Les Animaux Fantastiques (feat. Stan Laurel & Oliver Hardy)

Avant toute chose, je me dois de préciser que je ne suis pas un gros fan de Harry Potter. Ça ne m’a pas empêché de lire les bouquins ou de regarder les films, hein; mais je suis un peu hermétique à l’enthousiasme qui entoure la franchise. Peut-être que j’étais juste trop vieux quand la hype a commencé, mais bref. Tout ça pour dire que j’ai attendu plus d’un mois après sa sortie pour aller voir Les Animaux Fantastiques. En partant avec un a priori plutôt négatif, puisque David Yates avait précédemment commis Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, à peu près unanimement considéré comme le plus mauvais de la franchise.

Stan Laurel, à la fois cryptozoologue et directeur de ménagerie ambulante, est de passage à New York, en pleine prohibition, alors que s’y produisent d’étranges phénomènes magiques. Il y rencontre inopinément Oliver Hardy, ouvrier de conserverie qui veut se reconvertir dans la pâtisserie, et suite à une multiplication de quiproquos, les bestioles de Laurel deviennent les suspects numéro 1 du chaos ambiant. Oh, et il y a aussi deux jolies sœurcières (il en manque une), une simili-secte anti-sorciers et un mage nazi qui veut provoquer une guerre avec les non-mages pour que les Zaubermenschen dominent le monde. Voilà voilà.

Ça a l’air fouillis? Ça ne l’est pas tant que ça à l’écran. Mais ça ne veut pas dire pour autant que l’écriture est magistrale: le script est perclus d’incohérences diverses qui sortent régulièrement le spectateur du film; pour compenser, il a beaucoup moins de problèmes de rythme que les trois derniers Harry Potter. Et puisqu’on en parle…

Le lien avec le reste de la franchise est pour ainsi dire ténu: de la musique, du name dropping, un pendentif et des sorts; et c’est à peu près tout. La contextualisation, l’imagerie et les personnages semblent avoir été élaborés de manière à ce que, justement, le spectateur prenne une certaine distance avec Harry Potter. De ce que j’ai pu voir/entendre/lire, certains l’ont regretté, quand d’autres l’ont salué: Les Animaux Fantastiques est et reste un stand-alone, totalement compréhensible en dehors du reste de la franchise (au contraire de Rogue One, par exemple).

L’imagerie n’en pâtit pas, bien au contraire: elle est l’une des meilleures dans la franchise, avec des plans absolument magnifiques et des designs certes assez convenus mais fort bien exécutés (en particulier le bestiaire, mais le contraire aurait été honteux vu le titre). La contextualisation dans le New York des années 1920, en pleine prohibition, permet même d’offrir un nouveau regard sur ce monde, jusque-là confiné (ou presque) à l’Angleterre magique du XXIe siècle: les aurors ressemblent aux Incorruptibles d’Eliot Ness, il y a des bars clandestins pour mages et créatures magiques (dont un tenu par Ron Perlman, la classe), et le courant anti-sorciers ressemble à une sorte de secte puritano-évangéliste.

Mais l’aspect le plus « contextualisant » du film demeure les multiples allusions au cinéma burlesque américain de cette époque dont il est parsemé, ne serait-ce que pour le duo de personnages masculins principaux (lesquels sont d’ailleurs plutôt justes dans le genre comique idiot). Pas seulement, d’ailleurs, certains passages m’ayant fortement fait penser aux films de Buster Keaton, voire à ceux des Marx Brothers.

Toutefois, c’est ce duo qui porte le film sur ses épaules; certes, Queenie (l’une des deux sœurcières) est un personnage sympathique, mais elle reste quelque peu en retrait, même par rapport à sa sœur; laquelle est assez falote. Quant-aux autres personnages, ils sont tellement paralysés dans leurs archétypes qu’on peine un peu à éprouver quoi que ce soit pour eux au cours du film. Un peu dommage, vu que c’était un des ressorts de ses enjeux dramatiques, lesquels sont plutôt bof, en fait.

Bref, Les Animaux Fantastiques réussit largement son pari sur le plan visuel et en tant que revival du comique burlesque des années 1920/30. Pour le reste, c’est au mieux moyen, et surtout incompréhensiblement affublé de  diverses incohérences. Je me répète, oui, mais c’est tout de même très surprenant, sachant que J. K. Rowling a été partie prenante et investie dans l’écriture; or, on y retrouve des boulettes qui pouvaient très facilement être évitées sans avoir à modifier profondément le scénario (parfois, c’est même juste une ligne de dialogue de trop; ou manquante).

Ceci étant dit, je ne regrette pas d’être allé le voir; je regrette d’être allé le voir en VF, par contre (ah, Norbert Dragonneau, so british…).

Au revoir; à bientôt.

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