Wonder Woman

Après un Man of Steel décevant, un Batman v. Superman très déprécié et un Suicide Squad lamentable, force est de constater que le DCEU commençait à méchamment battre de l’aile et qu’il fallait mettre les bouchées doubles pour essayer de remonter la pente. Et c’est ce que fait le film Wonder Woman.

Sur l’île de Themyscira, patrie des Amazones, vit Diana, fille de la reine Hippolyte et entrainée au combat depuis l’enfance par sa tante, le général Antiope. Y débarque un jour Steve Trevor, espion américain travaillant pour le compte des Britanniques et infiltré côté allemand jusqu’à ce qu’il grille sa couverture. Diana apprenant grâce à lui que la « der des ders » est en cours, elle voit dans ce déchaînement de violence sans précédent la main du dieu Arès et décide de quitter son île pour mettre un terme à l’influence néfaste de la divinité martiale, avec l’aide de Steve.

Une origin story, donc, jouant la carte dite de « Captain America » ou « introduire un super héros par flashback dans une guerre mondiale » (ça avait très bien marché chez Marvel, alors pourquoi pas chez DC?). Avec un résultat plutôt probant, toute proportion gardée. Car à défaut d’être original structurellement, le film se distingue des autres films de super-héros (et en particulier de la concurrence MCU) simplement par le choix du personnage principal.

En effet, 13 ans après l’effroyable Catwoman, Warner Bros. se décide enfin à sortir à nouveau un film super-héroïque centré sur un personnage féminin, et pas n’importe lequel: l’icône féministe du monde des comics par excellence. De fait, si le déroulement général de l’histoire ne présente aucune surprise particulière, le fait d’avoir pour personnage principal une femme TRÈS forte n’ayant jamais rencontré d’homme avant Steve conditionne totalement le traitement du film.

Débarquant de son île, utopie féministe et écologiste, dans l’univers patriarcal de l’Europe du début du XXe siècle, Diana se retrouve confrontée au sexisme, à l’industrialisation, et bien entendu à la guerre mécanisée. Des choses qu’elle ne soupçonnait pas, d’autant qu’elle a au départ une très naïve conception de la nature humaine.

Cependant, le film souffre de certaines longueurs, d’autant que les ficelles sont grosses, voire très grosses. L’identité d’Arès, par exemple, se grille dès l’apparition du personnage à l’écran. Sur ce point, d’ailleurs, Wonder Woman ne se distingue pas vraiment de la majorité de la production super-héroïque, dont les villains sont 90% du temps le maillon faible. Arès, donc, ne fait pas exception, malheureusement. Pas que l’acteur soit mauvais dans son rôle, mais il est difficile d’y croire, malgré des pouvoirs cheatés, vu qu’il est traité avec une certaine binarité… et que son combat final contre Diana n’a pas grand sens (la dernière partie du film étant d’ailleurs la moins réussie).

Du reste, la mise-en-scène fait globalement le job, sachant généralement bien mettre en valeur ses décors (notamment ceux de Themyscira) et son personnage principal, surtout dans les scènes d’action (qui ne sont cependant pas particulièrement novatrices; par moment, on dirait du SoulCalibur filmé au ralenti). La musique est cool, aussi, avec une certaine identité, ce qui nous change un peu de pas mal de films de super-héros récents, aux thèmes aseptisés et passe-partout.

Pas vraiment de grosse erreur ou de méga-fail au niveau du casting, non plus. Si les prises de positions de Gal Gadot en matière de politique sont discutables (au point qu’elles ont servi de prétexte à l’interdiction du film au Liban, d’ailleurs), son jeu d’actrice, lui, ne l’est pas. Chris Pine ne campe pas son meilleur rôle, mais il correspond bien à l’archétype qu’il incarne (et c’est au fond à peu près tout ce qu’on lui demande). David Thewlis est, lui, mal exploité, c’est bien dommage. La présence d’Elena Anaya dans le rôle du Dr Poison est un peu surprenante, mais il y avait bien pire choix possible. Bref.

Wonder Woman jouit pour le moment de retours critiques très positifs, qui se justifient dans une certaine mesure; déjà parce qu’il s’agit d’une des meilleures origin stories de super-héros de ces dix dernières années; et ensuite parce que se pose évidemment la question des éléments de comparaison récents dont on peut disposer. Et là… qu’on le compare aux autres films du DCEU ou aux films du MCU de ces deux dernières années, force est de constater qu’il se place très haut dans la tranche haute.

Si ce n’est donc pas un excellent film, il s’agit cependant d’un des meilleurs dans sa partie, redorant le blason d’un DCEU mal en point. À voir si la tendance se confirmera avec Justice League, prévu pour l’automne prochain.

Au revoir; à bientôt.

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