It Comes at Night

Toujours parce qu’une place à 4€, ça ne se refuse pas, je suis allé voir It Comes at Night, film de Tray Edward Shults (à vos souhaits) que je ne connaissais pas jusqu’ici (en même temps, ce n’est que son deuxième long métrage, donc bon). Et étrangement, si les critiques sont en général positives, l’avis du public est lui beaucoup plus mitigé, voire négatif.

Dans ce qui semble être une zone forestière des USA, dans un futur très proche, Paul, Sarah et leur fils Travis se retrouvent contraints de mettre un terme aux souffrances de Bud, le père de Sarah: une pandémie pesteuse ravage en effet le pays, et Bud a été, comme beaucoup d’autres, contaminé. Ce qui a poussé la famille à prendre un maximum de précautions sanitaires, et à se barricader dans leur maison isolée. Une nuit, un homme nommé Will s’introduit chez eux, avant d’être intercepté et capturé par Paul. Selon ses dires, sa femme et son fils se trouvent un peu plus loin et manquent d’eau. Se pose alors pour la petite famille le dilemme de savoir s’ils doivent ou non accueillir ce couple, dont ils ne savent rien et dont la fiabilité est discutable.

Et ce film rencontre le même problème que The Witch, l’an dernier, à savoir qu’il a été vendu comme un film d’horreur, ce qu’il n’est pas. C’est un thriller psychologique à l’ambiance lourde, un huis clos particulièrement bien pensé, où l’enfer est peut-être finalement moins les autres que soi-même (dans ta gueule, Sartre). C’est donc en vain que l’on attendra une attaque d’infectés sur cette équipe retranchée ou autres joyeusetés nocturnes: le titre annonce l’arrivée de Will (et des problèmes qu’il apporte dans ses bagages), ni plus, ni moins.

Tous les instants horrifiques relèvent de l’onirique, des phobies et des angoisses de Travis, qui a perdu son grand-père et cherche un peu de réconfort auprès du chien de ce dernier, Stanley. La figure de Paul, sorte de patriarche autoritaire, a de quoi effrayer, mais le vrai problème vient en réalité de l’agent infectieux. Pas nécessairement de ses porteurs, qui, contrairement à un nombre incalculable de films ayant tenté de surfer sur la mode des zombie movies d’il y a quelques années, ne deviennent pas des fous meurtriers: ils meurent, tout simplement; mais la contagion en fait… bin des pestiférés, quoi.

La peur de la maladie et de la contamination, ainsi que la méfiance envers l’inconnu (mécanisme naturel de survie en milieu hostile), conditionnent les réactions des personnages, selon leur position. Elles se manifesteront également dans certaines scènes où on attendra (souvent en vain) qu’il se passe quelque chose dans l’obscurité. Car le film joue énormément sur les absences de lumière, sur le dissimulé et l’invisible. D’ailleurs, même dans les cauchemars de Travis, les visions horrifiques resteront hors champ.

De plus, la musique est superbement appropriée et renforce avec brio l’atmosphère oppressante de la maison et de la forêt. Alternant entre des cordes grinçantes et des sonorités sourdes, elle laisse une impression lancinante de malaise tapis dans l’ombre; ce qui est techniquement le cas: la maladie n’attend que l’occasion de frapper.

Enfin, le casting est particulièrement probant. Tous jouent de manière juste, sans réelle fausse note. Même s’il faut reconnaître que le film est avant tout porté par Joel Edgerton (Paul) et Kelvin Harrison Jr. (Travis); mais vu leur temps de présence à l’écran par rapport aux autres, il aurait difficilement pu en être autrement.

It Comes at Night est une réussite dans son genre, capable de générer une ambiance particulièrement prenante et poignante. Mais encore une fois, si vous attendez un film d’horreur à jump scares, passez votre chemin: ce n’est pas ce que propose ce long métrage. Et c’est tant mieux.

Au revoir; à bientôt.

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