Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2

Et je vous vois venir, petits esprits taquins: non, le dernier mot du titre n’est pas une énième référence éhontée au défait François Fillon. Cette importante précision étant faite, qu’en est-il de ce deuxième opus?

La fine équipe de héros à l’éthique irréprochable parvient à récupérer Nebula, la sœur de Gamora, afin de la livrer à je ne sais quelle instance juridique en charge de ce genre de choses. Las, suite à une petite incivilité de Rocket Racoon, la bande se retrouve prise en chasse par le groupe Gold et sauvée de justesse par Snake Plissken, qui affirme être le paternel de Peter Quill, aka Starlord, l’homme dont les goûts musicaux sont restés bloqués dans les 80ies. Pendant ce temps, le grand Schtroumpf à la flèche rouge se voit attribuer pour mission de retrouver les indélicats Gardiens.

Alors, première chose: visuellement, ça pète. Ça pète même beaucoup, et si ce n’est pas nécessairement aussi audacieux qu’un Dr Strange en mode Inception, ça rivalise avec n’importe quel autre block buster de SF blindé de fric. Toutefois, l’aspect « actionner » est rapidement tourné en dérision. Le pseudo-plan-séquence du début annonce d’ailleurs la couleur, montrant les Gardiens aux prises avec une entité Shuma-Gorathesque, il se focalise pourtant sur… mini-Groot, dansant joyeusement au son de Mr. Blue Sky au beau milieu de la baston et reléguant celle-ci à un simple élément contextuel: le serious business sera la majorité du temps à prendre à la rigolade (à quelques regrettables exceptions).

De fait, en digne héritier de son prédécesseur, le film aligne des punchlines toutes plus connes les unes que les autres et alterne les gags de situation débiles au point qu’on se croirait par moment dans Hot Shots. Notamment du fait de Rocket Racoon, Mini-Groot, Drax et Mantis, inconséquents ou à côté de la plaque 90% du temps.

Le revers de la médaille, c’est que lorsque le film tente de partir en mode serious business, il se casse pas mal les dents. Les « problèmes » relationnels de Gamora avec son mec et sa sœur (confinée à un rôle de sous-Jack de Mass Effect 2) sont juste chiants et clichés (et écrits avec le cul, aussi). Ils détonnent de plus avec le reste, laissant une désagréable impression de rajout au montage final pour cause de producteurs insatisfaits des projections-test (bien que ce ne soit a priori pas le cas).

Mais au delà de ce léger problème, le reste du film s’avère pour le moins convaincant, notamment sur un point qui pourrait faire rager les fans: le remplacement de l’hérédité de Peter Quill, J’son s’étant vu supplanter par Ego la Planète Vivante, ici un être d’essence céleste incarné par Kurt Russell. Eh bien, le changement est plutôt probant (de toute façon, on parle d’un villain dans la peau de Jack Burton; il ne peut donc être que cool), même si du coup le personnage obtenu est craqué niveau pouvoirs. Reste que j’ai un peu peur au final qu’il fasse office de proto-Thanos, vu que, comme ce dernier, il s’agit d’un mégalo surpuissant dont le pire ennemi n’est autre que lui-même. Ce qui laisse donc peu de marge de manœuvre au studio et aux scénaristes pour étoffer le personnage du testeur de fauteuils sans faire preuve de répétitivité.

Un dernier petit constat: l’aspect « cross-over » du film n’est pas totalement assumé. En effet, si on peut y croiser de multiples figures connues de l’univers Marvel, comme Uatu ou Howard the Duck (pourvu que ça ne préfigure pas un autre film, par pitié…), force est de constater que les héros des autres fictions du MCU sont totalement absents, quand bien même leur présence ne serait pas incohérente en termes contextuels (plusieurs scènes se déroulent sur Terre, dans un moment critique). Quant-à savoir s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise chose, c’est difficile à dire: d’un côté, il y a une occasion manquée d’ajouter une connexion entre les héros terriens et les Gardiens, mais de l’autre, on évite aussi la saturation de références et de caméos; sachant qu’il y en a déjà pas mal de base.

Même avec le casting, d’ailleurs, puisqu’on y retrouve quelques grandes figures des actionners des années 1980/1990: outre Kurt Russell, il est notable que les rôles (secondaires pour le moment) de Starhawk et Aleta Ogord ont été attribués à Sylvester Stallone et Michelle Yeoh, en mode Expendables. Il y a même eu une petite place pour David Hasselhoff.

Si Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 tient la comparaison avec le premier, il est cependant nécessaire de garder à l’esprit que, sans l’effet du surprise du premier et avec un côté sérieux/larmoyant plus prononcé (et plus lisse), l’impact est moindre. Suffisant, cependant, pour justifier de bouger ses fesses jusqu’au cinéma le plus proche.

Au revoir; à bientôt.

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