Riverdale – Saison 1

Sous le nom de Riverdale se cache en fait une modernisation/reboot d’une vieille série de comics dont la publication a commencé dans les années 1940 et qui n’a jamais vraiment cessé depuis: Archie Comics (chez l’éditeur qui a pris le même nom). Il y était question (du moins au départ), des « aventures » du jeune Archie dans une ville moyenne des États-Unis, découvrant la vie dans une ambiance vaguement « Happy Days » (avec beaucoup d’histoires de cœur). Et Riverdale, eh bien, c’est à peu près ça, mais resitué dans les années 2010; avec pour point de départ une histoire de meurtre et des personnages un poil désabusés.

C’est la rentrée des classes, à Riverdale, petite ville du Massachusetts, dans une ambiance assez sinistre: Jason Blossom, enfant chéri de la famille la plus riche de la région et capitaine de l’équipe de foot du lycée, est mort dans des circonstances troublantes. Archie Andrews, Betty Cooper, Jughead Jones et Kevin Keller, élèves de ce même lycée, continuent néanmoins leur petite vie et accueillent la nouvellement arrivée Veronica Lodge, dont la mère est revenue au bercail suite à l’arrestation de son père. Le lycée de Riverdale et la ville dans son ensemble seront donc le théâtre des « aventures » du quintet (enfin, quartet, surtout, vu que Kevin reste assez secondaire), de leurs amours, de leurs déconvenues, de leurs enquêtes et du début de la carrière musicale d’Archie.

Et ça se présente comme un teen drama façon Beverly Hills, 90210 (la présence de Luke Perry au casting dans le rôle du père d’Archie n’est pas innocente), avec un grand dadet idéaliste de héros (et beau gosse en plus), des personnages féminins correspondant à divers archétypes, un sidekick un peu dark mais pas trop, et un pote gay (dont le rôle se limite malheureusement dans cette saison à peu près à ça).

On y trouve donc, sans grande surprise, divers lieux communs et thèmes de ce genre de séries: les problèmes de triangle amoureux, d’amours inavouables, d’inavouables passés torturés, de tortures morales infligées plus récemment, de récents conflits d’intérêt, d’intérêts divergents réunissant des gens que tout oppose, des oppositions et aversions personnelles, de personnalités imbuvables… avec un épisode tout spécialement consacré au slut shamming (le troisième), qui aurait dû être le plus soigné (vu la gravité du sujet) mais s’avère outrancièrement caricatural au point d’en perdre toute crédibilité. Peut-être même le plus mauvais de la série, d’ailleurs. Bref.

Tout se déroule bien évidemment sur fond d’enquête policière, parce que bon, la mort de Jason n’a pas l’air très accidentelle, quand même. Et c’est peut-être cet aspect qui m’a fait continuer à regarder la série. Moins pour l’enquête elle-même que pour les réactions de Cheryl, sœur jumelle du décédé, une véritable connasse imbue d’elle-même et en même temps d’une fragilité et d’une humanité qui la rendent imprévisible, du début à la fin de la saison: impossible de savoir à l’avance si elle agira comme une garce ou comme un soutien salvateur; ou simplement comme une ado dérangée.

Si l’histoire semble adopter le point de vue d’Archie, c’est en réalité Jughead qui servira de narrateur; et pour un sidekick/faire-valoir de héros, il ne manque pas de personnalité. Enfin, disons qu’il en a toujours plus qu’une Betty névrosée et une Veronica coincée dans son rôle de perso de Gossip Girl en recherche de rédemption. Avec un père membre du plus gros gang de rue local, il a quasiment établi ses quartiers au diner local, où il passe son temps à écrire un bouquin sur les événements qu’il vit.

Au passage, si la série se déroule bien en notre temps, quelques allusions à son passé de comics des années 40/50 se sont insinués dans le décor. Le diner, déjà, qui adopte une esthétique rose/turquoise/formica dans le plus pur style milieu du vingtième siècle états-unien (allez donc faire un tour dans un Tommy’s ou un Memphis, si vous ne voyez pas ce que je veux dire). Un parc automobile, ensuite, qu’on ne voit plus de nos jours qu’à Cuba ou dans les Pyrénées Orientales (c’était gratuit). Des tenues vestimentaires, enfin, qui pour certains personnages semblent être restées bloquées à cette époque (les vêtements de tous les jours de Betty et Veronica, notamment).

Quant-à l’aspect musical de la série… comment dire… ça parle beaucoup de musique, mais avec la même crédibilité qu’une saison d’Hélène et les Garçons (avec quand même plus de talent, faut pas déconner non plus): elle est plus souvent un prétexte qu’autre chose; pour les relations affectives entre les personnages, principalement; surtout Archie. Les thèmes musicaux de la série sont quant-à eux assez oubliables (à part peut-être le générique).

Le casting, lui, s’en tire diversement. Si la plupart des rôles « adultes » ont été confiés à des vétérans des écrans (eh oui, c’est bien Molly Ringwald dans le rôle de la mère d’Archie), force est de constater que les rôles des lycéens ont été confié à des acteurs dotés d’une filmographie pour le moment assez courte, voire inexistante (à l’exception notable de Cole Sprouse, qui joue Jughead). C’est un choix, qui peut se défendre. Mais qui explique aussi quelques moments de gêne lancinante dans certaines scènes peu habilement jouées; ou dirigées; ou scénarisées, c’est difficile à dire. Après, dans l’ensemble, ça passe.

Car Riverdale, en tant que teen drama, se tient plutôt bien, mais il ne faut pas en attendre davantage. La saison qui s’est achevée il y a peu semble avoir rencontré suffisamment de succès pour donner lieu à une suivante, ce qui ne peut pas être une mauvaise chose, vu comment la première se termine. Quoi qu’il en soit, elle aura de toute façon eu au moins le mérite de rappeler, s’il en était encore besoin, que les comics ne se limitent pas aux super héros, aux zombies ou à la SF/Fantasy de manière plus générale. Toujours ça de pris.

Au revoir; à bientôt.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Sweet Judas dit :

    Je crois que je suis moins indulgente sur mon ressenti global de la saison… Globalement, je trouve ca mauvais. Je suis allée au bout principalement pour deux raisons : d’abord parce que la série est arrivée dans une période creux et que j’ai pas vraiment d’autres trucs à regarder donc j’me suis dit « oééé, pourquoi pas » ; ensuite pour savoir pourquoi/comment Jason était mort (attention, alerte spoilers).
    Mais bon, au fur et à mesure qu’on avance, toutes les cases de trucs prévisibles à dix kilomètres sont cochées : oui, il était bien amoureux de la soeur de Betty, oui ils attendaient un bébé, oui ils voulaient s’enfuir ensemble, oui c’était Roméo et Juliette version 2017). La seule chose qui m’a réellement surprise, c’est la petite caution « inceste », à laquelle je m’attendais pas vraiment.

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    1. tommyloser dit :

      Possible que je me montre trop indulgent vis-à-vis de la série, qui, c’est vrai, cumule pas mal de tares des séries du genre. À mes yeux, le principal problème vient d’Archie, trop lisse pour un personnage principal; mais quelque part, c’est raccord avec l’œuvre d’origine.
      J’avoue qu’au bout d’un moment, je me suis désintéressé de l’enquête, dont le seul intérêt résidait dans les réactions de Cheryl aux diverses révélations.

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