The Expanse – Saison 1

Premier post de ce blog à propos d’une série TV live action. Enfin, pour cette version du blog, s’entend (il me semble que je m’étais pas mal étalé sur Terminator: The Sarah Connor Chronicles, il y a bien longtemps, sur un lointain site) Si ce n’est pas dans mes habitudes, eh bien c’est surtout parce que j’en regarde vraiment peu. Très, très peu. Ou plutôt de manière très discontinue, genre un épisode de Terra Nova, Doctor Who ou Torchwood (entre autres) par ci, par là. Mais rien de régulier et assidu depuis… bah Terminator, en fait. Et puis arriva The Expanse.

The Expanse est l’adaptation de la série de romans éponyme de James S. A. Corey, pseudonyme sous lequel officient Daniel Abraham et Ty Franck. Le premier est plus connu sous le pseudonyme de Daniel Hanover pour ses cycles La Dague et la Fortune (que je n’ai pas lu) et La Fille du Soleil Noir (que je n’ai pas lu non plus; hop, une dizaine de bouquins de plus dans la PAL). Le second est l’un des principaux collaborateurs de George R. R. Martin si j’en crois la présentation éditoriale de Actes Sud (ce qui explique la tonalité « sérielle » de l’œuvre).

Enfin, quand je dis « adaptation de la série de romans », c’est un abus de langage, vu que la première saison ne couvre que le premier roman (et si vous voulez le pitch, il faudra faire l’effort de suivre le lien, vu que j’ai la flemme de me répéter); et encore, pas en entier, puisqu’elle s’achève à un peu moins de deux tiers de ce dernier, sur un épisode judicieusement nommé L’Éveil du Léviathan. C’est donc tout autant en tant que série de SF qu’en tant qu’adaptation (partielle) qu’il convient de la considérer. Du coup… désolé, mais je vais spoiler. BEAUCOUP spoiler. Donc, pour faire court, si vous ne l’avez pas vue, allez la voir (elle vaut vraiment le coup) ou lisez le roman; ou mieux: faites les deux. Dans le cas contraire ou si vous vous foutez des spoils (ce qui fait de vous une bonne personne), allons-y.

Le choix des acteurs… est discutable. Pas mauvais (parce qu’ils jouent suffisamment bien pour qu’on y croie), mais discutable parce qu’il ruine un des postulats essentiels du roman: par exemple, Naomi Nagata est Ceinturienne et James Holden est Terrien; du coup, quand ils se regardent dans les yeux, c’est lui qui devrait lever la tête, pas l’inverse. La gravité dans la Ceinture étant nettement plus faible que sur Terre, une Ceinturienne ne devrait pas être aussi petite; ou un Terrien assez grand pour la dépasser d’une demi-tête à moins d’être un géant (et ce n’est pas apparemment le cas de Holden, qui, au regard du reste du casting, se trouve dans la norme géo-martienne). Ce ne serait rien si ce n’était pas explicitement indiqué dans la série (comme dans le roman), mais il se trouve que, justement, c’est le cas.

Le dimorphisme physique entre Ceinturiens et habitants des planètes intérieures à été réduit à son plus simple appareil, peut-être moins pour des questions de budget que pour des considérations plus terre-à-terre (ça ne coûtait pas grand-chose de coller des mini-échasses aux Ceinturiens ou des prothèses faciales, mais il fallait que le spectateur puisse facilement éprouver de l’empathie pour Joe Miller & Naomi Nagata). Or, le physique est un des ressorts du racisme de l’histoire, et il se trouve peu de choses permettant visuellement de différencier dans la version TV un Terrien d’un Ceinturien (et dans le cas de Naomi, rien).

Après, il y a bien quelques efforts faits en ce sens, Miller mettant en avant certaines difformités chez des individus qu’il croise en compagnie de son acolyte terrien, ou un passage au début montrant un trafiquant ceinturien capturé sur Terre souffrant de la gravité, mais il s’agit de cas ponctuels, non d’une généralité: la fréquentation des bas fonds des stations spatiales rappelle plus les rues sinistres de la Terre de Blade Runner qu’autre chose. À titre de comparaison, c’est un peu comme si tous les acteurs de 12 Years a Slave ou Django Unchained étaient blancs.

Ceci étant dit, les éléments du décor sont bien ici pour rappeler régulièrement au spectateur que l’essentiel de tout ça se passe dans un environnement spacial: un oiseau famélique tentant de voler dans une gravité faible, des systèmes de survie aux dysfonctionnements potentiellement mortels, des chaussures magnétiques pour les déplacements en 0 G, des sorties spatiales, de beaux effets en CG pour la représentation de la mécanique des fluides, un sentiment de huis clos claustrophobe dans certains vaisseaux (ou portions de vaisseaux)… De ce côté-là, c’est plutôt une réussite, et The Expanse fait bien davantage en la matière que bon nombre de fictions de space opera.

Ce qui l’est un peu moins, c’est la représentation de la protomolécule extraterrestre, qui n’est pour l’instant pas franchement effrayante (alors qu’elle aurait dû l’être). Mais il faut dire, à la décharge des personnes en charge des effets spéciaux & design, qu’on ne l’a quasiment pas vue, si ce n’est dans les derniers épisodes (et une très courte séquence dans le premier où ne comprend qu’à peine ce qu’on voit). Et encore, dans ces derniers, on n’en voit guère que les effets sur le corps meurtri de Julie Mao et les infectés qui suintent de la bouche; autant dire rien de bien neuf, à ce niveau, mais difficile d’en montrer davantage, puisque le scénario ne le permet guère (c’est quelque chose qui devrait être développé dans la deuxième saison).

Pour ce qui est de la scénarisation, justement, disons que c’est tourné comme du Battlestar Galactica, avec tout de même plus d’audace en termes visuels (mise-en-scène et SFX, notamment). Pas grand-chose à redire dessus, en fait: c’est du travail de qualité. Quelques libertés ont été prises avec l’œuvre d’origine, comme l’ajout dans l’histoire d’une « dimension terrienne » au récit (qui dans le roman ne se déroule QUE dans l’espace ceinturien et extérieur).

Cela permet déjà d’étoffer visuellement le background de James Holden sans avoir à systématiquement recourir au flashback (sachant qu’il y en a déjà pas mal de base), de montrer la vision terrienne des problèmes provoqués par la « crise » relatée, et surtout d’introduire le personnage de Chrisjen Avasarala, qui n’apparaît que dans le deuxième roman. Et comme ce dernier introduisait deux autres POV characters récurrents (sans compter les autres nouveaux personnages), il valait en effet mieux préparer le terrain pour éviter de noyer le spectateur. De plus, elle est particulièrement bien castée (elle est jouée par Shohreh Aghdashloo, qui avait doublé l’amirale Shala’Raan vas Tonbay dans les Mass Effect) et s’avère peut-être le meilleur personnage de la série. Bien qu’étant finalement celle dont l’interaction avec les événements s’avère, pour d’évidentes raisons, la moins directe.

On notera également quelques autres libertés prises avec l’œuvre d’origine, mais généralement plutôt dans le bon sens: on s’attarde plus sur des personnages qui gagneront par la suite en importance (comme Dmitri Havelock, le partenaire terrien de Joe Miller sur Cérès) ou sur certains événements relatés par ailleurs sous forme de nouvelle (comme ceux de The Butcher of Anderson Station, qui explique le pourquoi du surnom du leader sécessionniste Frederick Johnson). Parfois, ces modifications sont assez inexplicables, comme le fait que Shed Garvey soit devenue un homme ou que Octavia Muss soit plus proche de Joe Miller dans la version TV; choix qui n’ont pas de grosse conséquence et ne nuisent en rien à l’histoire (c’est juste que ces changements n’apportent quasiment rien).

La première saison de The Expanse s’avère au final une excellente surprise et un modèle d’adaptation, n’ayant pour seul gros défaut que le traitement du physique des humains spaciens, très générique; mais vu que c’est le cas dans 99,9% des séries TV de SF où il y en a, on n’ira certainement pas lui jeter de cailloux. Il me tarde de découvrir la deuxième saison, dont le début est annoncé pour février prochain.

Au revoir; à bientôt.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. VpViennetta dit :

    Zut alors, je viens d’avoir la confirmation que je suis une bonne personne. Maman, tu avais raison !. 🙂 Disons que je trouve moins décevant de révéler ce qui arrive que la façon dont ça arrive.

    On va laisser sa chance à cette série, pour voir. J’essaie aussi de m’y remettre peu à peu, en témoignent mes trois dernières depuis Lost (!) : Black Mirror, Westworld et Game of Thrones.

    Aimé par 1 personne

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