Real Bout Garô Densetsu Special a 20 ans

… en format MVS, s’entend (la version AES, la seule à laquelle j’ai joué, n’est sortie qu’un mois après). Alors, oui, effectivement, le jeu a été copyrighté en 1996, mais sa commercialisation n’a débuté que l’année suivante. Bref, tout ça pour dire que RBS, même s’il est moins célèbre que certains de ses prédécesseurs et moins apprécié que ses deux successeurs directs (surtout le dernier), entre sans problème dans le top 5 de mes jeux de combat préférés.

Pourtant, je l’ai découvert sur le tard: habitant d’un coin paumé de la France (vous savez, la partie qui regrette encore que la monarchie de droit divin ait laissé sa place à une république, il y a plus de deux cents ans), il ne m’était pas facile de trouver des jeux Neogeo (encore plus de trouver le fric pour les payer), et les quelques salles d’arcade locales disposant de MVS privilégiaient à l’époque des titres plus populaires (les KoF, Metal Slug…) ou plus consensuels (Wind Jammer, Puzzle Bobble…).

Du coup, il m’aura fallu attendre un peu plus d’une demi-douzaine d’années pour poser mes mains grasses dessus, dans une petite boutique nantaise (qui a depuis malheureusement fermé ses portes, comme beaucoup d’autres; RIP Eternal Games); c’est d’ailleurs là que j’ai acheté un peu plus tard mon AES, avec Fatal Fury 3 puis Real Bout Special, justement.

Alors, qu’est-ce qu’il avait de si bien, ce jeu? Déjà, il appartenait à une franchise bien rodée, avec un background qui avait eu le temps de s’étoffer un peu (même si on était loin des productions Arc System Works des années 2000/2010). Tous les personnages présents étaient bien connus, tout comme les rapports qu’ils pouvaient entretenir entre eux et l’absence de véritable « histoire » dans cet épisode Special était sans grande conséquence: la mort de Geese dans l’épisode précédent marquait la conclusion de l’arc ouvert avec le premier Garô Densetsu/Fatal Fury et tout ce qui pouvait suivre n’était que du bonus, à moins de partir sur quelque chose de différent (ce que fit Garô – Mark of the Wolves en 1999, lequel devait ouvrir une nouvelle phase dans la franchise… qui a été avortée).

Du reste, il serait tentant de se dire que ce RBS était à Real Bout ce que Fatal Fury Special avait été à Fatal Fury 2: le même jeu, avec un roster plus fat. Et ce ne serait pas totalement faux: on retrouvait effectivement le roster de RB, avec des persos en plus; sauf que les stages avaient été revus et les sprites redessinés. Accentuant le côté « massif » des personnages (qui du coup tranchait un peu avec le chara-design filiforme des KoF de l’époque), le jeu proposait une finesse graphique plus prononcée que ses prédécesseurs, renforçant encore un peu au passage l’identité visuelle de la franchise.

En outre, cette dernière s’était, contrairement à bon nombre d’autres jeux de combats en 2D des années 1990, démarquée du modèle Street Fighter 2 par son game-design. En termes de gameplay, notamment: possibilité de se battre sur différents plans, interactions réelles avec le décor (la casse n’était pas seulement visuelle), et depuis le premier Real Bout une logique 3 boutons de coup/1 bouton d’esquive.

Autant d’aspects qui auront été repris (et un peu modifiés au passage) chez son successeur direct, Real Bout 2, qui, contrairement à ce que son nom indique, n’était pas un épisode « à histoire » mais bel et bien une sorte de « Special + » avec de nouveaux décors, le même roster et trois nouveaux persos (la plus connue étant Li Xiangfei, retrouvée par la suite dans différents épisodes de KoF).

Pourtant, malgré le fait que RB2 fût plus complet que son prédécesseur, ma préférence est toujours allée à ce dernier (même si mon avatar actuel laisserait penser le contraire), à ses Billy/Krauser/Geese totalement pétés, à son Kim démentiel pour peu qu’on le maîtrise un peu (et qui avait un peu perdu en passant à RB2), à son gameplay simple sans être simpliste.

Globalement, les Real Bout sont les épisodes les moins connus de la franchise Garô/Fatal Fury: moins adulés que Mark of the Wolves (épisode pourtant beaucoup plus classique dans son gameplay comme dans son aspect, mais doté d’une réalisation extraordinaire pour de la Neogeo) et moins répandus que les trois ou quatre premiers épisodes de la saga (qui sont disponible sur de nombreux formats), ils ont connu leur « heure de gloire » (tout est relatif) essentiellement sur Neogeo, consoles de cinquième génération et émulation (légale ou non; surtout non).

C’est un peu dommage, car tous les trois (mais surtout RBS et RB2) sont, encore selon les critères actuels, dotés d’énormes qualités qui en font des must have pour tout possesseur d’AES. Si RBS ne fait pas partie de ces jeux « oubliés » et que la franchise n’est pas encore morte (elle survit depuis 18 ans à travers les KoF et les multiples portages/émulations de MotW), elle est en dormance depuis trop longtemps pour que l’on puisse se montrer très optimiste quant-à son avenir, en dépit du fait que certaines voix semblent s’être faites entendre au sein de SNK pour reprendre le flambeau où il avait été laissé

Enfin, rien n’interdit d’espérer.

Au revoir; à bientôt; et bonne année du Coq.

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