Spider-Man: Homecoming – La Folle Journée de Peter Parker

Nouvelle stratégie marketting: introduire un perso dans un cross-over pour ensuite en tirer un film stand alone, lequel donnera évidemment naissance à sa petite trilogie perso, puisque c’est à la mode. Bien entendu, rien de tout cela n’aurait été possible sans accord entre Columbia Pictures (filiale de Sony) et Marvel Studios (filiale de Disney), mais il s’avère que les relations entre les deux groupes sont bien meilleures qu’avec la 20th Century Fox. Ceci étant dit, on se demandait comment allait s’opérer ce reboot de l’Araignée, seulement trois ans après le discutable diptyque du pourtant bien nommé Marc Webb. Bien sûr, il y avait des indices positifs, comme le fait d’avoir casté un acteur totalement dans le rôle (Tom Holland) et bien plus approprié que ses prédécesseurs (question d’âge, sûrement), ou le fait de savoir qu’on aurait pas à se retaper une origin-story (morsure de l’araignée, mort de l’oncle Ben, etc.) vu que Captain America: Civil War s’était déjà chargé de la présentation du perso. Mais on a été habitué à bien des déconvenues avec les super héros Marvel, et avec ce super héros en particulier.

Après avoir fait mumuse à Berlin avec les Avengers, Peter Parker s’en retourne à sa petite vie de lycéen new-yorkais lambda (les devoirs, les filles, les activités des clubs, le super-héroïsme de proximité, tout ça). Sauf que, bin, aider les mamies portoricaines à retrouver leur chemin dans la rue, même en échange de très bons churros, c’est un peu la lose, quand ses anciens coéquipiers temporaires sont eux habitués à sauver le monde (voire plusieurs). Jusqu’au jour où un gang particulièrement bien armé ravage sa sandwicherie préférée en tentant de braquer une banque. La question étant: comment un gang de rue a-t-il pu se retrouver en possession d’armes hybrides shitori-terriennes? Enfin, ce serait la question, si le flashback d’intro, qui nous renvoyait au lendemain de l’invasion avortée du premier Avengers, ne nous avait pas montré l’équipe d’Adrian Toomes, alias le Vautour, récupérant en douce du matos alien à des fins peu légales.

L’histoire est conne et sans surprise? C’est pas de bol, mais il faudra faire avec. Et à vrai dire, ça suffit amplement. Je rappelle, pour les ermites planqués en Antarctique et tout juste libérés de leur gangue de glace: les films de super-héros, c’est du catch. À très, très gros budget, mais c’est du catch. Bon ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des exceptions dans le lot, des films où sont plus limités les aspects baston en costume et drama qui pourraient se résoudre en trois minutes de discussion autour d’un savoureux thé amandé-vanillé (ou d’une Barbãr, selon les goûts). Mais aucun Spider-Man n’a jamais fait partie de ces exceptions, et celui-là non plus.

Niveau effets spéciaux, c’est… dans la norme, en fait. C’est triste à dire, mais à force de voir encore et toujours des trucs qui flashent et qui pètent selon le même type de modèle, on finit par en être presque blasé. Ce n’est pas plus mauvais que le premier Iron Man, mais ça ne va pas plus loin non plus. Pareil niveau musique, d’ailleurs: c’est la norme « MCU » sans plus.

Niveau scénario, en revanche, c’est plutôt réussi, puisqu’il prend à la rigolade sa propre histoire. Elle est conne? Rendons-la drôle. Et c’est au final à une teen-comedy (façon John Hughes) costumée que l’on a droit, avec un Spider-Man tellement gaffeur que c’en est parfois hilarant. Les moments de bravoure sont bien là, mais ils se retrouvent associés à des moments totalement ridicules, en alternance, avec des personnages qui trouvent toujours LA connerie à faire, ou le bon mot au pire moment.

Peter Parker est bien entendu le premier à partir en vrille (faisant en mode Spider-Man parfois plus de dégâts que ses antagonistes), mais il n’est pas le seul: son pote Ned est aussi un peu atteint, niveau connerie, et Michelle a toujours un mot sympa à lâcher. A contrario, Adrian Toomes nous la joue plus dramatique, se posant en figure cynique et ancrant le récit dans une réalité plus sordide: il rappelle à qui veut l’entendre, dès les premières minutes, que Tony Stark n’est pas un enfant de chœur, et que protéger le monde ne protège pas de la misère entretenue par le système dont il tire profit.

En tant que main villain (parce que le Shocker, comment dire… voilà, quoi), il est franchement bon, bien meilleur que ceux des trois derniers films en date. Mais en même temps, c’est Michael Keaton, passé de Batman à Birdman avant d’arriver au Vautour: complètement taillé pour le rôle. Le point négatif, parmi les persos du film, ce serait Liz, un personnage de love-interest ultra-basique et sans profondeur, très lisse et totalement oubliable.

Bon, on l’aura compris: tout autant que les Gardiens de la Galaxie, la franchise Spider-Man nouvellement rebootée ne se prend pas au sérieux. Entretenant une tonalité toujours déconnante et proposant un héros à la fois gaffeur, génial et hyperactif, ce film ne laisse aucun réel temps mort, malgré sa longueur, habituelle dans le MCU (sérieux, MCU, c’est quoi ton problème avec la durée de tes films?). Ce qui permet de faire passer la pilule de l’absence de réelle nouveauté.

Il a en tout cas réussi à balayer mes craintes, et j’ai maintenant un peu plus de hype pour les trois ou quatre films dans lesquels le tisseur incarné par Tom Holland reviendra faire coucou.

Au revoir; à bientôt.

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