Final Fantasy Tactics a 20 ans

L’année 1997 fut l’une des années les plus fastes pour la franchise Final Fantasy: outre le succès (d’abord japonais puis planétaire) de l’épisode VII, elle aura également été marquée par la sortie de son premier opus dans le monde du Tactical-RPG. Un Tactical-RPG qui demeure, encore aujourd’hui, l’une de mes expériences de jeu les plus mémorables.

400 ans s’étaient écoulés depuis la fin de la Guerre des Lions, une guerre de succession qui ravagea le pays d’Ivalice et que l’historien Alazlam J. Durai avait suffisamment étudié pour pouvoir avancer une affirmation iconoclaste: l’hérétique Ramza Beoulve y joua par son courage, son talent et son dévouement un rôle fondamental et salvateur, alors qu’une partie de l’aristocratie et du clergé s’était embourbée dans un complot démoniaque autour des mystérieuses Zodiac Stones. Et c’était donc cette histoire que se proposait de faire découvrir le jeu.

À l’époque où il est arrivé entre mes mains, je n’avais qu’une expérience assez restreinte des T-RPG: mon premier véritable amour en la matière fut Shining Force III – Scenario 1 sur Saturn, sorti en Europe en juin 1998 (acheté day one parce que YOLO), et je ne m’étais pas essayé à beaucoup d’autres titres du genre (Shining Force II sur Megadrive chez un pote, Mystaria sur Saturn, et ce doit être à peu près tout). Toutefois, j’ai toujours trouvé l’idée de mêler des logiques de RPG à des logiques tactiques ou stratégiques intéressante (ce qui explique pourquoi Dragon Force m’avait autant séduit auparavant, d’ailleurs). Seulement voilà: à part pour les jeux de baston, je ne jouais alors quasiment pas en version japonaise, ce qui réduisait fortement le champ des possibilités (et en plus, j’étais passé à côté des Vandal Hearts).

Bref, tout ça pour dire que, si les noms de Tactics Ogre ou Ogre Battle ne m’étaient pas inconnus, je n’y avais encore jamais touché. Aussi n’ai-je pas du tout fait le rapprochement lorsque j’ai commencé à jouer à FFT. Parce qu’en fait, ce sont quasiment les mêmes équipes de développement, ce qui explique les très nombreuses similitudes formelles entre ces jeux, ne serait-ce qu’au niveau du chara-design et du game-design. Si bien que certaines mauvaises langues ont pu qualifier FFT de simple clone à skin FF. Ce n’est pas complètement faux, mais ça n’en faisait pas un mauvais jeu pour autant (bien au contraire), et c’est surtout assez réducteur.

Lointainement inspirée de la période de la Guerre des Deux-Roses (qui a également servi d’inspiration à George R. R. Martin pour la franchise de fantasy la plus en vogue à l’heure actuelle), l’histoire se focalisait sur le personnage de Ramza, jeune noble idéaliste dont les convictions et amitiés étaient mises à rude épreuve au fil des batailles, des complots et des trahisons. Comme dans tout bon T-RPG qui se respecte, il était vital de recruter une équipe fiable et efficace. Outre les nombreux mercenaires et animaux sans identité réelle qui venaient se succéder dans l’équipe, on y trouvait (temporairement ou durablement, selon le choix du joueur) Delita, le confident et ami roturier de Ramza, bien décidé à jouer sa partition dans cette grande guerre civile; Agrias, chevalier-servant de la princesse Ovelia (une héritière potentielle du trône); Mustadio, ingénieur armé d’un flingue et en possession d’une relique qui en faisait une cible privilégiée (une des fameuses Zodiac Stones); les jumeaux Rafa & Malak, dotés de pouvoirs innés (mais pourris) et manipulés par un connard sans scrupules; Meliadoul, chevalier loyale et dévouée (dotée d’un certain talent pour briser les équipements); Cid Orlandu, le meilleur perso du jeu (il disposait de la totalité des pouvoirs d’Agrias, de Meliadoul et d’autres, en plus d’être équipé par défaut de l’une des meilleures épées); entre autres.

Sans compter les inévitables persos cachés, comme la femme-dragon Reis et son époux Beowulf (une réminiscence de Mélusine et du Chevalier au cygne?), ou encore Cloud Strife. Eh oui, le fan-service sur FFVII n’avait même pas attendu six mois avant de s’exporter dans d’autres jeux de SquareSoft (on le retrouva encore l’année suivante dans Ehrgheiz, un jeu de baston auquel je n’ai jamais réussi à jouer correctement). Il était ici bien plus faible, ses compétences de Soldier s’étant semble-t-il un peu émoussées; à moins que ce ne soit lié au gameplay.

Ce dernier était un décalque des Ogre, avec un système de jobs sensiblement similaire à celui de leurs classes (qui ressemblait de toute façon à celui des premiers FF, vu que c’était un peu un lieu commun des RPGs de cette époque) et des maps/battlefields au damier affecté d’un relief souvent prononcé. Et d’une difficulté pour le moins… effective, dirons-nous. Si certaines batailles sont déconcertantes de facilité (surtout avec Cid dans l’équipe; ou si on a cheaté en utilisant le duplication glitch pour équiper toute la team d’Excalibur), d’autres sont d’une difficulté atroce; sans que ça nuise pour autant, dans un sens ou dans l’autre, au plaisir de jeu.

FFT, bien que non-exempt de défauts, réussissait à cumuler histoire passionnante et combats intéressants, démontrant qu’on pouvait sans trop de problème se passer d’exploration dans un Final Fantasy, ou se contenter de villes où l’interactivité se trouvait limitée à une simple interface, sans rien y perdre d’indispensable. Le tout avec une bande originale parmi les meilleures qu’il m’ait été donné d’entendre sur Playstation. Elle était signée Hitoshi Sakimoto & Masaharu Iwata, deux pointures de chez feu Quest, qui avaient précédemment travaillé sur celles des Ogre (encore).

Bref, je pourrais continuer à m’étendre sur le jeu pendant encore longtemps, mais je vais m’arrêter ici. Déjà parce qu’il y a déjà eu beaucoup de belles choses d’écrites sur ce jeu (même si, de manière générale, beaucoup moins que pour les opus chiffrés); mais surtout parce que, malgré son âge, il reste toujours, à l’heure où j’écris ces lignes, plaisant et pertinent à jouer, ce qui est loin d’être le cas de tous les jeux de la franchise. S’il n’est désormais plus aussi facile de le trouver dans sa version d’origine, une version upgradée pour la PSP est sortie en 2007, laquelle a ensuite été portée sur Android et iOS. Aucune excuse pour passer à côté. Sauf si vous êtes allergique aux Tacticals, mais ça, on n’y peut pas grand-chose, il n’existe malheureusement aucun traitement.

Au revoir; à bientôt.

PS: le hasard faisant parfois bien les choses, il se trouve également que le très bon shoot’em up (à scrolling vertical) Dragon Spirit de Namco fête aujourd’hui ses trente ans. Mais bon, il fallait faire un choix, et vu que FFT a été plus marquant dans mon expérience de joueur… enfin, que ça ne vous dissuade pas pour autant d’aller jeter un coup d’œil à cette petite pépite rétro, qu’on peut considérer à bien des égards (avec Space Harrier) comme l’ancêtre spirituel des Panzer Dragoon. Oh, et sinon, le premier Double Dragon fête aussi ses trente ans ce mois-ci; mais vu que c’est, des trois premiers épisodes, celui auquel j’ai le moins joué, je me voyais mal m’étendre longuement dessus; et puis ce n’est pas comme s’il n’y avait pas déjà eu une énorme quantité de trucs écrits sur le jeu (ne serait-ce que sous la plume de Florent Gorges).

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