Legend of the Galactic Heroes – Endurance

Suite de la grande fresque épique à échelle galactique de Yoshiki Tanaka, avec Endurance, troisième volume de Ginga Eiyû Densetsu après Dawn et Ambition, paru dans sa version américaine chez Haikasoru depuis un petit moment mais que j’ai beaucoup tardé à lire (beaucoup de temps de lecture passé sur Grande Jonction, aussi, il faut dire). Ah, au fait, c’est difficile d’en parler sans spoiler.

Depuis la mort de Kircheis et l’éloignement de sa sœur, Reinhard von Lohengramm broie du noir et ne s’emploie plus avec la même passion à ses activités de conquête ou de réforme de l’Empire. Iserlohn, forteresse spatiale entre les mains du génial Yang Wen-li, lui bloque l’accès au cœur de l’Alliance et c’est avec une certaine désinvolture (calculée) qu’il confie la charge de sa prise à des subalternes pas forcément parmi les plus aptes à cette tâche. Côté Alliance, c’est un peu la merde. Après la tentative de putsch militaire avortée, Yang Wen-li est dans le collimateur des autorités compte tenu de certains de ses choix tactiques, malgré sa loyauté évidente: la faction Trünicht au pouvoir n’aime pas vraiment quand un clou dépasse, surtout s’il porte un uniforme; or, Yang est, à son corps défendant, un héros. Pendant ce temps, sur Iserlohn, son jeune protégé Julian Mintz fait ses premières armes en tant que soldat de l’Alliance, ce qui ne plait pas vraiment à son amiral de tuteur.

Si le précédent volume montrait Reinhard à l’initiative d’à peu près tous les événements relatés, que ce soit de manière directe ou indirecte, celui-ci s’attache davantage à la personne de Yang, montrant la différence viscérale qui oppose les deux principaux protagonistes de l’histoire: ce dernier est en effet le plus souvent résigné, sans être nécessairement passif, mais ne disposant que d’une marge manœuvre très réduite du fait du poids de la politique dans les décisions militaires de l’Alliance; ce que démontre d’ailleurs très bien la convocation de l’amiral devant un tribunal de la capitale alors que la forteresse d’Iserlohn, position stratégique fondamentale, se trouve menacée.

Yang a beau adopter une posture moqueuse et cynique, il n’en respecte pas moins les procédures et accepte les travers d’un processus démocratique presque aussi corrompu que l’était l’Empire avant que Reinhard n’en prenne le contrôle. Ce dernier, d’ailleurs, lui est presque totalement acquis, bien que certains tentent de profiter de la situation de diverses manières. Mais Reinhard, profondément affecté par la disparition de son ami et confident, est devenu un être amer et revanchard, dont les priorités ont manifestement changé: s’emparer du pouvoir était autrefois son objectif premier; maintenant qu’il l’a entre ses mains de facto, il lui reste à donner un nouveau sens à son existence; sans Kircheis.

Surtout, l’accent est beaucoup mis dans ce volume sur le rôle que pourrait jouer Phezzan dans cette guerre: le landsherr Rubinsky entend bien tirer profit du conflit en manipulant les deux camps, mais il n’est, au fond, qu’un pantin entre les mains du mystérieux culte terrien. De ce dernier, on ne saura encore que peu de chose dans ce volume, si ce n’est qu’ils voient en Reinhard un espoir d’ascension, ce qui laisse présager la suite (qu’on connaît déjà si on a vu la version anime).

Ce volume marque également le début de l’ascension de Julian Mintz, pupille de Yang et étonnamment brillant dans les activités militaires, ce qui pourrait en faire une insupportable Mary-Sue… mais en fait non. Julian est en effet un personnage tellement dévoué à Yang qu’il cherche par tous les moyens à se montrer utile à la défense d’Iserlohn; de fait, s’il est extrêmement talentueux, il se sous-estime cependant, obnubilé qu’il est par la reconnaissance de son mentor, sans réaliser qu’il pourrait peut-être déjà rivaliser avec les meilleurs amiraux de l’Alliance ou de l’Empire, voire Yang lui-même. Ce dernier ne semble d’ailleurs pas vraiment dupe au sujet de ses compétences, et semble voir en lui, d’une certaine façon, le fils qu’il n’aura jamais.

Ceci étant dit, force est de constater que ce volume a beaucoup perdu en intensité par rapport aux deux précédents: s’attachant davantage aux intrigues qu’aux évolutions tactiques et stratégiques, on n’y trouvera donc que peu de combats et une seule véritable bataille, dont l’issue semblait très prévisible et qui ressemblait plutôt à une forme de vengeance symbolique de Reinhard. En outre, c’est un volume d’exposition, de statu quo, où l’univers de Tanaka se développe sous nos yeux mais sans profondément changer, au contraire de ce qu’on avait pu lire auparavant.

Plus précisément, Endurance souffre dans une certaine mesure de la conclusion dramatique d’Ambition, mais pas seulement. Là où les deux premiers volumes montraient l’ascension fulgurante de deux figures déterminantes dans l’histoire même de la galaxie, le troisième se contente de s’appuyer sur ces acquis, en dessinant quelques perspectives mais sans rebattre réellement les cartes: il y a bien des morts et des déchéances (surtout dans l’Empire), mais elles ne font que conforter le statu quo, là où les précédentes pouvaient être de nature à modifier en profondeur les rapports de force au sein des différentes factions, ou entre elles.

Endurance est donc ce que l’on peut qualifier de volume de transition, une sorte de pause dans un récit plus vaste, indispensable pour suivre l’histoire mais d’intérêt cependant plus restreint. Le volume 4, qui doit être publié le mois prochain aux USA, devrait s’avérer plus intéressant.

Au revoir; à bientôt.

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