Les Survivants – Anomalies quantiques

… est un cycle spin-off des trois cycles de bandes dessinées intitulés Les Mondes d’Aldébaran, signés Leo. Et qui s’est conclu en mars dernier avec son cinquième tome, ce qui me donne l’occasion de revenir dessus (et du même coup de poster mon premier billet 100% BD franco-belge; quoique, Leo est brésilien, ça compte quand même?).

En voyage vers Aldébaran, le vaisseau de colonisation Tycho Brahé connait une sévère avarie (tiens, ça me rappelle vaguement quelque chose), à laquelle seul un petit groupe de survivants parvient à échapper, à bord d’une navette qui arrive tant bien que mal à se poser sur la planète habitable la plus proche, GJ1347-4. Une planète où se trouvent déjà d’autres formes de vie intelligentes, pas nécessairement toutes hostiles mais avec lesquelles il va bien falloir essayer de cohabiter, au moins le temps de trouver une solution. Oh, et puisqu’on parle de temps, comme le souligne le sous-titre, il y a des anomalies temporelles, histoire de rajouter un peu de fun à l’ambiance.

Leo est un auteur relativement réputé dans le petit monde de la SF franco-belge. Bien que le connaissant de nom (et par quelques couvertures accrocheuses) depuis les années 1990, je n’ai commencé à vraiment m’intéresser à ses œuvres que tardivement, notamment grâce aux Utopiales de 2009, à Nantes, qui avaient consacré une exposition conséquente à son bestiaire (qui renvoie le bestiaire prétendument « original » d’Avatar dans les cordes en quelques pages, mais passons).

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, il y a quelques temps, Nexus VI a consacré une vidéo à son travail sur sa série principale, que voici:

Eh bien, Les Survivants partage peu ou prou les qualités et défauts des Mondes d’Aldébaran.

Si le bestiaire y est peut-être moins élaboré que dans la trame principale, c’est peut-être dû au fait que l’auteur s’est ici surtout focalisé sur des interactions des protagonistes avec des formes de vie intelligentes… un peu décevantes, il faut bien l’admettre. En effet, ce qui faisait la force des créatures des Mondes d’Aldébaran, des mystérieuses mantrisses aux étonnants iums en passant par les divers prédateurs peuplant les forêts et les plaines de ses planètes, c’était la nature viscéralement « exotique » de leur anatomie. Or, dans Les Survivants, l’essentiel des formes de vie intelligentes sont des bipèdes à membres supérieurs préhensiles, souvent humanoïdes, et pratiquement toujours « déjà vu » par ailleurs: hommes-céphalopodes, hommes-félins, etc.

Quant-aux personnages effectivement humains, ils n’ont jamais vraiment été le fort de l’auteur, dont le trait détaillé manque cependant un peu d’expressivité et de dynamisme: les visages font parfois penser à des statues de cire, et leur personnalité n’est clairement pas ce qu’il y a de plus intéressant dans l’histoire. D’ailleurs, Les Survivants laissent la désagréable impression au lecteur d’avoir affaire à des doublons, à l’équipe B des Mondes d’Aldébaran. Non parce que Manon, l’héroïne des Survivants, c’est presque totalement Kim des Mondes d’Aldébaran, avec une coupe au carré et des cheveux châtains. Et il s’agit dans les deux cas des personnages les plus développés de leurs œuvres respectives.

Ceci étant dit, les œuvres de Leo présentent toutes l’avantage d’être extrêmement démonstratives et explicatives (souvent aux dépends de la narration et de l’écriture des dialogues, mais c’est un mal pour un bien). De fait, il est plus intéressant de lire ses BD comme des docufictions, où l’on suivrait les aventures (pas toujours crédibles) de pionniers spatiaux découvrant de nouveaux mondes, confrontés à des réalités naturelles ou technologiques nouvelles, à des formes de vie inconnues, à des événements qu’il serait impossible d’envisager sur notre planète.

Et à ce niveau, Les Survivants remplit son contrat dans les grandes lignes, si ce n’est, encore une fois, que les « naufragés » extraterrestres sont globalement trop anthropomorphes; un problème récurrent qui se retrouve cependant dans une majorité des productions de SF mettant en scène des formes d’intelligence non-humaine.

Aussi, le cycle des Survivants, s’il n’est cependant pas aussi pertinent que les trois cycles des Mondes d’Aldébaran, n’est pas inintéressant pour autant, loin de là. Reste qu’il apporte assez peu par rapport à ce qui préexiste, et que, quitte à choisir entre deux cycles, je conseillerais n’importe lequel de ceux de la série principale plutôt que celui-ci, en cas de restriction budgétaire. Mais quoi qu’il en soit: lisez du Leo; c’est bien.

Au revoir; à bientôt.

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