Pirates des Caraïbes 5: sale engeance de sale hasard

… et ce film est raté. Non vraiment, ce film est raté. Au moins autant que le seul jeu de mot merdique que j’ai réussi à trouver pour titrer ce post. Allez, détaillons.

Henri, le fils de Will Turner et Elizabeth Swann, veut tout mettre en œuvre pour sauver son paternel de la malédiction du Flying Dutchman, aussi s’engage-t-il sur un rafiot de la flotte britannique pour retrouver Jack Sparrow; las, au fil de ses aventures navales, il croise le chemin du navigateur Armando Salazar et de son spectral équipage, qui le laissent pour seul survivant de son navire, avec pour mission de transmettre un message à Sparrow. Pendant ce temps, une astronome du nom de Carina Smyth va se faire pendre pour sorcellerie alors qu’elle cherchait simplement à résoudre une énigme cartographique léguée par son père, à Saint-Martin, soit précisément le lieu où la bande de Sparrow a décidé de réaliser son dernier casse en date. L’ex-capitaine du Black Pearl, lui, est sur la paille, dans la déchéance la plus totale…

Et je peine encore à trouver des aspects positifs à ce film. Le jeu des acteurs est au mieux passable, mais surtout très contrasté. Johnny Depp livre ici une de ses performances les moins réussies, mais conserve cependant un minimum de crédibilité dans son rôle (en fait, dans son cas, c’est surtout l’écriture qui cloche). Geoffrey Rush s’en sort aussi relativement bien. Mais Brenton Thwaites (Henri Turner) campe un personnage encore plus fadasse que ne l’était son père, pire encore que le personnage du missionnaire dans le quatrième épisode!

L’écriture est… très bof. Les dialogues, déjà, sont d’une balourdise digne d’un nanar (et je pèse mes mots) avec des punchlines aussi subtiles qu’un spectacle de Frank Dubosc. Ce qui a pour fâcheuse conséquence de ruiner pas mal des enjeux du film (notamment ses enjeux dramatiques, mais pas seulement). S’il n’y avait que ça, encore, ça irait… enfin je crois. Le souci, c’est qu’à ce problème vient s’ajouter un scénario torché à l’arrache un soir de biture au rhum vénézuélien.

Il y aurait certes beaucoup à dire à ce sujet sur le précédent épisode, mais celui-ci le surpasse en médiocrité dans pratiquement tous les domaines. Déjà, c’est long. Je sais que c’est la marque de fabrique de la franchise, mais c’est PUTAIN DE LONG quand même. La scène du casse de la banque de Saint-Martin, par exemple, aurait pu se limiter à une séquence de quelques minutes, mais elle est rallongée en bordel grand-guignolesque qui n’apporte rien, ni à l’histoire, ni à l’action (et c’est d’ailleurs à mon avis l’épisode où les scènes d’action sont les moins intenses). Pareil pour le flashback de Salazar, dont on se fout complètement vu qu’il ne révèle rien de particulièrement intéressant sur le personnage (ni sur Sparrow).

Ensuite, il y a un réel gâchis de casting du fait de l’écriture des personnages. Paul McCartney, par exemple, ne sert à rien. Idem pour David Wenham. Quant-à l’antagoniste principal du film, en l’occurrence Salazar… sérieusement, ça servait à quoi de recruter quelqu’un d’aussi talentueux que Javier Bardem si c’était pour lui faire jouer… ça? N’importe quel acteur de soap à la con aurait pu faire l’affaire, tellement le personnage ne présente AUCUN intérêt! On dirait un Davy Jones a qui on aurait retiré son background! Carina Smyth, elle, fait figure de femme intelligente à forte personnalité, sous-estimée et incomprise dans un univers macho; mais elle semble aussi dépourvue de personnalité réelle, au point de finir rushée en love interest du seul et unique personnage autorisé à en avoir un ici (Henri, donc). La question de sa paternité est, elle, réduite à son plus simple appareil formel, quand bien même elle aurait mérité bien davantage.

Mais surtout, le scénario est totalement forcé, tournant à grands coups de deus ex-machina plus ou moins neuneu… et à l’incohérence. Surtout à l’incohérence avec le reste de la saga, en fait, car oui, ce film chie ouvertement sur son passif, factuellement (le compas de Jack) ou symboliquement (les réflexions graveleuses et misogynes sur les compétences de Carina, quand on a vu pendant quatre épisodes des femmes fortes tout-à-fait capables de naviguer). Ce qui pourtant ne l’empêche pas de jouer à mort la carte du fan service (mention spéciale à la séquence post-générique, navrante au possible). C’est d’ailleurs bien la seule justification de la présence du personnage d’Henri (qui, techniquement, ne sert à rien: ç’aurait pu être n’importe qui d’autre, même un anonyme; même personne, en fait; supprimer le personnage ne changerait quasiment rien à l’histoire, maintenant que j’y réfléchis). Affligeant. D’autant plus affligeant que le quatrième film avait réussi à plus ou moins esquiver cet écueil (ce qui ne sauvait pas le film pour autant, mais c’était toujours ça de pris).

Restent les aspects techniques, dont la qualité n’a semble-t-il pas fondamentalement évolué depuis le dernier épisode (ou le précédent; ou celui d’avant). L’ennui, c’est que ces aspects sont dé-servis par une esthétique bâclée. Le design de l’équipage et du vaisseau de Salazar est par exemple d’une fainéantise hallucinante, et parfois même de mauvais goût (nan mais les requins-zombies kitchissimes, quoi… vous vous êtes crus dans Sharknado?). Tout au plus retiendra-t-on quelques plans fort joliment éclairés, mais c’est bien tout.

Après… bah c’est le cinquième film d’une franchise qui aurait très bien pu se contenter d’un seul, le premier constituant déjà un solide stand alone qui pouvait se suffire à lui-même. Pas trop la peine d’en attendre beaucoup plus, maintenant, ou à l’avenir (et si la scène post-générique préfigure l’épisode six… urgh…).

Au revoir; à bientôt.

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