Transformers: The Last Knight

Vous allez rire: hier soir, pour le dernier jour de la Fête du Cinéma, j’avais le choix entre The Last Girl et The Last Knight. Devinez ce que j’ai choisi… Comment? Vous avez lu le titre? Et je suis un peu con, aussi? Ah. OK, sympa, merci. Même si je peux difficilement prétendre le contraire, pour le coup.

484 ap. J. C.: le roi Arthur peine à contenir l’invasion saxonne dans son beau pays de Bretagne, aussi s’en remet-il à la magie de son ami (et charlatan) Merlin; ce dernier fait appel aux Transformers du coin, qui lui confient un bâton surpuissant et lui offrent l’aide d’un dragon mécanique. XXIe siècle: depuis le foutoir de l’épisode 4, les Transformers sont persona non grata partout sur Terre, sauf à Cuba (ne me demandez pas pourquoi). De fait, pratiquement tous les anciens alliés humains des Autobots (ceux des précédents épisodes, du moins) les ont apparemment abandonnés, à l’exception de Cade Yeager (et de Seymour Simmons, qui se terre chez Castro). Cade, pourchassé par les autorités américaines, les « abrite » dans une casse auto perdue au fin fond d’une réserve amérindienne du Dakota du Sud. Jusqu’au jour où Megatron refait surface et parvient à un accord avec la Transformers Reaction Force: plusieurs Decepticons sont libérés et, sous l’égide de leur leader, se mettent en chasse pour récupérer un ancien artefact alien, lequel se trouve désormais entre les mains de Cade Yeager. Cet artefact est également convoité par un aristocrate anglais, Edmund Burton, qui envoie sur place son majordome robotique, Cogman. Pendant ce temps, Optimus Prime a retrouvé sa créatrice, Quintessa, sur une Cybertron en ruines, et cette dernière l’accuse de trahison avant de lui révéler que la planète Terre n’est autre qu’Unicron, l’ennemi mortel des Transformers.

Ça n’a ni queue ni tête? Allons, nous parlons d’un Transformers de Michael Bay: en attendre un scénario cohérent serait comme espérer un plein soleil à minuit au Svalbard un 21 décembre. C’est aussi décérébré qu’une production The Asylum, mais avec un budget équivalent à celui d’un film du MCU (ça veut dire « très gros »). Du coup, visuellement, ça pète. Enfin techniquement, ça pète (esthétiquement, c’est une autre histoire; je ne suis vraiment pas fan du mecha-design des films de la franchise).

Mais par conséquent, il n’y a pas grand-chose à dire de plus sur le film: ça tire dans tous les sens, ça se fritte, ça se course-poursuite en bagnole, il y a deux gros dinobots (Grimlock & Slug) qui font de très très gros dégâts, une planète mécanisée en ruine qui manque de s’écraser sur Terre, de la baston, des fights, de la castagne, des combats, de la guerre, des explosions et de la bourre. Et des moments hollywoodiens où il se sera question de bons sentiments familiaux et de discours galvanisants. Probablement les passages les plus chiants du film, d’ailleurs, parce que pris trop au sérieux par rapport au reste.

L’ensemble baigne en effet dans une ambiance comique totalement assumée, faisant quasiment ressembler le film à une parodie de lui-même. C’était déjà le cas dans les épisodes précédents, c’est ici plus prononcé. L’ennui, c’est qu’il y a aussi un volet dramatique dans ce film, qui de fait se retrouve écrasé sous trois couches de blagues de collégien, comme l’histoire d’Izabella, le passage avec Canopy, ou le dernier acte de bravoure d’Edmund Burton (joué par Anthony Hopkins, la classe).

Enfin, en voyant ce film, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au film d’animation Transformers de 1986. Déjà parce que c’est la première mention dans un live-action de Unicron, le Galactus en forme d’anus, mais aussi parce qu’il introduit Hot Rod (dont il est très incertain qu’il joue par la suite le même rôle que dans la version animée); sous la forme d’une Citroën DS et avec, en VF, un accent italien dégueulasse (en VO, c’est Omar Sy qui lui prête sa voix, mais pas en VF, étrange). Quelques allusions à la troisième saison de la série TV, aussi, dont l’essentiel de l’action se déroulait sur Cybertron (ou des planètes & stations extra-solaires) et où Optimus Prime, reprogrammé, passait dans le camp des Quintessons (les créateurs des Transformers, ici fusionnés en Quintessa).

Et on ne va pas se mentir, même pour un block buster, ce n’est clairement pas un film indispensable, inoubliable, immanquable, [insérez le mot commençant par un « i » de votre choix]. On est encore et toujours dans la veine des précédents, donc toujours dans un genre de film où il vaut mieux laisser son cerveau posé sur l’accoudoir (mais ne pas oublier de le récupérer en sortant, sinon c’est dégueulasse). Avec une petite évolution, non pas dans le traitement général, mais dans la tonalité, dans l’ensemble plus pessimiste malgré l’humour puéril ambiant. L’air du temps, tout ça.

Au revoir; à bientôt.

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