Our Summer Holiday

le

… ou Kamisama ga Uso wo Tsuku dans son titre japonais, est un one shot de Kaori Ozaki, à qui l’on doit également Immortal Rain, un shojo de fantasy publié chez Doki-Doki et que je n’ai pas lu. Or, sachant que c’est le seul autre titre de cette autrice disponible en français, autant dire que je n’ai strictement aucun élément de comparaison, mais peu importe: quelle que soit la place de Our Summer Holiday dans sa bibliographie, il s’agit de l’un des meilleurs titres sur lesquels j’ai eu l’occasion de poser les yeux cette année.

Natsuru Nanao aime le foot et rêve de devenir professionnel. Malheureusement, l’entraineur de l’école a dû, pour raison médicale, céder sa place à un type profondément antipathique, qui pousse Natsuru à remettre en question sa passion. Amer, il tombe en rentrant chez lui sur un chaton mal en point, qu’il ne peut garder; mais il se trouve que sa camarade de classe Rio Suzumura le peut; aussi l’invite-t-elle à l’amener chez elle. Ce qui constituera le point de départ de leur histoire, à l’aube des vacances d’été.

Bref, tout ça ressemblerait à une histoire d’amourette de jeunesse comme il y en existe des dizaines, si les deux principaux protagonistes n’étaient pas chacun dans une situation très particulière: Natsuru est orphelin de père élevé par une mère célibataire, et Rio s’occupe de son frère en l’absence de leur père pêcheur (leur mère les a manifestement laissés tomber il y a longtemps). Mais surtout, les Suzumura cachent un lourd secret.

En évitant de spoiler, disons que nous avons là affaire à un récit particulièrement poignant, dont les personnages principaux, déjà marqués au fer rouge par les affres de la vie, essaient tant bien que mal de s’extirper de la nasse dans laquelle ils se sont retrouvés enfermés. Natsuru, du fait des circonstances de la mort de son père, a ainsi développé un rapport angoissé à la maladie en général, quand Rio a appris par la force de choses à gérer à la façon d’une mère célibataire fauchée son foyer. Tous deux n’ont semble-t-il qu’une confiance limitée dans les adultes, si ce n’est évidemment pour ceux de leur familles respectives (ainsi que, pour Natsuru, la figure grand-paternelle que constitue son ancien entraineur hospitalisé).

Il y a d’une certaine manière un jeu de miroir entre ces deux familles: la position de Rio fait ainsi écho à celle de Ritsuko, la mère de Natsuru, toutes deux ayant la charge, pour la première, de son frère, et pour la pour la seconde, de son fils. De même, il existe un parallèle entre l’entraineur Okada et le grand-père Suzumura, deux figures masculines fragiles mais bienveillantes. On notera également que l’ensemble des figures masculines adultes de ce récit sont défaillantes, soit du fait de leur état de santé (voire décès), soit du fait de leur absence, soit du fait qu’ils sont un peu cons (ou beaucoup), et que la seule figure féminine adulte, Ritsuko, éprouve de multiples difficultés qu’elle peine à surmonter (professionnellement, déjà).

Natsuru et Rio vont donc aller chercher l’un chez l’autre ce qui semble leur faire défaut, tout deux se prenant réciproquement d’affection, se soutenant mutuellement, palliant de leurs modestes moyens leurs manques, réglant leurs problèmes à leur façon, souvent maladroite (pour ne pas dire malavisée) en essayant tant bien que mal d’aller de l’avant, quitte à nier la réalité et se draper dans le mensonge. En fait, le récit trouve son pendant métaphorique dans le chaton Tôfu: paralysé de la patte arrière droite, malformée, il continue de jouer, courir, s’accrocher à la vie quoi qu’il arrive.

Comme écrit plus haut, je ne suis pas un habitué du trait d’Ozaki, aussi ne suis-je pas en mesure de voire une quelconque évolution de style. Ceci étant dit, force est de reconnaître que, s’il est un peu passe-partout, il convient très bien à ce type d’histoire, où une certaine délicatesse semble nécessaire pour retranscrire émotionnellement ce mélange doux-amer (ce qui se voit de toute façon rien qu’à la couverture).

Vraiment une lecture que je conseille, donc.

Au revoir; à bientôt.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Mikaya dit :

    allez, jte fais confiance, commande effectuée (vu qu’il existe po en ebook damn) 😉

    Aimé par 1 personne

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