City Hunter a 30 ans

Pas le manga de Tsukasa Hôjô, qui date d’un peu avant (1985 ou 86, je sais plus), mais la série TV de Sunrise qui en a été adaptée et dont le premier épisode a donc été diffusé au Japon le 6 avril 1987… et ça flanque un sacré coup de vieux, purée!

Faut-il encore pitcher City Hunter? Pour les plus jeunes? OK. Ryô Saeba est un « nettoyeur » qui officie en général comme garde du corps pour jolies jeunes femmes, excellent tireur et auquel son partenaire, récemment assassiné, a confié sa sœur cadette, Kaori Makimura. Cette dernière ayant un tempérament explosif et Saeba étant un obsédé-harceleur-voyeur, le récit oscille entre les coups de feu des criminels et les coups de massue vengeurs de Kaori.

La majorité des arcs fonctionnaient en stand alone, construits sur le schéma: intrigue/jolie fille à protéger (massue de Kaori) => protection très rapprochée (massue de Kaori) => action (pan pan *tirs de Python .357 Magnum* pan pan) => séquence insouciante de every day life (massue de Kaori) => action (pan pan *tirs de Python .357 Magnum* pan pan) => dénouement (massue de Kaori) => freeze frame à effet aquarelle sur fond de FUCKING GET WILD DE TM NETWORK BEST 80ies ENDING EVER!

Hem. Pardon. Nous disions donc…

… que ça a beaucoup vieilli. Bien sûr, en termes de réalisation, c’est encore très regardable de nos jours, malgré quelques beaux moments de quality sous-traités au lance-pierre, et la musique fleure bon son époque (celle de la VHS, des écrans cathodiques, des premiers CDs…). Par contre, niveau écriture et narration, on imaginerait très mal un récit de ce type à l’heure actuelle (sans parler du sexisme ambiant, même s’il est souvent tourné en dérision): la série serait immanquablement jugée répétitive et naïve, dans le meilleur des cas (et encore, ça, c’est si on adhère à l’humour).

Il faut bien se rendre à l’évidence: City Hunter obéissait à des logiques scénaristiques (voire des considérations morales) relevant du passé dont elle est issue. Ses personnages, par exemple, étaient tous assez binaires: il y avait les gros connards (les antagonistes), les nanas à protéger et les gens à bon fond mais qui essayaient de le cacher plus ou moins maladroitement (soit les gentils et les antagonistes repentis). Ce dernier décalage entre les deux facettes d’un même personnage constituait d’ailleurs un des ressorts comiques les plus récurrents de l’anime (et du manga).

Ryô Saeba se présentait ainsi à première vue juste comme un connard de harceleur de rue cherchant à pécho (et se ridiculisait en permanence, alignant râteau sur râteau, baffe sur baffe, massue sur massue, sans jamais se rebiffer), mais devenait étonnamment fiable et compétent dès passage en mode « serious business »  (et totalement dévoué à Kaori contrairement aux apparences). Falcon/Umibozu se posait en brute épaisse aimable comme une porte de prison blindée, mais qui, d’une, avait une trouille bleue des chats, et de deux, s’avérait étonnamment romantique et serviable. Et ainsi de suite: Kaori détestant Ryô et le tabassant régulièrement, tout en l’adorant et le soutenant; Saeko jouant les séductrices avec Ryô, mais en fait non, mais en fait si, mais en fait merde; etc.

De même, les ressorts narratifs étaient presque toujours les mêmes, à l’exception de quelques épisodes mémorables (comme le 5e) qui permettaient de faire avancer l’histoire, sur 51 épisodes. Pour la première série. Puis 63 pour la deuxième. Et 13 pour la troisième. Et encore 13 pour celle de 1991. Sans compter les OVA & téléfilms des années 1990. Ce qui, au total, fait beaucoup, rétrospectivement, mais demeurait globalement dans la norme des séries à succès de l’époque (pour rappel, DBZ, c’était 291 épisodes entre 1989 et 1996, fillers compris; sans compter les OVA, téléfilms, films…).

Bref, City Hunter est restée longtemps une franchise incontournable du monde du manga et de l’animation japonaise; du moins jusqu’en 1999, année où fut diffusé, toujours en avril, un dernier téléfilm d’animation annonçant dans son titre japonais la mort de Saeba. La franchise a également eu droit à ses live action officiels ou non, dont le mémorable film de Wong Jing où Jacky Chan s’amuse à cosplayer plusieurs persos de Street Fighter II ou encore Mr Mumble (adaptation hongkongaise non-officielle, mais paradoxalement plus proche du matériau d’origine). Par la suite, il y a eu une série TV coréenne et Angel Heart (qui est officiellement quelque chose de différent, mais avec les persos principaux de City Hunter dedans). Ah, et un petit caméo de Ryô Saeba dans Family Compo, aussi.

De nos jours, que reste-t-il encore de City Hunter? Plus grand-chose, manifestement, si ce ne sont maintes rééditions du manga et de l’anime sur divers formats, avec de multiples changements d’éditeurs (en France, la série est ainsi passée successivement entre les mains d’AB, de Beez et maintenant de Kaze). Un doublage français mythique où feu Maurice Sarfati s’en donnait à cœur joie avec ses « boulettes qui font bobos » et autres joyeusetés. Quelques images iconiques, aussi: une Mini Cooper rouge à toit blanc, un avion estampillé « Sunrise » qui prend son envol, une massue marquée d’un « 100T » ou un Python .357 Magnum nonchalamment posé à côté de ses balles. Et pas mal de souvenirs d’enfance et d’adolescence, en ce qui me concerne.

Au revoir; à bientôt.

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