assez réjouissant.

Au revoir; à bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s