Final Fantasy VII a 20 ans

C’est un peu une tradition sur chaque blog que je tiens: il y a forcément à un moment un article sur Final Fantasy VII, sans que je sache très bien pourquoi. Bon, là, en l’occurrence, c’est juste parce que ça colle à mon habitude pathologique de fêter les vingtenaires et trentenaires des jeux qui m’ont marqué. Mais pour le coup, bonjour l’originalité…

Vous étiez donc Claude Straillefe (quoi? J’appelle mes persos comme je veux), toxico longuement exposé à des radiations totalement sain d’esprit et absolument pas dérangé de la tête, ohoho qu’allez-vous donc chercher. Claude ayant besoin de pognon et se trimbalant avec une lame grande comme lui pour compenser… quelque chose, il se retrouva employé par l’organisation terroriste locale, des écolos (c’était avant le 11 septembre, pour rappel; et puis, c’est qu’ils font flipper, les gens de chez Greenpeace, quand même…). Des écolos qui avaient jugé que le meilleur moyen de défendre la nature était de faire péter des centrales, mais passons (c’est un peu comme si un politicien dont la femme a pu bénéficier d’un emploi fictif par le passé basait sa campagne présidentielle sur l’éthique et la morale; aussi ridicule et inconcevable qu’un centriste faisant du métal).

Et il se trouvait qu’une amie d’enfance faisait partie de ladite organisation; une amie qui avait pris l’habitude de ranger les deux pastèques pour son goûter dans son soutif, pour d’obscures raisons, et qui travaillait alors dans le bordel local (parce que non, personne n’arrivera à me faire croire que « Septième Ciel » est un nom crédible pour un café-bar bobo sans histoire avec des ateliers couture-philo tous les mardis à partir de 17h). Bref, les pérégrinations de Claude le menèrent fortuitement à croiser le chemin d’une hippie qui cultivait de l’herbe dans les taudis, descendante d’une civilisation disparue qui vivait en accord avec la nature et liée à l’esprit de la planète (vraiment excellente, cette herbe).

Une hippie que cherchait à capturer l’entrepreneuriat local (sûrement une mesure de rétorsion quelconque contre la ZAD la plus proche), et que cherchait aussi à tuer un ancien compagnon de baston de Claude, un gothique tout dark ayant manifestement également un gros complexe en termes de longueur pénienne. Et sinon, il y avait de la magie, des gros oiseaux en guise de monture, un Disneyland, une station balnéaire grande comme un supermarché de rase-campagne, un village caché avec des ninjas, des Godzillas et un astéroïde farceur (il faisait genre « haha je vais vous tomber sur la gueule, attention! » mais attendait gentiment qu’on ait bien pris le temps de finir le jeu à 100% pour passer à l’acte; le coquin).

Ah et la hippie, elle meurt. Quoi, spoiler? Vous vivez dans quelle caverne, dans quelle partie de l’Antarctique? Parce que s’il y a bien un truc qui a tourné sur le jeu depuis vingt ans, c’est le « ah mais Aerith qui meurt, c’est une des scènes les plus tristes et poignantes de l’histoire du jeu vidéo, snif! ». Pas que ça, d’ailleurs: beaucoup de gens connaissent (en gros) le déroulé de l’histoire de FF7 sans y avoir jamais touché. Et du coup voient souvent mal l’intérêt de se mettre à y jouer, deux décennies après, sous sa forme originelle.

Parce que, putain, qu’est-ce que ça a vieilli. Ok, il y a des trucs qui étaient déjà vieux et moches dès la sortie du jeu (genre les persos encore en Lego dégueulasses quatre ans après la sortie de Virtua Fighter), mais tout ce qui était beau techniquement parlant est devenu assez crade, vu la définition graphique de la PlayStation; seule vient sauver aujourd’hui la mise son esthétique, car on y trouve certains décors très jolis et des musiques cultes (par contre, ce chara-design…).

Le gameplay, aussi, bien qu’aujourd’hui daté, est encore l’un des principaux attraits du jeu, vu que le système des matérias était sacrément bien pensé, en termes de combinaisons possibles. Après, c’est vrai qu’on a vu, dans le même style, mieux depuis. Et c’est un constat qu’on peut dresser pour l’ensemble du jeu: il a été une base, une source d’inspiration, un exemple pour l’ensemble de son genre, que les développeurs n’ont eu de cesse de chercher à suivre, avec plus ou moins de bonheur.

Mais plus qu’en termes de créativité artistique, c’est en termes de ventes à l’international et de parts de marché qu’il y a eu un avant et un après FF7. Déjà parce que c’est à partir de ce moment-là qu’on a vu se multiplier, en Occident, les localisations de J-RPG (il y avait certes eu un certain nombre de tentatives avant, notamment avec les Phantasy Star ou Suikôden, mais rien de comparable en termes de ventes avec FF7). En effet, au vu de son succès, l’idée que les J-RPG n’étaient pas adaptés au marché occidental avait fait son temps et les éditeurs japonais, SquareSoft en tête, comprirent qu’il y avait un marché qui ne demandait qu’à être conquis. Jusqu’à la saturation sur PS2, mais c’est une autre histoire.

Mais surtout, jusqu’en 1996, LA console des RPG pour la cinquième génération, c’était la Saturn (ce qui n’était pas pour rien dans son maintien au coude à coude avec la première PlayStation au Japon en termes de ventes), avec entres autres des titres comme Magic Knight Rayearth ou Albert Odyssey Gaiden. Mais l’annonce de FF7 sur la console de Sony avait torpillé définitivement ses chances de rester dans la course et la PS première du nom devint LA nouvelle console à RPG de la cinquième génération: suivirent, après FF7, deux autres épisodes, un épisode Tactics (clone du premier Tactics Ogre, également porté sur PS1 après avoir brillé sur Super Famicom et Saturn), Xenogears, Chrono Cross, Vagrant Story, Valkyrie Profile ou encore Dragon Quest VII, entre autres nombreux titres mémorables pour une console qui, l’année précédant la sortie de FF7, ne comptait qu’un nombre assez misérable de bons RPG (dont l’excellent Suikôden, cependant).

Quant-au jeu en lui-même, ne nous leurrons pas: quand on lui dédie des textes dithyrambiques, c’est la nostalgie qui parle. J’adore ce jeu, mais je serais franchement de mauvaise foi en le vendant à quelqu’un comme le meilleur RPG de tous les temps (ou même de sa génération). Je pourrais même difficilement conseiller à quelqu’un qui n’y aurait jamais joué de s’y mettre maintenant, vu que ce qui faisait son intérêt est désormais obsolète: son histoire n’est plus une surprise pour personne, ses musiques ont été entendues partout, ses choix de gameplay ont été ré-exploités et améliorés par ailleurs…

Autant dire que, niveau postérité, FF7 s’est totalement imposé dans le paysage vidéo-ludique mondial. Comme en témoigne l’engouement (et les craintes) provoqué par l’annonce de son remake, dans le cadre de l’anniversaire des trente ans de la franchise, et ce après la sortie d’un quinzième épisode pour le moins controversé (même si, au fond, quand on y regarde de plus près, les critiques les plus favorables au jeu émanent surtout de sites pro vivant exclusivement de la pub ou de personnes se revendiquant ouvertement pro-Square-Enix, donc difficile dans ces conditions de parler de « controverse » au sens propre).

Au revoir; à bientôt.

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Deathmes dit :

    Ça résume assez bien ma tentative d’y jouer y a quelques années. Le jeu m’était tombé des mains assez vite, une fois arrivé à Canyon cosmo.
    Le gameplay passait encore, mais le jeu à assez mal vieillit. Et vu que le scénar à été spoilé en long et en large au fil des années, ça motive pas vraiment.
    J’ai aucun mal à croire qu’il à fait un sacré effet à l’époque, mais comme beaucoup de chose la nostalgie peut vachement fausser un avis.

    Aimé par 1 personne

    1. tommyloser dit :

      Oui, je me rappelle qu’on en avait discuté, il y a longtemps (sur le chan de GundamFrance?). À vrai dire, je trouve à présent que le FF qui a le mieux vieilli de cette génération, c’est le IX; alors qu’à l’époque, la plupart des joueurs étaient en mode « ok, il est bien, mais quand même moins que VII & VIII ». Mais vu qu’il fait la synthèse des épisodes précédents, en s’appuyant sur ce qu’ils avaient de meilleur et avec une réal’ honorable compte tenu de son format, ça passe plutôt bien, même aujourd’hui.

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  2. VpViennetta dit :

    Je l’ai fait et refait de nombreuses fois. 5 ans et 10 ans après, ça passait encore très bien. Mais 15 ans après, le gros coup de vieux (pour le joueur et pour le jeu) :il a bien fallu reconnaître que les mécaniques de mise en scène étaient très poussives, surtout par rapport au VIII, qui sur ce point s’en sortait plutôt bien.

    Et puis, ce rythme très bizarre : on commence sur les chapeaux de roues in media res à Midgar, on part à l’assaut du conglomérat sans temps mort, puis vient Kalm (porte bien son nom) et son gros flashback, puis Junon et sa parade militaire, puis le bateau et ses aller-retours. Plus tard, Canyon Cosmo, Nibelheim et le temple des anciens, très laborieux à traverser. Non seulement ces deux tiers du CD1 sont aujourd’hui très chiants à explorer, mais en plus l’intrigue est racontée et mise en scène d’une manière assez insoutenable, tant des progrès ont été fait depuis.

    FF9 en 50 Hz, c’était une vraie punition. Le 50 Hz, quel fléau, bordel. Dans les phases de combats des RPG, ça pouvait complètement dénaturer le jeu. Sur Vagrant Story, ça rendait l’enchaînement des Arts mou du slip.

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    1. tommyloser dit :

      Ah ça, le 50Hz… mais le pire, je crois, c’était sur les jeux de baston; une horreur; surtout sur 16bits.

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  3. VpViennetta dit :

    Jamais vraiment l’occasion de comparer sur les jeux de baston. Et c’est tant mieux, ça m’aura éviter une pelade nerveuse.

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    1. VpViennetta dit :

      … mais pas de perdre mon français visiblement. 🙂

      Aimé par 1 personne

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